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mardi 13 octobre 2020

«Le Frexit pourrait l’emporter» : 60% des Français désormais favorables au protectionnisme

Une majorité de Français se déclare favorable au protectionnisme, selon un sondage OpinionWay pour le Printemps de l'économie et l'Inseec U. Un chiffre en forte augmentation depuis la crise du Covid-19. Pour Charles-Henri Gallois, président de Génération Frexit, il s’agit d’une tendance de fond qui pourrait mener à un référendum sur le Frexit.

«Le Frexit pourrait l’emporter»: 60% des Français désormais favorables au protectionnisme

Par : Fabien Buzzanca | fr.sputniknews.com

Ils étaient déjà majoritaires, ils sont encore plus nombreux. Selon deux vagues d’un sondage OpinionWay pour le Printemps de l'économie et l'Inseec U, la part de Français favorables au protectionnisme est passée de 51% en mars à désormais 60%.

«C’est une tendance de fond. Ce sondage confirme le désir de protection des Français qui ressortait déjà du baromètre annuel "Fractures françaises". Ils sont de plus en plus favorables au protectionnisme et leur sentiment s’est vu renforcé par la crise du Covid-19», se félicite au micro de Sputnik Charles-Henri Gallois, président de Génération Frexit et ex-cadre de l’UPR.

Ce dernier fait référence à la 8e vague du baromètre annuel «Fractures françaises» réalisée par Ipsos/Sopra Steria pour Le Monde, le Cevipof, La Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne, et publiée en septembre dernier. L’enquête montre que 60% des Français interrogés considèrent la mondialisation comme «une menace pour la France» et que 65% estiment que «la France doit se protéger davantage du monde d’aujourd’hui», un niveau jamais observé depuis la création de ce baromètre.

Charles-Henri Gallois est persuadé que la crise du Covid-19 a mis en exergue que «la souveraineté n’est pas un concept fumeux mais se constate au quotidien»:

«En cas de crise majeure, un pays va en priorité tenter de protéger sa population et l’approvisionner en premier au détriment des autres. Et c’est normal. C’est bien pour cette raison qu’au début de l’épidémie, la France s’est retrouvée en pénurie de masques et autres respirateurs dans les hôpitaux.»

L’ex-cadre de l’UPR fait notamment référence à ce qui a été pointé par de nombreux observateurs comme un manque de solidarité européenne au début de la crise du Covid-19. En mars dernier, devant la propagation du virus, l’Allemagne avait interdit l’exportation de matériel médical de protection.

«Quand vous comptez sur la Chine pour importer des produits qui s’avèrent de première nécessité en cas de crise, vous vous retrouvez dans une situation compliquée. Cette volonté de sous-traiter à l’autre bout du monde, en plus de causer des problèmes économiques, une désindustrialisation massive et du chômage, pose un problème d’autonomie.»

Si le désir de protection des Français s’accroît, selon le sondage OpinionWay pour le Printemps de l'économie et l'Inseec U, c’est précisément l’inverse concernant les partisans du libre-échange qui passent de 46% à 35%.

Les jeunes moins friands d’un monde ouvert?

Pas étonnant pour Charles-Henri Gallois, auteur de «Les Illusions économiques de l'UE», aux éditions Fauves:

«Les arguments en faveur du libre-échange tentent de faire passer le protectionnisme pour un projet d’isolement type nord-coréen. C’est totalement faux. La France faisait du protectionnisme intelligent durant les Trente glorieuses. Les échanges commerciaux se faisaient dans un cadre loyal qui limitait la concurrence faussée, au contraire de ce qui se passe avec le libre-échange.»

Le sondage montre également que le vent est en train de tourner concernant les 18-24 ans, «connus traditionnellement pour être en faveur de l'ouverture au monde», comme le souligne dans La Tribune Pierre-Pascal Boulanger, président-fondateur du Printemps de l'économie. Ces derniers ne sont désormais plus que 49% à être partisans du libre-échange contre 60% en mars dernier. «Les écarts se resserrent nettement puisque désormais 44% des très jeunes sont en faveur du protectionnisme contre 37% en…   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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