High-tech : 5G la nouvelle menace mondiale?

Annoncée comme une véritable révolution disruptive, la nouvelle norme de télécommunications 5G s’invite dans le débat sous trois plans: technique, civilisationnel et sanitaire. Toutefois, la peur d’être exclus de la course technologique ne va-t-elle pas précipiter les États réticents à franchir le pas?

High-tech : 5G la nouvelle menace mondiale?

Par : Yannick Harrel | fr.sputniknews.com

Sous forme de lapalissade, la 5G est la continuité de la 4G, qui succède elle-même à la 3G. Il faut pourtant se dédire d’une facilité qui comparerait ces différentes technologies uniquement sur un plan d’amélioration de puissance. Chaque palier a surtout été une progression vers des applications nouvelles. La 2G a apporté la capacité d’émission-réception de messages textuels (SMS), la 3G a permis l’Internet mobile et l’acheminement des données, tandis que la 4G a rendu pleinement opérationnelles la téléphonie par Internet (VoIP), les visioconférences et l’infonuagique (cloud computing).

Et la 5G? Le déploiement en cours de ce nouveau réseau de télécommunications est censé apporter des bienfaits théoriques sur trois plans principaux: un plus haut débit (10 Gb/s contre 30 Mb/s pour la 4G), un maillage renforcé des points de connexion par une technique de transmission par microcellules (dite MIMO), de même qu’une latence extrêmement réduite (1 milliseconde contre 10 millisecondes pour la 4G). Ce sont les avantages techniques que mettent en avant ses promoteurs (sans être toujours très diserts sur ses inconvénients).

Une interconnexion permanente de millions d’objets

Pour autant, la 5G, ce n’est pas seulement une connexion Internet plus rapide sur son smartphone. Cette technologie va investir nombre d’activités où elle est attendue avec impatience: l’industrie 4.0 (la robotisation intelligente), les médias interactifs, la santé 3.0 (la télémédecine comme le suivi médical personnalisé à distance), les transports intelligents (les véhicules autonomes), les grilles d’énergie évolutives (Smart Grid) ou encore l’Internet des objets (les montres connectées). De la domotique à l’industrie, tous les objets disposant d’une source d’énergie et d’un flux de données seront capables d’interagir, non seulement avec les êtres vivants à leur contact, mais aussi entre eux, ce qui ouvre des perspectives de services et de création nouvelles. Une interconnexion permanente de millions d’objets, rendue possible par la 5G.

Seulement, l’interconnexion des réseaux aboutira à une interconnexion des failles de sécurité, qui pourront impacter non plus un individu ou une entité –privée ou publique–, mais tout un ensemble géographique ou sectoriel. La différence est de taille, à la mesure des dangers. Le cas d’un dérèglement du système de gestion des flux de circulation peut légitimement effrayer par la gravité et la densité des accidents potentiels. Les solutions existent –des plus évoluées aux plus rudimentaires–, mais elles imposent un surcoût au déploiement que les acteurs privés et publics n’ont pas toujours intégré initialement dans leur cahier des charges.

Ajoutons qu’il ne suffit pas de prévoir l’acheminement des données par le standard 5G pour qu’un miracle se produise: il convient de disposer d’infrastructures d’une part, et d’un écosystème d’autre part afin d’en percevoir les fruits. Ce fut par ailleurs le discours tenu par Vladimir Poutine lors de son allocution du 30 mai 2019 sur l’intelligence artificielle. De la même manière que l’eau irrigue les champs, la 5G doit s’installer dans un environnement propice et prophylactique.

Vers une domination technologique asiatique

La 5G, c’est aussi, bien que moins perceptible, un changement civilisationnel puisque nous entrerons définitivement, dès son adoption massive, dans une société connectée en permanence et non ponctuellement, comme actuellement.

Ce sera l'acceptation d’une société où le chiffre sera omniscient, omniprésent et omnipotent, surtout s’il a recours à la capacité démultipliée du calcul quantique. Or, des civilisations fondées sur le chiffre diffèrent dans leur approche humaine de celles fondées sur la lettre.

Sur un autre plan, c’est aussi le basculement vers une domination technologique asiatique et non plus occidentale. Si l’on peut citer quelques acteurs européens et américains en ce domaine (Qualcomm ou Ericsson pour les plus solides), ils subissent sèchement les années d’investissement massives par le sud-coréen Samsung, le japonais NTT Docomo et les chinois ZTE et Huawei. Le Président Donald Trump ne s’y est pas trompé en visant régulièrement cette dernière firme depuis son accession au pouvoir, une stratégie s’inscrivant dans un front plus élargi de guerre commerciale.

La mainmise de la technologie 5G par des puissances asiatiques consacre la réalité d’un glissement de compétences, évoluant de l’imitation vers l’innovation   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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