Grève à Lesbos (Grèce), dont les habitants refusent qu'elle devienne une «île-prison» pour migrants

Photographie d'illustration

Excédés par la façon dont la Grèce et l'Europe gèrent la crise des migrants, les habitants de l'île Lesbos se sont mis en grève générale le 20 novembre. Ils réclament le transfert de milliers des réfugiés vers la Grèce continentale.


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L'île de Lesbos s'est mise à l'arrêt le 20 novembre à l'appel de sa municipalité pour réclamer le transfert en Grèce continentale de milliers des réfugiés qui y sont parqués depuis des mois en application du pacte UE-Turquie. «Il n’est pas question que notre hospitalité devienne un cauchemar pour les réfugiés et les insulaires», a ainsi dénoncé la mairie de la ville, dans des propos rapportés par le quotidien belge La Libre Belgique.

Les services publics et de nombreux commerces sont restés porte close, tandis que des centaines d'habitants ont manifesté dans le chef-lieu de l'île, Mytilène. «Lesbos n'est pas un lieu de relégation, c'est une île», pouvait-on lire sur une des pancartes, ou encore : «Lesbos n’est pas et ne doit pas devenir une prison.»

«Il n’est pas possible que 0,3% de la population grecque accueille 10% des migrants présents dans le pays, sans compter ceux qui continuent d’arriver tous les jours. Ce rapport doit s’inverser», a réclamé le maire de Lesbos Spyros Galinos, s'opposant fermement à l'ouverture d'une troisième camp de migrants, option privilégiée par le gouvernement.

8 500 réfugiés sont actuellement «piégés» sur l'île de 32 000 habitants, où ils vivent dans des conditions très dures. Dans le camp de Moria qui comporte 2 350 places, se sont quelques 7 000 migrants, dont beaucoup d'enfants en bas-âge, qui survivent. Les fortes pluies de ces derniers jours ont encore aggravé les tensions au sein du camp, où des affrontements ont éclatés dans la nuit du 19 au 20 novembre. «Ces gens vivent dans des tentes d’été alors qu’il commence à faire froid et qu’il pleut depuis cinq jours. Ils s’endorment et se lèvent dans la boue, c’est intenable», a expliqué Panagiotis Hatzikiriakos, président de l’Union des agents touristiques de l’île, cité par La Libre Belgique.

L'interprétation de l'accord UE-Ankara au centre du problème

«Le maintien sur place de tant de gens, dont la plupart veut en outre partir, n'est pas gérable», a souligné le président de la chambre de commerce et d'industrie locale, Vangelis Myrsinias, cité par l'AFP. A l'origine de cette situation, l'interprétation du gouvernement grec du pacte UE-Ankara conclu en mars 2016, selon le porte-parole de la mairie, Marios Andriotis. En principe, les réfugiés de Lesbos et des autres îles égéennes sont voués à être renvoyés en Turquie. Pour retarder, ou éviter ce sort, la plupart ont demandé l'asile à la Grèce, une procédure qui peut prendre de longs mois. Or selon le gouvernement grec, si la demande d'asile est refusée mais que le requérant n'est plus sur son île d’arrivée, il ne peut pas être renvoyé.

Première porte d'entrée en Europe lors du grand exode de 2015 et 2016, Lesbos continue d'enregistrer quotidiennement des dizaines de nouvelles arrivées, notamment de réfugiés syriens et irakiens. 

Par : La rédaction Doc Jean-No® - avec | francais.rt.com (Photographie d'illustration : Archives )

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