Actu-politique : Macron-Le Pen, et si ce n’était pas eux ? - docjeanno.fr ® Revue de presse

Breaking

Haut Pub [google]


Les logiciels bloqueurs de pub tuent le Web et les sites indépendants !


mardi 8 septembre 2020

Actu-politique : Macron-Le Pen, et si ce n’était pas eux ?

L’un et l’autre semblent poussés par un courant irrésistible de dégagisme, mais l’histoire politique française est jalonnée de surprises électorales, rappelle notre chroniqueur et essayiste Guillaume Bigot.

Actu-politique : Macron-Le Pen, et si ce n’était pas eux ?

Par : Guillaume Bigot | valeursactuelles.com

Un sondage IFOP vient de révéler que les Français ne voulaient pas d’un second tour Macron-Le Pen. Si nous regardons les prévisions des seconds tours des sept dernières présidentielles depuis 1981, sur sept élections, à deux ans du scrutin, sondeurs et commentateurs se sont trompés cinq fois.

En 1981, Rocard devançait Mitterrand. En 1995, Balladur surclassait Chirac. En 2002, Jospin éclipsait Le Pen. En 2012, DSK explosait Hollande. En 2017, Hollande, Valls ou Fillon aurait dû se retrouver à la place de Macron. Moralité de l’histoire électorale, celle-ci demeure pleine de surprises.

Il n’en reste pas moins que les deux favoris de 2022 sont à la fois, l’un et l’autre, solidement campés sur leur base et qu’ils offrent l’archétype du combat qui oppose partout partisans et adversaires de la mondialisation. L’un et l’autre sont les incarnations pures et parfaites de ce que Jérôme Sainte-Marie appelle le bloc élitaire et le bloc populaire.

L’un et l’autre semblent également poussés par un courant irrésistible de dégagisme. Notre scène politique est d’ailleurs méconnaissable, c’est un champ de ruines pour les ex-partis de gouvernement, le mot a d’ailleurs disparu avec la chose.

En 1981, le PS et le RPR, proche de l’UDF représentaient 80 % de l’électorat. En 2002, le PS et l’UMP ne faisaient plus que 36%. En 2017, ces 36 % étaient devenus 26 %. En 2019, ils pèsent 14%. C’est cette volonté de sortir les sortants et de remplacer les têtes et les idées qui a permis l’élection imprévisible d’Emmanuel Macron. Cette dernière raison pourrait se révéler réversible. Et si les dégagistes étaient dégagés ?

Macron d’abord. Même le président sortant n’est pas certain d’accéder au second tour. Il n’a échappé à aucun observateur qu’avec la nomination de Jean Castex, Emmanuel Macron avait donné un coup de barre à droite. Le même temps, c’est en même temps du centre droit et du centre droit. La République en Marche s’est d’ailleurs fracturée.

Un électeur de Fillon, qui serait tombé dans le coma avant son retrait et qui se réveillerait aujourd’hui verrait Darmanin à Beauvau, Bachelot à la Culture et Le Maire à Bercy, se dirait que son candidat a gagné. 

Cette manœuvre rend certes peu probable l’émergence d’un challenger du côté de LR. Castex est l’ancien directeur de cabinet de Xavier Bertrand. Sarkozy est trop proche idéologiquement de Macron. Baroin renonce.

Macron s’est montré fin manœuvrier en opérant ce mouvement car il sait qu’en cas de second tour contre Le Pen, il pourra compter sur les voix des marcheurs égarés à gauche, bien sûr, des Verts et même des gauchistes culturels de LFI. Finalement, cet électorat est sociologiquement proche de celui du président sortant. Ce sont aussi des diplômés habitant les centres villes.

‏ •   LIRE AUSSI :

Sauf que la dynamique EELV, la possibilité d’une alliance des Verts avec LFI, qui inclurait l’aile gauche de LREM plus les débris du PS, pourrait priver le président sortant de second tour. Le bloc élitiste pourrait être d’autant plus tenté par le dégagisme des Verts, euro-compatible, qu’ils sont rebutés par le tournant sécuritaire déclamé par Darmanin.

Face à un candidat écolo, pro-Europe, pro-migrants et soupçonné de laxisme sur la sécurité, Marine Le Pen aurait alors toutes les chances de crever son plafond de verre.

Mais la patronne du RN n’est pas non plus assurée de franchir le premier tour. Certes, son parti est le premier de France. Mais elle présente un profil inversé par rapport à celui d’Emmanuel Macron qui révèle des failles.

Le président de la République n’a pas de machine électorale ancrée et huilée mais il présente bien. Marine Le Pen dispose d’un vrai parti et de militants et d’élus acquis à sa cause mais elle est peu avenante et son débat raté reste dans tous les esprits.

De plus, la seule force politique qui, jusqu’ici, a résisté au dégagisme qui aspire à renouveler les visages, les méthodes, les programmes mais qui remet aussi en cause la notion même de parti, c’est le RN. Sans doute car le RN est devenu le porte-voix du populisme. Peut-être car le RN est un mutant du FN avec lequel il a profondément rompu.

Pourtant, la vieille maison de Saint-Cloud n’est pas à l’abri des puissants mouvements de plaques tectoniques sociaux et politiques. Qui peut exclure que les défenseurs de la France des petits contre les gros, que cette figure qui fut celle de Bonaparte et de Gaulle trouve à s’incarner dans un autre patronyme, un autre visage, une autre dimension morale et intellectuelle que celle de l’héritière de la PME familiale Le Pen ?

Un monsieur ou une Madame X pourrait surgir et relever le drapeau en permettant à la France, à la suite des États-Unis et de la Grande-Bretagne, de sortir de la séquence libéral-libertaire et de rompre avec les aspects paralysants de la globalisation.

Il existe probablement une majorité encore plus forte qu’en 2005, au sein du corps électoral français, favorable à ce programme souverainiste comme on dit. Mais ce programme majoritaire n’ayant pas d’autre visage pour l’instant que celui de Marine Le Pen, la majorité des Français reste minoritaire.  …   LIRE L'ARTICLE COMPLET

Bas Pub