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lundi 19 octobre 2020

À propos d'une libération d'otage : “la France n'a eu aucun rôle dans la libération de Mme Pétronin, devenu musulmane”

La manière dont a été obtenue la libération de Sophie Pétronin, “dernier otage français au monde”, prouve que la France est exclue du jeu politique malien depuis le coup d'État militaire du 18 août dernier.

À propos d'une libération d'otage :  “la France n'a eu aucun rôle dans la libération de Mme Pétronin, devenu musulmane”

Par : Jacques Hogard | valeursactuelles.com

La libération le 8 octobre et l'arrivée le lendemain en France du “dernier otage français au monde”, Sophie Pétronin, humanitaire de 75 ans, enlevée à Gao dans le nord du Mali la veille de Noël 2016, suscitent une certaine émotion.

Il y a de quoi. Cette libération, dont on pouvait légitimement se réjouir, tourne en réalité au fiasco médiatique et politique le plus total pour le gouvernement français.

Tout d'abord, la France n'a eu aucun rôle dans la libération de Mme Pétronin. Cette opération a été menée dans le plus grand secret par entente directe entre les militaires qui ont renversé en août le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et les deux chefs djihadistes maliens, le Peul Amadou Koufa et le Touareg Iyad Ag Ghali, avec lesquels le gouvernement de la “transition” a choisi d'engager le dialogue pour trouver une solution de paix durable au Mali.

Il n'y aura en effet jamais de paix au Mali tant qu'une part substantielle d'autonomie et de pouvoir n'aura pas été consentie aux populations du Nord.

Sans revenir sur la libération obtenue en contrepartie de ces fameux 200 “djihadistes” (sur lesquels il y aurait beaucoup à dire car on y trouve en réalité de tout), cet accord résulte bien sûr de la volonté des militaires maliens, mais aussi du souhait des deux chefs djihadistes concernés de s'affranchir de l'ambition de l'EIGS (État islamique au grand Sahara) qui est de les soumettre. En résumé, l'ethno-islamisme qu'incarnent Amadou Koufa et Iyad Ag Ghali ne peut s'amalgamer à l'impérialisme de Dae'ch !

Sophie Pétronin n'est que l'arbre qui cache la forêt. Elle fait partie d'un groupe de quatre otages, dont, d'abord, Soumaïla Cissé, figure emblématique de l'opposition d'hier au président IBK.

Dans un monde où l'émotionnel l'emporte sur le pragmatisme, où la “com” l'emporte sur le réel, le refus de Sophie Pétronin de qualifier ses ravisseurs de djihadistes et sa conversion à l'islam assumée sur un ton paisible ont plongé le président Macron et son gouvernement dans un grand embarras. Au lieu du “coup de pub” que devait être l'accueil à Villacoublay par le président et son ministre des Affaires étrangères, cette opération médiatique a tourné au fiasco le plus total.

En réalité, elle souligne que la France est exclue du jeu politique malien depuis le coup d'État militaire du 18 août dernier. La France s'est en effet jusqu'au bout accrochée à la mauvaise idée de soutenir le régime corrompu d'IBK, au motif qu'il fallait maintenir « la stabilité et la démocratie ». Ce faisant, elle ne s'est évidemment pas attiré la confiance de ces militaires, dont il était pourtant évident depuis des mois qu'ils finiraient par agir face à l'incurie du président malien. Comme en 2013 lors de l'opération Serval, la France vient de manquer une occasion historique : celle d' apporter son soutien à une solution politique à la crise par une indispensable réforme en profondeur de l'organisation politique et administrative du pays. C'eût été pourtant une magnifique manière de rendre définitivement fécond le travail exemplaire fait par l'armée française depuis sept ans.

La politique étrangère de la France perd encore une fois un pan d'une crédibilité déjà largement entamée en Afrique.

* Jacques Hogard est colonel (er) et président de la société d'intelligence stratégique EPEE. […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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