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lundi 28 septembre 2020

Moi, moi et moi : la génération “j'ai le droit” impose ses règles à l'école

Ces derniers jours, un mouvement de jeunes adolescentes portées par les vents du féminisme a émergé sur la toile. Crop-top en étendard, ces dernières dénoncent les règlements intérieurs des établissements qu'elles jugent sexistes et revendiquent le “droit” de se vêtir librement, en tout temps, en tout lieu.

Moi, moi et moi : la génération “j'ai le droit” impose ses règles à l'école

Par : Victor-Isaac Anne | valeursactuelles.com

« Venez comme vous êtes ». Cette signature d’une célèbre enseigne de restauration rapide contagionne désormais les établissements scolaires. Il y a quelques jours, un mouvement néo-féministe a essaimé sur les réseaux sociaux, appelant les lycéennes à se vêtir à leur convenance pour se rendre à l’école. #14septembre, #liberationdu14, #balancetonbahut, plusieurs mots-dièses ont fleuri sur la toile afin de dénoncer les règlements intérieurs des établissements jugés sexistes et normatifs. Or, ce qui aurait pu n’être qu’un friselis de rébellion adolescente – il faut bien que jeunesse se passe – a dégénéré en affaire d’État. 

Un hold-up idéologique

Par une pirouette dont les progressistes ont le secret, la question du contrôle des tenues vestimentaires en milieu scolaire, vestige d’une certaine politesse des mœurs, s’est cristallisée autour de l’hypersexualisation des jeunes filles. Feignant d’ignorer que l’exigence d'une « tenue correcte » concerne également les garçons, une cohorte de chercheurs, militants, et relais idéologiques complaisants se sont empressés de fustiger ces normes patriarcales et stigmatisantes. 

Camille Lavoipierre, étudiante à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), explique ainsi dans les colonnes de Libération que « derrière la règle floue de la tenue correcte ou normale se cachent toutes sortes de discriminations à partir de critères de genre, d’âge, de sexualité, de classe, de “race”, de religion ». Pour l’Union nationale lycéenne (UNL), l’interdiction du crop-top, ce vêtement de la discorde qui dévoile le nombril, « participe à légitimer la culture du viol selon laquelle “la victime serait responsable” ». On pourrait encore citer Gabrielle Richard, sociologue du genre à l’Université Paris-Est Créteil, auteur d’Hétéro l’école ? Plaidoyer pour une éducation anti-oppressive à la sexualité, pour qui ces observances vestimentaires « permettent d’asseoir la domination masculine »

Devant l’ampleur de la mobilisation, ou à tout le moins, celle que lui ont donné certains médias, le ministre de l’Éducation nationale a été sommé de se positionner. Interrogé lundi 14 septembre en marge d’un déplacement, Jean-Michel Blanquer a suggéré « une position d’équilibre et de bon sens ». Le 21 septembre, au micro de RTL, le ministre est revenu sur cette question, rappelant que l’on ne se présente pas à l’école « comme à la plage ou en boîte de nuit ». Et d’ajouter : « Chacun peut comprendre qu’on vient habiller à l’école de façon républicaine. » Une formule qui a suscité une cascade de gausseries parmi ses détracteurs. D’aucuns faisant mine de ne pas comprendre le sens du propos de Jean Michel Blanquer, préférant le brocarder en invitant les élèves à se rendre à l’école coiffés d’un bonnet Phrygien. 

Génération “J’ai le droit”

Pour Alain Avello, Professeur de philosophie et président du Collectif Racine, la revendication féministe selon laquelle de jeunes femmes ont le droit de s’apprêter comme elles le souhaitent sans être sexualisées ni soupçonnées de licence, « est totalement hors sujet ». Selon lui, cette polémique est surtout le signe d’un affaissement des normes communes : « Il y a une incompréhension parmi la population de certaines règles implicites qui vont de soi. On ne perçoit plus l’école comme un sanctuaire, un espace particulier et symbolique ». Pour cette jeune génération, la question de la liberté ne saurait se résoudre qu’en terme de droit ou de morale. De ce point de vue, chacun est propriétaire absolu de lui-même et n’a pas à être entravé dans l’expression de son identité. Ce que l’écrivain Georges Orwell nommait la « décence commune », ces choses dont on pressent confusément “qu’elles ne se font pas”, disparaît ainsi dans les eaux glacées du calcul égoïste. 

La tenue vestimentaire relève non de la loi mais de la civilité, c’est-à-dire du savoir-vivre ou mieux de la politesse

Dès lors, comment expliquer à de jeunes gens qui pensent avoir préséance sur la communauté, qu’en certaines circonstances et en certains lieux, la sobriété est de mise ? Auteur de La désinstruction nationale, le Professeur de philosophie René Chiche puise dans la pensée de Descartes pour y répondre : « Dans sa “morale par provision” (Discours de la méthode, troisième partie), Descartes se donne pour première règle d’obéir aux lois et d’adopter les mœurs et coutumes du pays où il se trouve, non parce qu’elles sont bonnes, mais parce qu’elles sont celles du pays où il se trouve justement. J’enseigne dans un établissement de bord de mer dans le sud de la France et je dois avouer que, presque huit mois sur douze, les jeunes gens sont en tenue légère, ce qui ne dérange ni n’excite personne ici. Mais la même chose passerait pour de l’exhibition sous une autre latitude ; on en revient à Descartes.» 

René Chiche explique en outre qu’adopter une tenue idoine n’est pas un signe de sujétion, « ce qui serait puéril », mais un principe de limitation qui sauvegarde la vie commune : « La tenue vestimentaire relève non de la loi mais de la civilité, c’est-à-dire du savoir-vivre ou mieux de la politesse au sens propre. Elle est vue par…   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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