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«No gender», «non binaire», «gender fluid»... De nouvelles identités de genre bousculent la société

Photographie d'illustration

IDENTITE Certaines personnes, en particulier chez les jeunes, ne se reconnaissent pas dans la binarité des genres homme-femme...
Photo : (Richard B. Levine/NEWSCOM/SIPA)



  • Selon deux sondages pour « 20 Minutes », la non binarité est un sujet qui intéresse les Français.
  • 13 % des jeunes interrogés ne s’identifient pas comme hommes ou femmes
  • Si peu de personnes se définissent comme « no-gender », la lutte contre les stéréotypes de genre, l’appel à plus de liberté et de tolérance est portée par une partie des jeunes.

Ni homme, ni femme. Certaines personnes ne se reconnaissent pas dans les deux genres qui scindent notre société, des rayons de jouets aux papiers d’identité. Selon notre sondage OpinionWay #MOIJEUNE*, 13 % des 18-30 ans interrogés ne s’identifient pas comme hommes ou femmes. Un questionnement identitaire qui ne touche pas uniquement les 18-35 ans : selon un autre sondage exclusif mené par YouGov** pour 20 Minutes, sur la population générale cette fois, 6 % des interviewés ne se définissent pas de façon binaire.

C’est quoi être « non binaire » ?

« Ces personnes remettent en cause la dimension fixe et binaire du genre: soit elles sont nomades dans le genre, soit elles préfèrent ne pas dire leur genre », résume Arnaud Alessandrin, sociologue spécialiste du genre et des discriminations à l'université de Bordeaux. Rien à voir en revanche avec l’orientation sexuelle, ou avec un changement de sexe au niveau médical.

Cette dynamique identitaire présente plusieurs variantes : certains s’identifient comme « no-gender » (8 % des jeunes interrogés par OpinonWay), d’autres préfèrent le terme de « gender-fluid » (11 %), c’est à dire qu’ils peuvent s’habiller un jour en homme, le suivant en femme. Mais le concept « non-binaire » semble le plus adéquat : il convient à 36 % de notre panel #MOIJEUNE. C’est ainsi que se définit Alex, journaliste. « Les rôles sociaux et les injonctions à la féminité sont contradictoires. Ne pas choisir un genre, c’est personnel, mais aussi politique. »

D’où vient ce mouvement ?

« On a vu émerger ce mouvement dans la mode vers 2014, souligne Karine Espineira, sociologue, membre associée au Laboratoire d'études de Genre et de Sexualité de l'Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Et dans le même temps, on a observé une vague transgenre dans les médias et la culture. Deux mouvements qui interrogent l’identité du genre portée par la génération des millenials. » Est-ce que la mode a surfé sur une revendication ressentie chez les jeunes ou a-t-elle lancé cette dynamique ? Difficile à dire.

Comment cette non binarité se traduit-elle au quotidien ? Pour Agathe Rousselle, artiste « no gender », c’est « ne pas faire de choix en fonction de son genre ». Mannequin et photographe, Agathe, cheveux courts, visage androgyne, change donc d’apparence : « cela dépend de comment je me sens le matin, un jour j’ai envie de jogging, un autre de talons. »

Pas forcément évident à vivre au quotidien. Car faire fi du genre exige quelques innovations linguistiques… Alex s’est ainsi choisi un prénom unisexe et apprécie qu’on utilise le pronom neutre «iel». « Sur Internet, j’utilise l’écriture inclusive, je signe votre queer.e, je m’insurge quand on me dit comment me comporter. »

Certaines stars, comme l’actrice de la série Orange is the new black Ruby Rose, ont récemment dévoilé être « gender fluid ». Si les milieux artistiques et de la mode portent cette vision moins binaire de la société, les « no gender » restent plutôt une minorité peu visible. « Nos rues ne semblent pas arpentées par des milliers de jeunes "gender fluid", souligne Karine Espineira. Beaucoup ne se voient pas, mais existent bel et bien, peut-être en plus grand nombre qu’on ne le croit. C’est vraiment une microculture, qui peut se diffuser comme disparaître. » Difficile à dire aujourd’hui donc, si ce mouvement infusera ou non.

« En France, c’est balbutiant, reconnaît l’artiste « no gender ». Un mec qui se met du rouge à lèvres à Paris ça passe, mais en province il se fait taper dessus. Mais grâce aux réseaux sociaux, aux séries, aux clips, les jeunes voient que c’est possible ailleurs à Londres, à Los Angeles, à New York de mettre une jupe pour un homme, d’avoir le crâne rasé pour une femme. » « Pour l’instant ce n’est ni très connu, ni très accepté, renchérit Alex. Mais on a vu les choses avancer pour la transidentité, la question non binaire ça peut prendre le même chemin. »

« Une révolution tranquille »

Comment ce mouvement pourrait-il se traduire ? Certains espèrent voir apparaître un « sexe neutre » dans les papiers administratifs, des toilettes unisexes, des vêtements moins genrés… On en est encore loin, mais « c’est une sorte de révolution tranquille, avance Karine Espineira, sociologue. Certains de mes étudiants se   [...]

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✎ Blogueur pro « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr