Islamisme radical et attentats: Les Européens doivent prendre au sérieux le fait religieux

Photographie d'illustration

Il est impossible de combattre un ennemi sans l’avoir clairement identifié.


a présenté, le 18 août, sa dernière trouvaille en matière de lutte contre le terrorisme : mobiliser les hôpitaux psychiatriques pour identifier les individus radicalisés. « Peut-être faudrait-il créer un ministère du Déséquilibrisme ? », a aussitôt dégainé Robert Ménard via Twitter.

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On observe une constante malheureuse dans le traitement médiatique des attentats qui frappent l’Europe. L’assemblée des commentateurs, journalistes, politiques et « experts » autoproclamés qui squattent les plateaux télé à chaque attentat semblent tous franchement incapables de concevoir la nature profonde du terrorisme, en dehors de leurs préjugés ethnocentriques.

En effet, le cours qu’a suivi notre histoire particulière a conduit les Européens, tels des « chrétiens zombis 1», à penser la religion comme une simple opinion individuelle. Or, pour un musulman, l’islam est la règle évidente et obligatoire des mœurs. Cette règle est déclarée et revendiquée comme telle. L’islam politique entend faire de la religion, non seulement un code civil, mais encore un projet collectif. Et l’accouchement de ce projet, c’est la guerre. Dans ces conditions, les mouvements islamiques, radicaux ou non, agissent tous dans un registre inséparablement religieux et politique.

Or, pour des Européens du XXIe siècle qui ont fait le choix de la « sortie de l’Histoire », l’individu n’est qu’un être égoïste et calculateur. Le fait qu’une foi religieuse puisse donner énergie et direction aux hommes d’aujourd’hui, que ce soit pour être chaste, exercer la charité, sacrifier sa vie pour autrui ou, dans le cas du djihadisme, tuer des incroyants, n’est qu’un pur anachronisme, un bug dans leur logiciel d’humains éclairés. La seule explication possible, c’est la folie. Par conséquent, un attentat ne peut être autre chose qu’une action isolée, commise par un esprit faible. On nous parle de « loup solitaire » ou de « fourgonnette folle ». Et, bientôt, pourquoi pas de « fusils barjots » ou « d’explosifs zinzins » ?

Pourtant, la préparation d’un attentat nécessite de la méthode, de la fiabilité et du sang-froid. Pour ce faire, les recruteurs de Daech ne vont pas privilégier les schizophrènes, les paraphréniques ou les dépressifs. D’ailleurs, la plupart des terroristes connus à ce jour n’avaient aucun rapport avec des déficients mentaux. Leurs ex-voisins, choqués, sont souvent appelés à témoigner face à la caméra et nous parlent d’individus très normaux, appréciés de tous.

On a, certes, eu des cas de terroristes, comme Mohammed Merah, qui n’étaient pas des flèches. Sans doute celui-ci était-il même véritablement un « déséquilibré ». Mais tout aliéné qu’il fût, son action avait un sens, réfléchi, monstrueux et implacable. Idem pour tous les terroristes musulmans. Tous ont été entraînés par la puissance unificatrice de l’Oumma et par la force mobilisatrice du djihad.

Un grand nombre de terroristes, après leur attentat, se sont jetés volontairement dans les bras de la mort, en dégainant une ceinture d’explosifs ou en vidant leur chargeur sur les forces d’intervention. On serait tenté, une fois encore, de croire qu’il s’agit d’un acte irrationnel et désespéré. Or, selon la classification de Durkheim, le djihadiste accomplit un « suicide altruiste » : il se donne la mort par devoir, pour édifier ses semblables. Ce n’est pas le geste d’un fou, mais un acte d’honneur, aussi étrange que cela puisse nous sembler. D’ailleurs, les vrais fous se suicident très peu, contrairement à une croyance répandue.

Il est impossible de combattre un ennemi sans l’avoir clairement identifié. Aussi, plutôt que d’inventer des raisons farfelues, de type psychiatrique, au problème du terrorisme islamique, les Européens doivent se résoudre à prendre au sérieux le fait religieux. L’ennemi, c’est le salafisme. Il faut l’éradiquer. Sans pitié.

Notes:

  1. Les Européens ont, en majorité, renié la foi de leurs ancêtres mais restent formatés, de manière inconsciente, par l’histoire du christianisme en Europe. Un peu à la manière des zombis, qui gardent des réflexes humains (manger, se déplacer debout, etc.) malgré leur état d’aliénation. ↩

La rédaction Doc Jean-No® - Par : Ambroise Savatier | bvoltaire.fr (Photographie d'illustration : bvoltaire.fr)

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✎ Blogueur pro | « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr

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