Paris : Migrants hébergés “ nourris et logé ” dans un hôtel Ibis près du parc de la Villette - docjeanno.fr ® Revue de presse

Breaking

Haut Pub [google]


Les logiciels bloqueurs de pub tuent le Web et les sites indépendants !


vendredi 11 septembre 2020

Paris : Migrants hébergés “ nourris et logé ” dans un hôtel Ibis près du parc de la Villette

Près du parc de la Villette, à Paris, un centre d'hébergement d'urgence installé dans un hôtel Ibis accueille 330 personnes, majoritairement des migrants. Bien que reconnaissants d'être nourris et logé...

Paris : Migrants hébergés dans un hôtel Ibis près du parc de la Villette

Par : Ch. Oberti | infomigrants.net

Dans le nord de Paris, un imposant hôtel Ibis, situé à proximité du parc de la Villette, du canal de l'Ourcq et de bars branchés, a été transformé en centre d'hébergement d'urgence cet été. Ouverts le 5 août, les lieux, hauts de huit étages, accueillent 330 personnes, dont 182 migrants. "203 hommes isolés, 51 femmes seules, 13 familles…" énumère, jeudi 10 septembre, Tania Ntamabiki, coordinatrice de l'association Coallia, en charge de la gestion.

Ces personnes ont été soit redirigées par le 115, soit amenées ici après le démantèlement de leur camp, soit transférées depuis l'hôtel CIS Kellermann, ancien hébergement du 13e arrondissement parisien qui a fermé ses portes le 15 août. Dernières arrivées en date : 69 migrants, pour la plupart somaliens, ont été pris en charge après avoir été évacués par les forces de l'ordre de la place de l'Hôtel de Ville, où ils avaient installé un campement le 31 août.

Fruit d'un accord entre la chaîne hôtelière et la préfecture d'Ile-de-France, le centre dispose du confort d'un établissement de tourisme standard, d'un réfectoire dans lequel sont servis trois repas gratuits par jour ainsi que d'un service de nettoyage du linge de lit toutes les semaines. "Quand je suis arrivée ici, j'étais contente. On dort bien, on mange bien, on lave bien", dit Mariama Diawara, mère de trois enfants venue de Guinée Conakry, soulagée d'avoir du soutien médical et administratif pour sa famille.

Ce n'est pas un hôtel ici

Pourtant, malgré les apparences et l'enseigne rouge du groupe Accor qui trône sur la façade, un travailleur social précise que "ce n'est pas un hôtel ici". "On essaie de remettre les personnes sur les rails", dit-il. "L'idée c'est que les hébergés aient un cadre et qu'ils avancent dans leurs démarches pendant qu'ils sont là", ajoute sa collègue. À savoir, la régularisation de leur situation et la recherche d'un lieu de vie plus pérenne.

En termes de cadre, les entrées et sorties sont contrôlées : pas de sortie après 20h, pas d'entrée après minuit. Découcher pendant plus de 48 heures est par ailleurs interdit, sous peine de perdre sa place. "S'ils sortent toute la nuit et dorment la journée, on ne les voit pas", justifie-t-on.

Vivre obligatoirement à deux par chambre fait aussi partie des conditions. "On ne fait d'exception pour personne", assure Tania Ntamabiki, qui explique que cette organisation a également pour but de forcer les résidents à aller les uns vers les autres et d'éviter le communautarisme. "Il y a des demandes qui reviennent régulièrement : 'Je ne veux pas être dans la chambre avec un arabe parce que ce sont des voleurs', 'Je ne veux pas être avec un noir parce qu'ils sont sales', 'Je ne veux pas d'Afghan', 'Je veux être avec un musulman'. On refuse systématiquement : cela fait partie de l'apprentissage et de l'insertion sociale. Et, au final, ça se passe très bien."

Ta dignité, elle est à terre

Cette organisation stricte en laisse certains perplexes. À 37 ans, Zizka*, grand gaillard arrivé du Gabon en 2015, ne veut pas passer pour quelqu'un qui "fait la fine bouche". Il a déjà été hébergé dans des centres de moins bon "standing" avant. "Bon, on ne va pas se plaindre, j'ai conscience qu'on est peut-être privilégiés, on n'est pas à la rue. On ne va pas se mentir, on a de la chance", commence-t-il, planté au milieu d'une petite chambre avec deux lits une place, une télé branchée sur BFM et une salle de bain. "Mais ce n'est pas forcément facile de se lever et d'avoir quelqu'un qui te dit quand et quoi manger, c'est gênant. Je préfère gagner ma nourriture moi-même. Ça te touche un peu. Ta dignité, elle est à terre."

Zizka a perdu son travail dans la manutention en novembre dernier et n'a plus pu payer l'appartement qu'il sous-louait. En situation irrégulière, il essaie d'obtenir un titre de séjour mais ce dernier est conditionné par l'envoi de fiches de …   LIRE L'ARTICLE COMPLET

Bas Pub