#MoiJeune: Mai-68 ne fait rêver que 11% des jeunes de 18 à 30 ans

Photographie d'illustration

EXCLUSIF A l’occasion du cinquantenaire des événements, 20 Minutes s’est penché sur le regard de la jeune génération à l’égard de Mai-68…
Photo : (AFP Archives)



  • 85 % des 18-30 ans déclarent avoir entendu parler de Mai-68, selon une enquête exclusive Opinion Way auprès du panel #MoiJeune de 20 Minutes.
  • Les jeunes associent une image globalement positive à cet événement.
  • Une large partie d’entre eux ne se sent néanmoins pas concerné par ces événements.

« Etudiants », « Liberté » et « Révolution ». Voilà les trois mots qu’associe spontanément la génération des 18-30 ans à la seule évocation de Mai-68. Bien sûr qu’ils sont bien trop jeunes pour avoir battu le pavé parisien. Pour certains, leurs parents n’étaient même pas nés au moment des « événements ». N’empêche, 85 % des 18-30 ans assurent savoir ce qu’il s’est passé à cette période, selon une enquête exclusive Opinion Way auprès du panel #MoiJeune de 20 Minutes.

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« Aujourd’hui, Mai-68 fait partie de notre histoire, c’est enseigné à l’école », rappelle Jean-Pierre Le Goff, sociologue et auteur de La France d’hier, récit d’un monde adolescent : des années 50 à mai 68 (éditions Stock). Ce thème était même au coeur d’une épreuve du brevet des collèges en 2016. A noter, néanmoins, 6 % des personnes interrogées dans la tranche d’âge 18-19 ans ne savent pas de quoi il s’agit.

« Aujourd’hui, on confond l’événement avec son héritage »

Pour 79 % des 18-30 ans, Mai-68 et plus globalement cette époque, évoquent quelque chose de positif. Ils sont plus de la moitié (56 %) à associer ces manifestations à des « progrès pour la société qu’il faut continuer à défendre » et presque autant à y voir le début de la remise en cause « de l’autorité de l’État », sans pour autant que l’on sache, sur ce dernier point, s’ils y voient une avancée positive ou non.

Parmi les principales avancées citées par la jeune génération : la libération de la femme (56 %), la libéralisation des mœurs (48 %) et la libération sexuelle (39 %). « Aujourd’hui, on confond l’événement avec son héritage. Mai 68, c’est devenu une sorte d’événement idéalisé un peu fourre-tout sur les évolutions de société », déplore Jean-Pierre Le Goff. Et de rappeler que la loi Neuwirth sur la légalisation de la contraception date de 1967 ou que celle autorisant les femmes à ouvrir un compte en banque remonte à 1965. « Il y a eu des aspects libérateurs dans ce mouvement mais il y a une sorte de mythe selon lequel avant 68, c’était une société presque obscurantiste. »

Une jeunesse critique sur Mai-68

Pour autant, ils ne sont que 11 % à déclarer rêver de cette époque. « Les idéaux d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a cinquante ans, analyse Jean-Pierre Le Goff. Le chômage de masse a remplacé l’insouciance des 30 glorieuses. Les jeunes sont préoccupés par le terrorisme, la mondialisation, les défis sont tout autres. » Aux yeux de près d’un tiers de notre panel, les générations qui les ont précédés ont idéalisé cette époque. Et le regard qu’ils portent sur leurs aînés n’est pas toujours tendre. Lorsqu’on les interroge sur ce que représente Mai-68 pour eux, ils sont 13 % à répondre qu’il s’agit de « gens qui ont retourné leur veste et donnent des leçons » et   [...]

 

 

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✎ Blogueur pro « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr