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dimanche 5 juillet 2020

Actu-politique : A Perpignan, le RN a aussi conquis la bourgeoisie

La conquête de Perpignan par Louis Aliot ne se singularise pas seulement par la taille de la cité (121 681 habitants). En effet, la victoire en duel au second tour (contre le maire sortant Jean‑Marc Pujol, Les Républicains) est exceptionnelle pour le Rassemblement national...

Actu-politique : A Perpignan, le RN a aussi conquis la bourgeoisie

Par : NICOLAS LEBOURG NICOLAS LEBOURG, CHERCHEUR AU CEPEL, UNIVERSITÉ DE MONTPELLIER. | oeilsurlefront.liberation.fr

En 2014, seul Cogolin (Var) avait ainsi été prise, là aussi contre une liste de droite. Or, gagner en duel implique de parvenir à créer une alliance temporaire entre citoyens aux intérêts socioéconomiques divergents. Le RN est normalement puissant parmi les classes populaires, mais nettement plus faible parmi les autres secteurs sociaux : aux récentes élections européennes il obtenait 40% du vote des ouvriers, 30% de celui des foyers vivant mensuellement avec moins de 1 200 euros par mois (quand La République en Marche n’y obtenait que 11%). La prise de Perpignan est donc particulièrement significative d’une fusion des droites réussie grâce à un dépassement du socle populaire du lepénisme.

En 2014 déjà, la liste menée par Louis Aliot avait connu des succès notables au sein de quartiers perpignanais bourgeois. Dans le bureau de vote n°52, quartier des villas avec piscines sécurisées du Mas LLaro, situé à l’extrémité orientale de la ville, très huppé et sans mixité ethnique ou sociale, son score était de 50,6%. Pour peu qu’un autre trait sociologique polarise le vote à droite, le résultat pouvait être encore plus important : dans le quartier résidentiel de Las Cobas, le bureau de vote n°48 comptant 10,6% de pieds-noirs sur sa liste électorale (selon les dates et lieux de naissance) votait Aliot à 55,4%, tandis que leurs homologues plus modestes du quartier du Moulin à Vent votaient lepéniste moins puissamment.

Le croisement du fichier d’adhérents du FN, du prix au mètre carré dans les bureaux de vote et des scores comparés de Marine Le Pen et de Louis Aliot éclaire un point particulier.

S’impose l’évidence d’une plus-value locale de Louis Aliot, qu’en 2020 encore ses adversaires Jean‑Marc Pujol et Romain Grau (LREM) n’ont cessé de nier tout au long de la campagne. Les classes moyennes déclassées fournissent le gros des militants et ont bien un effet de normalisation de la présence du parti : son score s’y avère corrélé. Cependant dans la catégorie la plus aisée, les choses divergent : si le bureau 52 ne compte aucun militant, «l’aliotisme» y a bien une solide base, quoiqu’avec une moindre marge de progression que dans la classe moyenne.

Le coût en capital social d’une implication directe pour le FN (par l’encartement) était encore trop élevé, ce qui n’empêchait pas d’en partager ses vues. En 2020, en investissant des notables de droite, en mettant en avant les thèmes de la sécurité et de la prospérité à retrouver, en tenant un discours libéral bien loin de celui de Marine Le Pen, Louis Aliot a raflé la mise en parvenant à allier les classes populaires et les classes aisées.

Un discours libéral séduisant

En somme, la liste et la campagne de notabilisation de Louis Aliot ont joué chez les CSP+ le rôle détenu par les militants dans les milieux moins fortunés. Cette accommodation ne correspond pas seulement à celle du parti, comme en témoigne l’évolution des pourcentages électoraux accordés par le Mas Llaro (bureau 711, après le   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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