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samedi 10 octobre 2020

Bordeaux en proie à un ensauvagement massif

Attractive pour les bobos, la cité girondine l'est aussi pour les mineurs isolés, qui en ont fait leur nouvelle capitale. Cambriolages, attaques au couteau, rixes… Une minorité de ces “enfants des rues” y sème la terreur depuis plusieurs mois.

Bordeaux en proie à un ensauvagement massif

Par : Quentin Hoster | valeursactuelles.com

«On n'a quasi plus que ça maintenant. Nous n'avons plus de temps à consacrer aux affaires courantes». Aux prises avec de jeunes délinquants toujours plus violents et plus nombreux, ces fonctionnaires sont “rincés”. Il y a quelques mois, face à un cambrioleur voyant son butin menacé, l'un d'eux a été frappé avec une lame de boucher, heureusement stoppée par son gilet pare-balles. Avec pas moins de 38 attaques au couteau depuis juin dernier, selon nos estimations, la capitale du cannelé serait-elle en train de devenir aussi celle de l'arme blanche ? « Tournevis, dagues à courrier, Opinel, machettes, il y a de tout. » La nouvelle panoplie des criminels décomplexés s'est dévoilée avec fracas cet été, dans une ville jadis réputée bourgeoise et apaisée. Depuis environ deux ans, les mineurs isolés, en provenance du Maghreb, auparavant en partance vers Paris ou les capitales scandinaves, n'y transitent plus seulement, ils s'y installent. Quelle aubaine : afflux touristique inédit, arrivées massives de cadres parisiens à seulement deux heures de Paris grâce au TGV, gentrification galopante, politique d'accueil généreuse et faillible… Un cocktail explosif qui se traduit par l'augmentation spectaculaire de l'insécurité, qui n'est ici pas qu'un sentiment : hausse de 30 % de la délinquance générale, de 200 % des viols et des agressions sexuelles entre 2012 et 2019. Selon l'Institut Montaigne, qui a relevé 312,7 incivilités pour 10 000 habitants, la situation serait encore plus alarmante qu'à Marseille, où l'indicateur plafonne à 242,1 incivilités pour 10 000 habitants. Plus éloquents encore sont les chiffres publiés par la préfecture pour le premier trimestre 2020 : 44 % des faits de délinquance observés seraient imputables aux désormais fameux MNA, ou mineurs non accompagnés, contre 8 % en 2017. Depuis cette même année, les défèrements de ces mineurs devant la justice auraient bondi de 406 %, d'après l'ex-procureur de la République Marie-Madeleine Alliot, qui faisait état, en juin, de huit à dix gardes à vue par jour.

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Le sujet, flagrant pour les Bordelais, est beaucoup plus sensible pour la nouvelle majorité écologiste de la mairie, craignant la stigmatisation de ceux qu'elle préfère appeler « mineurs mal accompagnés », ou « mijeurs », leur âge n'étant pas toujours vérifié. Exeunt les dénominations artistiques et euphémismes couards : ceux-ci seraient actuellement 1 349 à être pris en charge par le département de la Gironde. De sources concordantes, “seulement” 200 à 250 de ces jeunes, essentiellement marocains ou algériens, échappant aux radars de l'État-providence, seraient donc en errance totale dans les rues et squats de la ville, à représenter un danger pour la population et pour eux-mêmes.

Autonomes ou exploités par des réseaux de traite humaine, ces jeunes étrangers sont à l'origine de la flambée d'agressions observée depuis plusieurs mois à Bordeaux, singulièrement depuis le déconfinement. Parmi eux, « on a déjà vu des gosses de 10 ou 12 ans » se désole même un policier. Vivotant de larcins comme “loyers”, pour loger de squat en squat, drogués aux médicaments, livrés aux conflits territoriaux pour la maîtrise du trafic, ils attaquent sans distinction passants et rivaux, d'où l'escalade de l'armement…

L'insécurité grandissante touche tout le monde 

Arrivé lui aussi d'un pays africain à Bordeaux, Matthieu est journaliste. Un soir de juillet, alors qu'il rentrait chez lui, chargé de matériel de travail, une bande de jeunes Maghrébins lui fond dessus. L'attaque de la diligence revisitée. Un des agresseurs l'immobilise, les deux pieds au-dessus du sol, tandis que ses complices le détroussent et qu'un autre s'approche dangereusement. « Je ne peux pas être formel, mais je pense avoir évité un tabassage en règle ou un coup de couteau, parce que je n'ai pas montré de signe de résistance, ou que j'avais peut-être, comme eux, un teint basané. » Chanceux dans son malheur, ici devenu banal, Matthieu n'a ce soir-là pas côtoyé le couteau, qui défraie alors la chronique dans la ville. Pour extorquer un passant ou le poignarder, menacer un chauffeur VTC ou le voler, séquestrer un fêtard ou le balafrer, l'arme a fait jusqu'à un blessé par jour durant le mois de juillet. Les biens chapardés, souvent des smartphones, s'écoulent alors sur le marché Saint-Michel puis sont envoyés au “bled”, où ils sont géolocalisés, nous renseigne une source bien informée. Avec la pratique, les modes opératoires s'affinent. Faux rendez-vous sur des sites de rencontres, incursion dans le compartiment à bagages des TGV en escale à la gare Saint-Jean… Certains, moins subtils, n'hésitent pas à attendre les policiers avec une réserve d'ammoniaque à leur projeter à la figure. Derrière ces attaques, impressionnantes et médiatiques, il est pourtant un autre fléau, plus silencieux, plus récent, mais beaucoup plus massif, qui frappe les Bordelais avec une vigueur redoublée. Selon nos informations, entre quinze et vingt domiciles seraient cambriolés, chaque jour, sur la commune, par des mineurs isolés. En 2019, ils étaient déjà 20 % plus fréquents que l'année précédente. Soucieuse de la “bonne tenue” de sa circonscription, l'administration policière n'hésiterait pourtant pas à requalifier les “vols avec effraction” en “dégradations de domicile” lorsque les cambrioleurs repartent bredouilles…

La situation est si préoccupante que le parquet, que d'aucuns jugent complaisant envers ces jeunes, souvent multirécidivistes, s'est récemment doté d'un pôle MNA, assorti d'une trentaine d'avocats spécialisés dans la défense de leurs droits. Au commissariat, le commandant Ronan Illien a inauguré une cellule d'enquête dédiée, avec ses “profileurs” calibrés pour Netflix. On aurait préféré que tout cela ne soit qu'une série…   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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