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mardi 25 août 2020

Crise migratoire dans la Manche : comment les villes se “ protègent ” des migrants

La ville de Calais se barricade derrière ses grillages haute sécurité. Devant la gare, les distributions de repas sont empêchées par la police. A Grande-Synthe, des bénévoles distribuent 3 000 litres d'eau par jour en moyenne. Récit d'un désengagement qui laisse les migrants dans le dénuem

Crise migratoire dans la Manche : comment les villes se “ protègent ” des migrants

Par : Tara Schlegel | franceculture.fr

La ville de Calais fait face à la crise migratoire depuis plus de vingt ans. En conséquence, elle s'est barricadée et protège ses installations portuaires et sa zone industrielle des Dunes de façon très impressionnante. La maire Les Républicains de Calais, Natacha Bouchart, qui entame son troisième mandat, assume cette politique et défend les intérêts de ses concitoyens. Elle regrette les "troubles à l'ordre public" que génèrent les migrants. Les associations, elles, se démènent. Utopia 56, l'une des associations hébergées par l'entrepôt de l'Auberge des migrants, organise depuis début mai une distribution quotidienne d'eau sur Grande-Synthe, la commune voisine. Plus de 3 000 litres d'eau chaque jour, en ce mois d'août parfois caniculaire ! Mais la visite de la ville commence d'abord par le port de Calais, que le journaliste calaisien Emmanuel Bouin ne reconnaît plus.

Les migrants sont revenus après le démantèlement de la "jungle"

L'épisode le plus marquant de ces années de crise migratoire fut certainement la constitution puis le démantèlement de la "jungle", que l'on avait aussi baptisé le "plus grand bidonville d'Europe". Autour de l'automne 2016, il y a eu probablement plus de 9 000 hommes, femmes, enfants dans ce campement totalement sous dimensionné, qui s'étendait sur moins de 4 000 mètres carrés.

Les autorités ont décidé le 24 octobre 2016 de procéder à l'évacuation de cette "jungle". Sur le moment, plus de 60 bus ont été affrétés, rien que le premier jour, pour conduire les migrants vers les 280 centres d'accueil et d'orientation qui devaient leur permettre d'examiner leur situation administrative. D'après l'OFFI (l'Office français de l'immigration et de l'intégration), 42% de ceux qui ont alors tenté des démarches avaient obtenu l'asile ou une forme de protection subsidiaire, selon un bilan tiré à l'automne 2017. Mais une fraction très importante de ces étrangers sans papiers ne souhaitaient pas rester en France ou ne pouvaient pas répondre aux critères très stricts qui encadrent le statut de réfugié. Beaucoup sont donc revenus clandestinement à Calais.

Aujourd'hui, un millier environ de migrants venus du Soudan, d’Érythrée, d'Irak, de Syrie, d'Afghanistan et de tant d'autres pays en souffrance errent dans les environs de Calais. C'est une estimation que les associations peuvent faire en raison du nombre de repas qu'elles sont amenées à distribuer aux migrants.

Du côté de la mairie, l'objectif principal est de restaurer l'image d'une ville "qui a beaucoup souffert", estime sa maire Natacha Bouchart, qui débute son troisième mandat. Calais et sa zone portuaire ont donc sensiblement renforcé leur sécurité. Pour empêcher les candidats à l'exil de s'embarquer à bord des ferries qui gagnent le port de Calais de pénétrer dans le tunnel sous la Manche au péril de leur vie ou de se faufiler clandestinement à l'arrière des camions qui rejoignent la Grande-Bretagne, plus de 50 kilomètres de grillage haute sécurité ont été érigés autour de la zone portuaire, comme ils l'avaient été à Coquelles autour des installations d'Eurotunnel. Ces grillages font jusqu'à 4 mètres de hauteur et sont souvent surmontés d'un double rouleau de fil de fer barbelé. L'Europe a partiellement financé ces travaux, Londres a aussi déboursé de fortes sommes - 22 millions d'euros en 2016 notamment.

Des grillages haute sécurité financés par la Grande-Bretagne

A Calais, après le démantèlement de la "jungle", il y a presque 4 ans, les migrants n'ont plus trouvé d'endroit fixe pour s'installer. Leurs campements de fortune ne cessent de se déplacer, au gré des opérations de police. Les forces de l'ordre les délogent dès que les autorités locales les jugent trop nombreux. Récemment, ils avaient trouvé refuge dans la zone industrielle des Dunes - leur nombre dépassait alors les 500 - et la police a procédé à une évacuation spectaculaire le vendredi 10 juillet dernier.

Avec sa veste de marin bleue foncé et son visage buriné, Emmanuel Bouin est un amoureux de Calais, sa ville natale. Journaliste indépendant, il a longtemps été correspondant pour RTL dans la région et travaille fréquemment pour France Bleu Nord. En voiture, nous sillonnons la zone portuaire et ses immenses grillages blancs. Tout a tellement changé que l'on dirait presque…   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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