Actu-politique : En condamnant « le fléau de l’antisémitisme », Marine Le Pen prend ses distances avec l’histoire du FN

La présidente du Rassemblement national a rendu hommage aux juifs déportés lors de la rafle du Vél’d’Hiv en 1942, poursuivant sa stratégie de dédiabolisation.

Actu-politique : En condamnant « le fléau de l’antisémitisme », Marine Le Pen prend ses distances avec l’histoire du FN

Par : Franck Johannès | lemonde.fr/politique

Marine Le Pen a franchi un nouveau pas vers la dédiabolisation du Rassemblement national (RN) en rendant hommage, jeudi 16 juillet, aux 13 000 juifs, dont un tiers d’enfants, arrêtés par la police et la gendarmerie françaises, les 16 et 17 juillet 1942, et rassemblés au Vélodrome d’Hiver avant d’être envoyés dans les camps de la mort.

« La commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv nous rappelle au devoir de mémoire face à l’expression la plus abjecte et abominable de l’antisémitisme, a écrit la présidente du RN sur Twitter et Facebook. Elle nous oblige à la plus ferme et intraitable détermination dans le combat jamais terminé contre ce fléau et ces nouveaux prêcheurs de haine qui, aujourd’hui en France, ciblent et s’en prennent à nos compatriotes juifs. »

A l’extrême droite, l’hommage aux victimes du Vél’d’Hiv ne va pas de soi. Marine Le Pen avait d’ailleurs déclenché une tempête durant la campagne présidentielle en déclarant, le 9 avril 2017, que « la France n’est pas responsable du Vél’d’Hiv », « s’il y a des responsables, c’est ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas la France » – une version de l’Histoire installée par le général de Gaulle et que partageait François Mitterrand.

C’est Jacques Chirac qui, le premier, a reconnu, en 1995, que « la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable » ; « oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français », avait déclaré le chef de l’Etat.

Plus de vingt ans après, Marine Le Pen n’avait pas saisi que cette responsabilité était désormais largement acceptée, et le candidat Emmanuel Macron avait aussitôt écrit sur Twitter : « Madame Le Pen fait une faute politique et historique lourde. C’est le vrai visage de l’extrême droite française, que je combats. »

« Marine Le Pen n’est pas son père »

La présidente du RN, depuis, a appris et soigneusement pesé ses mots. Elle avait déjà signé en juin, dans la Revue politique et parlementaire, un long texte à la gloire du général de Gaulle, dont elle revendiquait l’« héritage », et elle avait prononcé un bref discours sur l’Ile de Sein (Finistère), où elle n’était pas la bienvenue, pour commémorer l’appel du 18-Juin.

Marine Le Pen « a fait un pas en avant pour s’aligner sur les valeurs républicaines », a estimé vendredi Serge Klarsfeld, le président de l’association Fils et Filles des déportés juifs de France. A partir du moment où la présidente du RN a condamné de la façon la plus ferme la rafle du Vél’d’Hiv organisée par la police de l’Etat Français de Vichy, elle a renié son père, laudateur de Philippe Pétain. » ...

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