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mercredi 26 août 2020

Bouleversement à l'extrême gauche : Mélenchon et La France insoumise opèrent-ils un virage «décolonial»?

Traversée par des sensibilités contradictoires, notamment sur les questions de laïcité et d’antiracisme, La France insoumise n’a officiellement pas abandonné sa ligne républicaine, mais elle emprunte désormais des éléments discursifs propres à la mouvance décoloniale. Une influence grandissante qui n’a pas l’air d’inquiéter Jean-Luc Mélenchon.

Bouleversement à l'extrême gauche : Mélenchon et La France insoumise opèrent-ils un virage «décolonial»?

Par : Samir Hamma | fr.sputniknews.com

Objet de controverse, mais également de convoitise, la mouvance «décoloniale» continue de tisser sa toile idéologique et occupe désormais une place centrale dans le débat d’idées en France. Ses principaux représentants sont ainsi passés du statut de pestiférés à celui d’intellectuels prisés, plus particulièrement à gauche de l’échiquier politique. En témoigne la table ronde antiraciste organisée lors des «Amfis» d’été de La France insoumise (LFI) à Valence le 21 août dernier, intitulée «Pour un antiracisme populaire». Parmi les intervenants participaient en effet des figures de proue de la pensée dite «indigéniste» comme Maboula Soumahoro et le journaliste Taha Bouhafs. Les députés insoumis Éric Coquerel et Danielle Obono étaient également de la partie.

​Longtemps nié par les dirigeants de LFI, un rapprochement idéologique avec les décoloniaux est-il en train de s’opérer dans le parti? En bon «national-républicain», Jean-Luc Mélenchon avait dans un premier temps refusé toute fraternisation mais force est de constater un réel infléchissement de sa part ces derniers mois. Un changement de cap qu’avait d’ailleurs vigoureusement dénoncé l’ancien orateur national de LFI Djordje Kuzmanovic, qui a récemment accusé «Mélenchon et Quatennens d’avoir capitulé devant les indigénistes». Mieux, il affirmait que «la ligne républicaine a perdu à LFI» au profit des approches différentialistes.

Pourtant, le leader des Insoumis rejette toujours la notion de «privilège blanc» et reproche à ceux qui y ont recours de n’avoir «jamais vu un Blanc pauvre». Théorisé dans les universités américaines, le concept de «privilège blanc» s’est fait particulièrement remarquer en France lors des manifestations contre les violences policières, à la suite de la mort aux États-Unis de George Floyd.

«Nos idées progressent»

Pour Norman Ajari, théoricien des questions raciales et de la pensée postcoloniale, membre du Parti des indigènes de la République (PIR), les dirigeants de LFI n’assument pas encore clairement ce rapprochement doctrinal: «Jean-Luc Mélenchon et sa formation politique me semblent hésitants, ils soufflent le chaud et le froid», juge-t-il au micro de Sputnik. Mais l’intellectuel reconnaît toutefois une avancée:

«Le fait que leur porte s’ouvre est le signe que nos idées progressent et que nous devons continuer à faire tomber des digues: les résistances irrationnelles qui frappent l’esprit français quand on parle de racisme. La participation de Mélenchon à la marche contre l’islamophobie en novembre 2019 allait d’ailleurs dans ce sens.»

S’agissant d’éventuelles visées électorales qui présideraient à cette évolution, Norman Ajari relativise: «Nous sommes dans un contexte où même les calculs électoraux sont le signe d’une évolution authentique.» Et l’analyste, qui enseigne à l’université Villanova de Philadelphie, de soulever une analogie avec la situation du parti démocrate aux États-Unis:

«On l’a vu aux États-Unis avec Bernie Sanders qui, malgré l’avis de son staff et d’autres politiques proches de lui, a obstinément refusé d’articuler un véritable discours sur la justice raciale. Mélenchon a été dans le même cas lors des dernières présidentielles: c’est un refus militant d’admettre la permanence du racisme dans cette société, y compris en dépit de ses propres intérêts électoraux. On préfère perdre entre Blancs que gagner avec les Noirs. Donc même le fait de commencer à réfléchir rationnellement dans une perspective de stratégie électorale, c’est un progrès énorme.»

En ce qui concerne enfin une potentielle future alliance entre le PIR et LFI, Norman Ajari la juge impossible: «L’éventualité d’un partenariat avec le PIR est de la mauvaise science-fiction. C’est mal comprendre la fonction du PIR dans notre configuration politique. Ça a été un très puissant laboratoire des idées décoloniales. Il a généralement été en avance et plus radical que les autres décoloniaux. C’est pourquoi il a une réputation telle qu’aucun grand parti ne peut s’imaginer raisonnablement avoir quelque chose à gagner en s’alliant à…   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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