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vendredi 10 juillet 2020

Jeanne d'Arc : une icône nationale oubliée par l'Etat Français

Voilà cent ans, l'Église canonisait Jeanne d'Arc et la République française instituait en son honneur une fête du patriotisme. Revendiquée par tous, elle n'a pourtant cessé de déchaîner les passions. Retour sur une histoire de France.

Jeanne d'Arc : une icône nationale oubliée par l'Etat

Par : Charlotte d'Ornellas | valeursactuelles.com

« Par ses croyances, Jeanne fut de son temps ; par ses vertus elle domine tous les temps ! » En ce 8 juin 1894, au cœur de l'hémicycle de la Haute Assemblée, le sénateur aveyronnais Joseph Fabre s'enflamme. Dans un pays encore divisé par la Révolution, traumatisé par l'annexion plus récente de l'Alsace- Lorraine, tout juste sorti de la tentation du boulangisme et sur le point de connaître la terrible affaire Dreyfus, ce républicain tente de convaincre qu'elle représente l'unique figure d'unité possible pour le pays.

La pucelle d'Orléans : une effigie cléricale ?

Il rêve de faire voter l'instauration d'une fête du patriotisme sous le patronage de la Pucelle, pour qu'enfin l'hommage que la ville d'Orléans est seule à rendre fidèlement à sa libératrice depuis quatre cent soixante-cinq ans devienne national. Aux sceptiques de son camp tentés par l'anachronisme, Fabre répond : Jeanne est catholique ? « La voudrait-on libre-penseuse au XVe siècle ? » , elle est royaliste ? « Imagine-t-on par hasard qu'elle aurait pu être républicaine ? » Le pays entier est confit en dévotion johannique, mais cela n'empêche pas Joseph Fabre d'être à la peine. Il faut remonter dans le temps pour comprendre.

Déjà, en 1790, l'Assemblée constituante ne se saisit pas d'une proposition qui va dans ce sens. Trois ans plus tard, au cœur d'une Révolution parfois revancharde, l'hommage orléanais est même interdit - Napoléon le restaurera finalement, mais Orléans reste bien seule à faire preuve de cette gratitude. Il faut attendre le XIXe siècle. De l'art à la littérature, le siècle industriel s'applique à symboliser l'élan patriotique et l'indépendance nationale par cette héroïque jeune fille.

Le Comité des femmes de France n' a qu'un idée en tête : détourner l'attention de l'anniversaire de Voltaire.

En 1874, on érige la statue de la place parisienne des Pyramides, Domrémy et Vaucouleurs deviennent des lieux de pèlerinages occasionnels. Ce n'est encore ni régulier ni national, mais divers appels à témoigner sa gratitude fleurissent dans les associations catholiques du pays, à commencer par le Comité des femmes de France qui pousse « chaque province, chaque ville, chaque corporation » à déposer des gerbes aux pieds de l'héroïne. Cette association, qui réunit aristocrates et catholiques, n'a qu'une idée en tête : détourner l'attention de l'anniversaire de Voltaire que d'autres s'apprêtent à célébrer !

Les républicains se réapproprient le symbole

La gauche, qui voue une grande admiration à cette « fille du peuple » , commence à s'inquiéter de la multiplication des manifestations « cléricales » . Les républicains prennent donc le sujet à bras-le-corps, conduits par Joseph Fabre. Dans la lignée de Jules Michelet, l'homme s'est épris de Jeanne d'Arc et devient le rédacteur d'une nouvelle proposition de loi instituant une fête nationale. D'aucuns invoquent Dieu et l'Ancien Régime ? Lui s'inscrit dans un pur héritage révolutionnaire.

D'abord, parce que ce dernier impose de penser la fête comme la meilleure méthode d'instruction civique ; ensuite, parce qu'il voit dans ce « plus bel exemple à imiter » un moyen « d'exalter l'héroïsme civique en action » : « Il y a, en chacun de nous, autre chose qu'une machine de production et de consommation […] . Baignez les jeunes cœurs dans une joyeuse atmosphère d'admiration et d'amour pour ce qui fut grand, et vous les ferez grands » , clamera-t-il à ses collègues.

Pour incarner ses rêves d'unité, la figure johannique est idéale. Le 30 juin 1884, le député de la gauche radicale dépose donc pour la première fois sa proposition devant la Chambre. Son but est simple : laïciser Jeanne par le biais d'une cérémonie civile afin d'exorciser le passé catholique que les républicains peinent à digérer, tout en proposant une alternative à la fête du 14 juillet que ne supportent ni les catholiques ni les monarchistes. Mais le pays n'est pas encore prêt… La presse manque d'enthousiasme tandis que les catholiques en débordent : les républicains ne donnent pas ...   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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