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Photographie d'illustration

ENVIRONNEMENT Emmanuel Macron participera ce mercredi à Bonn à la 23e conférence de l'Onu sur le climat (COP23), aux côtés d'Angela Merkel...



  • Les deux dirigeants sont à Bonn ce mercredi pour la conférence internationale sur le climat.
  • Les associations de défense de l'environnement les appellent à prendre des mesures fortes contre le réchauffement climatique.

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et partageront-ils la tribune à Bonn ? Les deux chefs d’Etat se rendent tous les deux à la COP23 ce mercredi, journée cruciale dans la quinzaine puisqu’elle marque le début des discussions dites de haut niveau, entre les chefs d’Etats et de gouvernement.

Emmanuel Macron et Angela Merkel y feront un passage éclair, « mais ils ont le mérite d’être là quand de nombreux autres chefs d’État de premier plan ont choisi de faire l’impasse », note Neil Makaroff, responsable des « Affaires européennes » à Réseau Action Climat (RAC).

Une lettre ouverte de 18 ONG

Le président de la République et la chancelière allemande prendront tous les deux la parole dans l’après-midi. « L’allocution d’Emmanuel Macron est pour l’instant annoncée à 16h et un entretien avec Angela Merkel est prévu dans la foulée », indique la cellule communication de l’Elysée. Neil Makaroff, lui, espère un peu plus et aimerait qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron ne se suivent pas à la tribune mais soient côte à côte pour un discours commun sur l’ambition climatique. « Il en a été question, glisse-t-il». Mais, mardi soir, l'Elysée ne confirmait toujours pas.

Quoi qu’il en soit, les allocutions des deux dirigeants seront scrutées de près par les ONG françaises et allemandes. Dix-huit d’entre elles, dont le RAC, viennent derédiger une lettre où ils détaillent leurs attentes et appellent le couple franco-allemand à faire de la transition écologique une vraie priorité. « C’est le moment, assurent ces ONG, les planètes sont alignées. Les nouvelles législatures à la fois en France et en Allemagne offrent une chance unique de refonder le projet européen et de mettre en son cœur un agenda ambitieux pour le climat », commence leur lettre.

De fortes attentes vis-à-vis du couple franco-allemand 

Ces derniers mois, chacun de leur côté, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont aussi rappelé leur volonté de tenir les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris pour réduire leurs émissions de CO2. « Et puis il y a le discours de la Sorbonne [le 26 septembre dernier] dans lequel Emmanuel Macron donnait sa vision de l’Europe, ajoute Pierre Cannet, responsable du Programme climat, énergie et infrastructures durables au WWF France. Il appelait à ce que Paris et Berlin restent un moteur de l’Europe ». Un discours qu’il avait d’ailleurs envoyé à Angela Merkel avant de le prononcer, ce qui laisse supposer que les deux dirigeants sont en phase notamment sur les questions environnementales.

Les 18 ONG allemandes et françaises attendent donc Emmanuel Macron et Angela Merkel au tournant pour que les ambitions affichées se traduisent réellement dans les actes. Leur lettre liste les prochaines étapes à franchir dans les années à venir. Les associations demandent à ce que les deux pays pèsent de tout leur poids pour instaurer un prix carbone plancher régional en Europe, suffisamment élevé pour sanctionner les pollueurs et accélérer la sortie des énergies fossiles. Elles souhaitent aussi que Paris et Berlin poussent pour que le nouveau budget européen (pour la période 2021-2028) intègre pleinement les objectifs de l’accord de Paris.

Le paquet « une énergie propre pour tous les Européens » sera aussi discuté par les Etats membres en 2018. « Il comprend une série de mesures fixant les objectifs de déploiement des énergies renouvelables en Europe, d’effectif énergétique et les moyens de contrôler les Etats membres sur les efforts fournis, explique Neil Makaroff. Mais ces mesures ont été conçues pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le meilleur des cas de 80 % d’ici 2050, ce qui est très loin de la trajectoire fixée par l’accord de Paris en 2015. »

Merkel dans une situation compliquée

Ce mercredi, les ONG demandent au moins qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron reconnaissent que « les objectifs fixés au niveau européen sont complètement insuffisants et qu’il convient d’être bien plus ambitieux ». Des attentes qui devraient se heurter à plusieurs contraintes.

La principale, c’est la marge de manœuvre réduite d’Angela Merkel. Réélue députée fin septembre, la chancelière sortante négocie actuellement en vue de former une coalition de gouvernement avec les conservateurs (CDU-CSU), les libéraux-démocrates (FDP) et les Verts. Des discussions qui pourraient ne pas aboutir avant la fin de l’année, voire janvier 2018, selon Hélène Miard-Delacroix, professeur à l’université Paris-Sorbonne. « En attendant, cette situation est très défavorable à l’avancée sérieuse des dossiers car constitutionnellement elle n’a pas le droit de prendre des décisions ».

Dommage, car le contexte semble plutôt favorable. Le binôme Macron-Merkel fonctionne bien selon la spécialiste de l’Allemagne contemporaine. « Ils sont sur la même longueur d’onde et se respectent mutuellement. Ce que Macron prône sur le plan économique, la modernisation de l’Etat, l’amélioration de la compétitivité, plaît à Berlin. Ils sont en harmonie et ont la volonté d’avancer ensemble sur des dossiers européens, dont l’environnement ».

Macron rivé sur le sommet sur le climat du 12 décembre

Cette volonté en restera-t-elle au stade de l’affichage politique ? Les Verts allemands qui avaient conditionné leur participation au gouvernement à la sortie progressive du charbon d’ici à 2030 et l’interdiction des moteurs à combustion, pourraient devoir abandonner ces deux exigences. « Le poids du lobby automobile est très lourd en Allemagne », rappelle Hélène Miard-Delacroix. Angela Merkel n’est pas favorable à programmer la fin des moteurs thermiques, comme l’ont par exemple décidé la Norvège ou la France.

En France, Emmanuel Macron a été critiqué par des associations et des militants écologiques après le report de la réduction du nucléaire le 7 novembre dernier. Paris mise sur son leadership international sur le plan climatique, dans la dynamique de l’accord de la COP21. « Il faut engager un débat sur l’ambition climatique », affirme le ministère de la Transition écologique. A Bonn, la France va rappeler qu’elle a présenté en juillet dernier un plan Climat qui prévoit notamment la neutralité carbone d’ici à 2050 et qu’un projet de loi mettant fin à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures est en discussion au Parlement. Paris a déjà les yeux rivés sur le sommet sur le climat du 12 décembre prochain, convoqué en juillet dernier par Emmanuel Macron. Impossible de savoir si Angela Merkel aura pu former son gouvernement d’ici là.

La rédaction Doc Jean-No® - Par : Fabrice Pouliquen et Laure Cometti | www.20minutes.fr (Photographie d'illustration : Archives )

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✎ Blogueur pro « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr