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mardi 22 septembre 2020

Bretagne : Les éoliennes de Saint-Brieuc (22), un danger pour l’environnement et la pêche

Le projet du parc éolien en baie de Saint-Brieuc, en Bretagne, porté par la société Ailes Marines, avance lentement mais sûrement. Malgré ses nombreux opposants et le danger que le parc représente pour les fonds marins, les premiers travaux ont déjà débuté.

Bretagne : Les éoliennes de Saint-Brieuc, un danger pour l’environnement et la pêche

Par : Célia Gruyère | valeursactuelles.com

Le projet du parc éolien en baie de Saint-Brieuc, en Bretagne, devrait entrer en service en 2023. La construction est prévue pour 2021, mais les premiers forages ont déjà commencé. Ce sont en tout 62 éoliennes géantes de 207 mètres de haut qui verront le jour à seulement 16 kilomètres du Cap Fréhel. Elles occuperont 75 km2. C’est Iberdrola, une société espagnole spécialisée dans la production, la distribution et la commercialisation d’électricité et de gaz naturel, qui a été choisie pour mener à bien le projet. Le directeur de la société, Jonathan Cole, se félicite par ailleurs « des milliers d’emplois durables » qui vont être créés. Il serait question de 2 000 postes au total.

Une fois terminé, le parc devrait produire une énergie renouvelable pour 835 000 consommateurs, soit environ 40% de la production en Bretagne. L’électricité produite par Ailes Marines sera vendue à 155 euros le MWh alors que le prix ordinaire tourne autour de 50 euros. C’est la plus chère de toute l’Europe ! Si Iberdrola prévoit un investissement de 2,4 milliards d’euros, la société perçoit aussi une aide d’Etat s’élevant à 4,7 milliards d’euros sur 20 ans. A cette somme, s’ajoutent 300 millions d’euros pour le raccordement électrique à terre pris en charge par le réseau de transport d’électricité (RTE) et 50 millions pour l’exonération de la taxe d’occupation de 103 km2 du domaine public maritime pendant 40 ans, sans compter les clauses d’indemnisation. De tous les projets éoliens français, celui de Saint-Brieuc est celui qui bénéficie de l’aide de l’Etat la plus élevée, pour une production moins importante. Il est deux fois plus coûteux que celui de Dunkerque, alors qu’il produit moins d’électricité (1,75 TWh pour Saint-Brieux contre 2,3 TWh pour Dunkerque).

Les éoliennes, un danger pour la baie

Si le projet se vante de pouvoir produire une certaine quantité d’énergie renouvelable, la contrepartie est colossale à bien des égards. Les associations sont vent debout face à ce parc éolien jugé dangereux pour la baie. Il faut savoir que pratiquement tout est protégé en baie de Saint-Brieuc. Tout est classé Natura 2000 en mer comme sur terre. Selon la présidente de l’association Gardez les Caps, Katherine Poujol, la première zone protégée se trouve à seulement 450 mètres du futur parc éolien. En outre, la baie abrite la plus grande réserve naturelle ornithologique de Bretagne. La biodiversité de ces eaux risque d’être affectée. À l’endroit prévu pour les constructions, se trouvent des failles riches en coraux. Même les colonies de dauphins sont menacées. La baie regroupe en effet la plus grande population de grands dauphins sédentarisés d’Europe (entre 450 et 500), sans compter les marsouins. Depuis les premiers forages d'exploration, des dauphins se sont échoués sur les plages du littoral. Les premiers carottages ont également fait fuir les homards. Dans certains endroits habituellement habités par ces crustacés, on en trouve plus un seul.

« Toute la richesse de la baie ce sont ces fonds marins. Et la richesse halieutique extrêmement diversifiée de ces fonds a permis une pêche abondante et prospère puisque ce sont principalement coquilles Saint-Jacques, homards et araignées, donc des espèces à forte valeur ajoutée », explique Katherine Poujol. D’autant plus que la baie de Saint-Brieuc est le plus grand gisement classé de coquilles Saint-Jacques européen en termes de densité. Tout un écosystème menacé notamment par les 193 forages à 70 mètres de profondeur dans le sol prévus pour fixer les trépieds des éoliennes. Et ce seront entre 206 et 250 décibels dans l’eau que provoqueront ces forages. « Ce qui veut dire que tous les organismes qui sont sensibles au bruit et qui n’ont pas de capacité de fuite vont dépérir », déplore la présidente de l’association. Il en va de même pour les mammifères marins qui seront affectés par de graves blessures auditives. Le promoteur a refusé l'installation d'un rideau de bulles pour protéger les animaux, prétextant des courants trop forts et une trop grande profondeur. 

Une promesse d’emploi très loin du compte

La société Iberdrola s’était félicitée de produire 2 000 emplois durables grâce à la construction de ce parc éolien. En réalité, on est très loin du compte. Il était question de 2 000 emplois dans le Grand Ouest, dont 1 000 en Bretagne. « Il devait y avoir deux usines de construction à Brest. Aujourd’hui, il n’y en aura pas deux, mais une seule usine. Et ce sera une usine de montage, ce qui n’a rien à voir », dénonce Katherine Poujol. Résultat : il ne reste plus que 250 emplois... sous-qualifiés. Et pour la base de maintenance, au lieu des 150 emplois annoncés, seuls 40 seront créés pour gérer 100 éoliennes, qui n'en nécessitent en réalité que 25.  « Ce sont des emplois hyper techniques donc les emplois locaux ça va être difficile. Il sera sûrement question d’Hollandais, d’Allemands ou d’Anglais, mais pas de Français », renchérit Katherine Poujol, présidente de l'association.

En plus du peu d’emplois créés, la destruction de la diversité et de la richesse marine condamnera dans un premier temps l’activité de la pêche. La zone en sera interdite et les pêcheurs devront aller plus loin. Ce qui signifie une plus grande consommation de gazole et une perte de temps pour ceux qui pourront continuer. On ne compte pas moins de 800 marins et 2 500 emplois sur terre. Le projet aura donc un impact énorme sur tous ces emplois qui risquent de faiblir voire de disparaître pour certains. D’autant que les zones autorisées seront quand même touchées par la construction. La bonne qualité de l'eau et la gestion durable de la ressources a permis à la pêche de prospérer pendant 40 ans. En plus de la richesse des fonds marins, qui seront envahis par 160 kg d’aluminium largués par jour dans la baie de Saint-Brieuc selon les estimations du promoteur, le projet causera d'irrémédiables dégâts sur l'activité locale. Une catastrophe pour l'homme et son environnement…   LIRE L'ARTICLE COMPLET

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