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EXCLUSIF. Réforme de la SNCF: «Faire grève contre une loi, en démocratie, c'est curieux», dit Edouard Philippe

Photographie d'illustration

Photo : (Jacques Witt / SIPA)


INTERVIEW Le Premier ministre Edouard Philippe a répondu aux questions de «20 Minutes» après l'adoption définitive de la réforme de la SNCF par le Parlement ce jeudi...


  • Le Premier ministre revient auprès de « 20 Minutes » sur la réforme de la SNCF adoptée ce jeudi par le Parlement.
  • Edouard Philippe trouve « curieux » que les syndicats maintiennent l’appel à la grève alors que la loi a été votée.
  • Il a également maintenu la position de la France sur l’Aquarius, le navire à bord duquel plus de 600 migrants ont été sauvés en mer Méditerranée.

Après trois mois de débats et de grèves, la réforme du rail a été adoptée définitivement ce jeudi par le Parlement. Le gouvernement a réussi à faire approuver la transformation de la SNCF en société anonyme, le calendrier de l’ouverture à la concurrence des lignes de trains et la fin du recrutement au statut de cheminot.

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Dans son bureau de Matignon, où il a reçu 20 Minutes ce jeudi, Edouard Philippe ne cache pas sa satisfaction d’avoir mené à bien ce chantier en respectant « la méthode et le calendrier » qu’il s’était fixé. Alors que l’intersyndicale appelle à poursuivre la grève, le Premier ministre estime qu’elle est dans la « surenchère » et risque de « ne plus être comprise du tout » par les Français.

La réforme de la SNCF a été adoptée définitivement par l’Assemblée et le Sénat. Que va-t-elle changer pour les Français ?

Elle va permettre à la SNCF, et donc aux trains, de mieux fonctionner, et aux Français d’avoir une offre plus variée, moins chère, plus riche et de meilleure qualité en matière de services ferroviaires. Pourquoi cette réforme ? Parce qu’on constate, comme un très grand nombre de Français, que le service ferroviaire se dégrade depuis longtemps. Sauf sur les très grandes lignes TGV, de métropole à métropole, où le service est de très bonne qualité mais cher.

Nous voulons améliorer le service avec l’ouverture à la concurrence, la transformation de la SNCF, et la fin du recrutement au statut. La discussion a été complète et très riche à l’Assemblée nationale et au Sénat. 80 % des députés et 70 % des sénateurs l’ont approuvée, bien au-delà de notre majorité, c’est énorme. J’en suis fier. Nous avons fait exactement ce que nous avions dit, avec la méthode et dans le calendrier que nous nous étions fixés.

Vous parlez d’un service « moins cher » grâce à l’ouverture à la concurrence. Cela veut dire que le prix des billets n’augmentera pas ?

Nous avons regardé le modèle allemand. Pas parce qu’il est allemand, mais parce qu’il nous semble proche de la réalité française. Sur beaucoup de trajets, le prix des billets a diminué, ça dépend des lignes. Mais je ne suis pas là pour faire l’offre commerciale de toutes les entreprises qui vont être en concurrence dans le système ferroviaire.

En Angleterre, l’ouverture à la concurrence a entraîné une hausse du prix des billets de train…

Il peut y avoir des hausses de prix sur certaines lignes, mais le plus souvent, il y a des baisses. Ce qui m’intéresse, c’est l’élargissement de l’offre ferroviaire. Plus d’offres locales, plus d’offres de services, avec des gammes de prix plus diverses et davantage de petits prix.

Sur l’offre, pensez-vous que l’Etat a offert assez de garanties pour l’avenir des petites lignes, qui va incomber aux régions ?

Il serait absurde d’imaginer que l’État, que le Premier ministre dans son bureau à Paris, puisse savoir quelle petite ligne est indispensable et quelle autre doit être, le cas échéant, fermée. Ces réflexions doivent venir du terrain. C’est une discussion entre les entreprises ferroviaires, qui exploitent des lignes, et les régions, qui définissent des plans de mobilité.

Pour les lignes inter-régionales, il peut y avoir des sujets spécifiques à traiter entre les régions, les entreprises et l’État. C’est comme ça que ça se passera, dans une approche très pragmatique et proche du territoire.

Le gouvernement a rencontré plusieurs fois les syndicats de la SNCF. Pourtant, le texte n’a pas évolué sur les points de discorde, alors que l’entreprise a connu sa grève la plus longue depuis 30 ans. Est-ce qu’aujourd’hui faire grève sert à quelque chose ?

Nous avons été fermes sur les grands objectifs, mais cela n’a pas empêché le texte d’évoluer. On est passé d’un projet d’ordonnances à une loi définitive. C’est une grande différence. Sur toute une série de dispositions relatives aux garanties des cheminots, on a ouvert la porte à la discussion avec les organisations syndicales. Certaines ont saisi l’opportunité – la CFDT et l’Unsa – et   [...]

 

✎ Blogueur pro « Éditorialiste » Concepteur - Rédacteur web J.N.W. Le Guillou (Direction) | direction.jeannoel.leguillou@docjeanno.fr | Membre 20 Minutes.fr