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lundi 6 juillet 2020

Guinée : la vente des terres finance l'immigration en direction de l'Europe

La Guinée est le premier pays d’Afrique subsaharienne en terme d’immigration irrégulière en France. Un phénomène particulier et dramatique, qui risque d’avoir de lourdes conséquences pour la Guinée. Entretien et analyse avec Olivier Peyroux.

Guinée : la vente des terres finance l'immigration en direction de l'Europe

Par : La rédaction | infomigrants.net

Le sociologue Olivier Peyroux, cofondateur de l’association Trajectoires, travaille depuis plusieurs années sur une étude, commandée par Caritas Maroc et Caritas France, pour comprendre les spécificités de la migration guinéenne.

RFI : Pourquoi cet intérêt particulier pour le phénomène migratoire guinéene ?

Olivier Peyroux : Quand on regarde les chiffres, cette migration guinéenne est surprenante. La Guinée est un pays d’Afrique de l’Ouest qui est relativement petit démographiquement avec une population approximative de 13 millions d’habitants. Lorsqu'on regarde les chiffres des trois dernières années pour les mineurs non accompagnés (MNA) guinéens, on observe que c’est la première nationalité en France dans les arrivées en provenance d’Afrique subsaharienne, tout confondu, Afrique de l’Ouest et de l’Est. Quand on regarde les chiffres de l’asile, on remarque qu’en France, en Belgique et en Espagne, les Guinéens sont la première nationalité pour les demandeurs d’asile d’Afrique subsaharienne depuis 2017. C’est d’autant plus surprenant que la Guinée n'a pas une diaspora développée dans ces pays, à la différence des diasporas malienne, sénégalaise ou ivoirienne beaucoup plus présentes, la diaspora étant en général un facteur important de migration.

Le deuxième point que l’on observe, c’est que certes il y a des difficultés politiques en Guinée, mais si on compare avec le Mali par exemple, qui est un pays au bord de la partition, on n’est pas dans cette gravité politique, ni en termes de conflit comme c’est le cas au Mali. Donc, on n’a pas de facteur explicatif à première vue qui explique cette arrivée importante de Guinéens, qu’ils soient mineurs en âge ou majeurs.

Depuis combien de temps ces arrivées guinéennes sont-elles significatives ?

Depuis 2016, c’est tout à fait significatif. En France, la cellule de répartition nationale de la protection judiciaire de la jeunesse qui est financée par l’Etat et dont la fonction est de répartir les MNA sur le territoire pour que ce ne soit pas un poids trop lourd pour les départements, est une source de référence sur les chiffres des mineurs non accompagnés (MNA). D’après cette cellule, les MNA guinéens représentaient en 2017, 29% de l’ensemble des MNA arrivés en France et 31% en 2018 et 2019. Donc on est sur une moyenne de 30%. C’est de loin la première nationalité de MNA pris en charge en France. En valeur absolue, 4 323 MNA Guinéens en 2017, 5 227 en 2018 et 5 47 en 2019. Si on totalise majeurs et mineurs guinéens en France, on est à peu près sur 11 000 personnes qui arrivent par an depuis 2017, ce qui est important pour cette migration.

Comment expliquez-vous ce phénomène migratoire guinéen alors que la Guinée se porte plutôt mieux économiquement que dans le passé ?

Si on observe économiquement, on voit que depuis 2016 la Guinée renoue avec une croissance soutenue de l’ordre de 6% chaque année, ce qui n’est pas le cas de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Mais politiquement, il y a une inquiétude pour l’avenir, comme en témoignent un certain nombre de manifestations récentes de l’opposition suite au référendum sur la Constitution qui permet au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, considéré par l’opposition comme une atteinte à la démocratie guinéenne, avec le risque d’installation dans la durée d’un chef d’Etat comme la Guinée en a connu dans son histoire. De plus pour les Guinéens, il est pratiquement impossible d’avoir des visas pour migrer en Europe et donc la seule voie, qui est la plus empruntée, c’est celle de ...   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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