Islamisme dans les services publics, le livre choc - docjeanno.fr ® revue de presse - actualité en continu

Breaking

Haut Pub [google]

Pub haut

jeudi 10 septembre 2020

Islamisme dans les services publics, le livre choc

Le parlementaire Les Républicains, Éric Diard, et Henri Vernet, rédacteur en chef adjoint au Parisien, dressent dans un livre un état des lieux inquiétant de la radicalisation dans les services publics. Des mesures s’imposent, mais des responsables publics refusent de traiter le problème.

Islamisme dans les services publics, le livre choc

Par : Alexandre Bertolini | valeursactuelles.com

Alors que le gouvernement prépare une loi contre “le séparatisme” pour cet automne, en juin 2019, Éric Diard, député Les Républicains, publiait un rapport sur la radicalisation dans les services publics avec un député de la République en Marche, Éric Poulliat. Mais Éric Diard n’avait pas tout dit sur ce qu’il avait vu et entendu. Depuis l’élu n’a pas cessé d’enquêter, avec Henri Vernet, rédacteur en chef adjoint au Parisien. Le 26 août ils ont publié le livre Radicalisation au coeur des services publics pour montrer les résultats de leur travail. « Un rapport c’est quelque chose de clinique, je souhaitais aller plus loin et ajouter des intervenants spécialisés », nous explique le membre des Républicains. 

L’hydre islamiste s’implante partout dans le service public

L’investigation donne des exemples édifiants du phénomène de la radicalisation au coeur de l’État. Sports, transports, police, universités, milieu hospitalier, les deux auteurs démontrent que l’islamisme s’implante partout, en s’appuyant sur des témoignages de terrains comme celui de Patrick Pelloux, médecin urgentiste et ancien contributeur du journal satirique Charlie Hebdo. Par ce dernier on apprend des éléments inquiétants sur le niveau de prosélytisme et d’intégrisme musulman dans les hôpitaux français et chez les étudiants du milieu hospitalier. L’urgentiste affirme avoir vu des étudiantes « en tchador, ou en burqa » dans un cour d’échographie. Et les auteurs rappellent que le mentor des frères Kouachi, les assaillants de Charlie Hebdo, Farid Benyettou était en formation d’infirmier à la Pitié Salpêtrière au moment de l'attentat. Dans les prisons, gangrenées par les détenus radicalisés, le syndicat UFAF-UNSA Justice, cité dans le livre, avance qu’une trentaine d’agents de l’Etat sont signalés pour radicalisation, dont certains feraient l’objet d’une fiche S. Cas symptomatique, un gardien de la prison de Fleury-Mérogis a été pris en train de faire la prière avec un détenu dans sa cellule. 

 Ce qui nous a surpris c’est le sport, avec une radicalisation importante dans les sports de combat notamment, comme la MMA et la lutte.

Réalité plus méconnue, le milieu sportif est le premier lieu potentiel de radicalisation djihadiste selon le site gouvernemental Stop-Djihadisme. « Ce qui nous a surpris c’est le sport, avec une radicalisation importante dans les sports de combat notamment, comme la MMA et la lutte », affirme Éric Diard.  On apprend qu’une salle de sports de combat dans une ville de Seine Saint-Denis sert de lieu d’entrainement à un groupe proche de la mouvance radicale islamiste Forsane Alizza, sous la houlette d’un éducateur, fiché et suivi par la police. Encore plus consternant, un lutteur d’origine tchétchène a participé en 2015 à la finale de championnat de France de lutte alors que la DGSI le suspectait d’être lié à des filières de recrutement djihadistes.

Le régalien n’est pas épargné, avec des conséquences parfois dramatiques, comme l’attaque aux couteaux de Michaël Harpon, agent administratif affecté aux renseignements parisiens, à la préfecture de Paris en juin 2019. On apprend que dans l’armée, des musulmans de l’équipage Charles-de-Gaulle avaient demandé à faire un pèlerinage à la Mecque à l’occasion d’une escale en Arabie Saoudite. Ou qu’un soldat en mission Sentinelle a été sanctionné pour avoir refusé de patrouiller devant une synagogue. Chez les pompiers, des soldats du feu refusent de serrer les mains de leurs collègues féminines et rechignent à partir en équipage mixte. Des gradés ont même parlé à Éric Diard de pompiers qui ne veulent pas toucher du sang.

Problèmes de circulations des informations et laxisme de certains responsables publics

Face à ses situations dans les services publics, tout les cas de radicalisation ne sont pas toujours bien sanctionnés. En 2019 sur CNews, Éric Diard affirmait qu’il existait « un vide juridique pour les radicalisés dans les services publics ». Quelque temps après, Michaël Harpon poignarde à mort quatre de ses collègues. Ce qui aurait pu être évité. Le fonctionnaire avait déjà montré des signes de radicalité. Mais il n’a pas été suspendu alors que la loi SILT promulguée en 2017 prévoyait la mise en place d’une commission afin de passer au crible les fichiers de renseignements de tous les agents de police et de gendarmerie déjà en place… Las, la commission n’a été installée qu’en octobre 2019, au lendemain de l’attentat. Un défaut dans la circulation d’informations qui ne touchent pas que la police. Denis Masseglia, président du Comité national olympique, ignorait qu’une vingtaine de sportifs de haut niveau avaient été repérés par l’unité de coordination de la lutte antiterroriste et fichés S. C’est Éric Diard qui lui a appris l'état des lieux dans le cadre de l’enquête. Et pour cause, les services de renseignements ne sont pas tenus d’informer les sportifs. Le secteur médical apparait lui aussi désarmer pout lutter contre la radicalisation à cause de la quasi-absence de formation et du culte du secret médical. 

Pour elle le monde du sport c’est comme une pub McDo, vous y venez comme vous êtes.

Sans détour, Éric Diard a confronté les responsables publics aux informations alarmantes sur leur secteur. Mais certains refusent de prendre la mesure du problème, et même de rencontrer le député comme la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal. Roxana Maracineanu, ministre des Sports, a elle été contrainte par Édouard Philippe, alors Premier ministre, de répondre aux questions des enquêteurs. Le député nous la décrit comme « une femme de gauche », « qui a prôné l'autorisation du burkini dans les piscines au conseil régional d’Île-de-France ». Interrogée dans le livre, elle affirme que le communautarisme « fait partie de l’histoire du sport, a toujours existé […] les premières équipes de foot étaient celles de Portugais, d’Espagnols » et explique que le prosélytisme religieux n’est pas interdit… Éric Diard, reprenant l’expression d’une élue francilienne citée dans l’enquête, décrit l’idéologie de l’ancienne championne : « Pour elle le monde du sport c’est comme une pub McDo, vous y venez comme vous êtes ».

Des mesures insuffisantes pour repérer et exclure les radicalisés des services publics

Depuis la parution du rapport, qui contenait 35 propositions pour améliorer la réponse à la radicalisation, des institutions organisent la riposte et le contrôle des services publics s’est amélioré, notamment dans le milieu pénitentiaire. Il y a désormais une formation à la prévention de la radicalisation dans l’école nationale d'administration pénitentiaire, et un service de police vérifie que les nouveaux surveillants pénitentiaires ne sont pas identifiés par les services de renseignements comme de potentiels radicalisés. Permettant d’écarter une quinzaine de surveillants pour radicalisation.

Dans la maintenance de la RATP et des aéroports il n’y a toujours pas de ciblage.

Mais tout n’est pas réglé. Dans le domaine du sport, alors que certaines associations sportives subventionnées par l’État sont des lieux de radicalisations, Éric Diard souhaite « que les préfets puissent donner un agrément aux associations, afin de contrôler si l’association est radicalisée ». Car depuis 2015 , « quand une association sportive s’associe avec une fédération, cela vaut agrément », s’agace le député LR.  Sa proposition n’a pas abouti. Pas mieux dans les transports : « Dans la maintenance de la RATP et des aéroports il n’y a toujours pas de ciblage (enquête sur la personnalité d'un agent après un signalement pour comportement suspect). Il n’y a pas de contrôles sur les sous-traitants et les intérimaires », constate Éric Diard. Une situation dangereuse tant le rapport de juin 2019 montrait l’ampleur de la radicalisation à la RATP. 

En attendant, Emmanuel Macron et son gouvernement multiplient les déclarations d’intentions depuis le début de l’année dans la lutte contre le « séparatisme », Éric Diard analyse l’action du pouvoir : «  J’entends les premières mesures qui sont des mesurettes comme la fin du certificat de virginité. Maintenant, soit Emmanuel Macron s'empare vraiment du dossier et impose à ceux qui travaillent dans les services publics de prêter serment pour respecter les valeurs républicaines par exemple, pour faciliter les révocations avec les délits de parjures en cas de non-respect du serment, ou alors il ménage sa gauche. Mais le en même temps n’est pas possible en matière de radicalisation. » Avant de conclure : « Ce qu’il faut, c’est qu’aucune personne radicalisée ne travaille dans les services publics. » Une exigence qui relève pour l'heure de la gageure.  …   LIRE L'ARTICLE COMPLET

Bas Pub