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samedi 9 mai 2020

Facebook : « Le rôle du conseil de surveillance sera de défendre la liberté d’expression, pas d’être la police »

INTERVIEW Julie Owono, l’une des vingt « sages » de l’instance indépendante qui arbitrera la modération sur le réseau, détaille les enjeux de ce défi

 Facebook : « Le rôle du conseil de surveillance sera de défendre la liberté d’expression, pas d’être la police »

Propos recueillis par : Philippe Berry - 20minutes.fr

  1. Le conseil de surveillance de Facebook est une instance indépendante qui sera chargée de trancher les débats en matière de modération.
  2. Les internautes et les organisations pourront le saisir, et Facebook sera contraint de respecter ses décisions.
  3. Avec 2,5 milliards d’utilisateurs du réseau, la tâche s’annonce dantesque, sans parler des doutes sur les intentions de Facebook.

C’est une initiative sans précédent à cette échelle. Mercredi, Facebook a présenté les 20 premiers membres de son conseil de surveillance. Après des années de polémiques sur la modération, cette instance indépendante – par son statut mais aussi son financement – sera chargée de jouer les arbitres suprêmes. Les internautes ou les organisations contestant une décision de Facebook pourront faire appel devant le conseil, qui se saisira des dossiers les plus complexes touchant à la liberté d’expression, l’incitation à la haine et aux droits humains. Directrice de l’ONG Internet sans frontières, l’avocate camerounaise Julie Owono a rejoint l’organisation après avoir eu la garantie de pouvoir « garder (son) indépendance et sa liberté de ton ». Malgré le passif de Facebook, elle insiste : « C’est novateur qu’une entreprise privée accepte de céder une partie de souveraineté sur la question des contenus. »

Comment s’est passé votre recrutement ? Facebook a-t-il accepté des voix critiques ?

J’ai postulé et j’ai eu un entretien avec les quatre coprésidents (choisis par Facebook), avec une discussion axée sur les valeurs et sur la liberté d’expression. A titre personnel, j’ai été critique envers l’entreprise dans le cadre de mes recherches avec un rapport sur la modération de contenus haineux en Afrique subsaharienne.

Comment le conseil va-t-il décider de se saisir d’un dossier, avec 40 personnes (à terme) face à 2,5 milliards d’utilisateurs ?

Aussi bien les utilisateurs que Facebook pourront porter à l’attention du conseil les cas et les demandes d’appel. Les détails logistiques sont en cours d’élaboration. Mais c’est évident que sur les milliers, ou peut-être plus, de demandes qui seront reçues, 40 membres ne pourront pas tout traiter. L’idée, c’est de se saisir des affaires emblématiques, non seulement dans les problèmes juridiques qu’elles posent, mais aussi dans l’impact qu’elles pourront avoir sur les utilisateurs dans les situations similaires. Ces décisions pourraient créer une sorte de jurisprudence. On ne va pas prétendre avoir des réponses à tout. Comme des collègues l’ont dit, nous ne sommes surtout pas la police de Facebook, on ne pourra pas tout voir en temps réel.

Mark Zuckerberg pourra-t-il aller contre une décision du conseil ?

Les statuts prévoient que nos décisions s’imposeront au réseau social. Par exemple, si un poste a été supprimé et que nous lui demandons de le remettre, Facebook sera obligé de s’exécuter, sauf si des questions de législations nationales l’empêchent de le faire.

Quels ont été les plus gros ratés de Facebook en quinze ans ? Quels sont ses défis les plus importants ?

En tant que militante d’une ONG de défense de la liberté d’expression, je ne m’exprime pas là au nom du board. Quand on parle de modération, c’est de savoir quand les plateformes doivent appliquer leur censure – c’est de ça dont il s’agit, il faut le dire – et quelle est la limite. Il y a des textes internationaux qui ont été ratifiés par les Etats et qui s’appliquent aux entreprises, au moins d’un point de vue moral – car il n’y a pas de police qui va vérifier que les droits humains sont respectés. En cas de dangerosité d’une publication, il faut se référer à ce que disent les textes internationaux. Ils rappellent que le principe fondamental doit toujours être la liberté d’expression. Ce n’est que dans certains cas très restrictivement définis par les autorités judiciaires que des limitations peuvent être appliquées. C’est notamment le cas lorsque des publications facilitent un génocide, comme on a pu le voir en Birmanie. Ce sont des décisions qui n’ont pas été prises à temps par Facebook. Ils l’ont reconnu. Ça restera une lettre écarlate sur le réseau social de ne pas avoir pu voir cela avant que ces violences ne soient   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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