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mercredi 21 octobre 2020

Toulouse : Sang sur le sol, bras cassés... des pratiques “ scandaleuses ” dénoncées aux Pompes funèbres

EXCLUSIF LA DEPECHE / Une ancienne employée et un employé des Pompes funèbres de Toulouse Métropole dénoncent des pratiques « scandaleuses » au sein de l’établissement. La mairie rejette catégoriquement et contre-attaque.

Toulouse : Sang sur le sol, bras cassés... des pratiques “ scandaleuses ” dénoncées aux Pompes funèbres

Par : ladepeche.fr

Que se passe-t-il derrière les murs des pompes funèbres de Toulouse Métropole ? Certains décrivent des actes de « barbarie » et dénoncent des méthodes « inhumaines ». La collectivité réfute catégoriquement et contre-attaque.

Marie* a travaillé quelques mois en 2020 au sein de l’établissement en tant que conseillère funéraire. Cette dernière, habituée à travailler dans le milieu des pompes funèbres depuis des années, est tombée des nues. « Dès la première semaine, j’ai compris. Les chambres funéraires sont dans un état déplorable. Les cellules réfrigérées ne sont jamais nettoyées », dénonce-t-elle, photo à l’appui.

Sang, liquide physiologique… le sol de la cellule semble incrusté d’immondices. « Ça n’a pas été nettoyé depuis quinze ou vingt ans, assure-t-elle. Si les gens savaient où on met leurs défunts, ils se révolteraient ».

Marie n’est pas la seule à se porter vent debout contre ces pratiques. À ses côtés, une personne qui continue à travailler au sein de l’établissement.

Au total, le site compte une trentaine de cellules funéraires. « Il y en a de nouvelles qui datent de cette année. Celles-là sont nickels mais les autres, qui sont toujours utilisées, sont dans des états déplorables. Certaines ne marchaient plus mais remarchent aujourd’hui et rien n’a été fait. C’est un scandale. Tout ça par paresse ».

« Bras cassé »

Son ancien collègue témoigne : « J’ai vu, lors de la mise en bière d’un indigent, un procédé écœurant. Il y avait un problème avec le cercueil et le corps ne rentrait pas. J’ai vu le thanatopracteur casser le bras de la personne pour la faire rentrer. C’est irrespectueux et anormal. Ils auraient dû refaire un cercueil. Ils ont la flemme ».

Environ 1 000 personnes décédées sont prises en charge chaque année par la cinquantaine d’employés des pompes funèbres de Toulouse Métropole. « Une famille sur deux se plaint, estime Marie. Ils ne reconnaissent pas leurs défunts, disent qu’ils ressemblent à des poupées de cire. J’ai aussi entendu parler de langue coupée car c’était trop difficile à suturer ». « C’est un boucher. Il coupe des choses pour se faciliter le travail et il s’en sort avec son jargon technique », appuie son ancien collègue.

Le site de la rue de l’abbé Jules-Lemire n’est pas le seul endroit où des dysfonctionnements sont pointés. « Au crématorium de Cornebarrieu, un peu plus d’une centaine d’urnes est stockée dont certaines depuis 2007 ou 2 008 alors que la loi prévoit un an au maximum pour les disperser ».

Aucune alerte

Marie a tiré le signal d’alarme. « La direction est informée mais ne fait pas remonter, assure-t-elle. Au mois d’août, j’ai envoyé un courrier à l’agence régionale de santé ainsi qu’au Préfet et au cabinet du Maire. À ce jour, je n’ai pas eu de réponse ».

Aujourd’hui, Marie et son ancien collègue ont décidé de sortir de leur silence pour « qu’il y ait du changement. Le but n’est pas de faire fermer le site mais de faire rectifier. J’ai une famille, des proches, il est hors de question qu’il arrive ça à mes proches. C’est scandaleux ».

Toulouse Métropole affirme de son côté n’avoir jamais reçu aucune alerte sur de telles pratiques (lire ci-dessous). Elle se réserve le droit de déposer plainte.

* Le prénom a été modifié

« Rien de tout cela n’est fondé »

Contactée, Toulouse Métropole, répond point par point aux allégations des deux témoins et réfute en bloc toute négligence. La collectivité assure les familles du traitement respectueux des défunts accueillis sur le site.

Des personnes dénoncent, images à l’appui, des dysfonctionnements au sein des pompes funèbres de Toulouse Métropole rue Lemire à savoir des cellules réfrigérées où la saleté (sang, liquide physiologique) est incrustée. Ces cellules sont toujours utilisées même si de nouveaux équipements ont été installés cette année. Elles n’auraient pas été nettoyées depuis 15 ans au moins. Qu’en est-il ?

Rien de tout cela n’est fondé. Les équipements les moins récents font l’objet d’une maintenance régulière et des dispositifs neufs ont été acquis pour compléter ces derniers. À l’intérieur des casiers réfrigérés, les défunts sont placés dans une housse biodégradable qui préservera le défunt jusqu’à sa mise en bière (elle évite les écoulements éventuels) sur un plateau en inox nettoyé et désinfecté après chaque utilisation. L’ensemble des cases est désinfecté régulièrement.

Des traces de rouille dues à l’humidité inhérente à ces zones réfrigérées peuvent néanmoins apparaître sur les installations les plus anciennes. Seul le sol à l’intérieur de l’ensemble du dispositif réfrigéré ne peut être nettoyé que lorsque toutes les cases d’un même équipement sont vides. Il s’agit donc d’une procédure plus complexe à mettre en œuvre. Cette contrainte est commune à l’ensemble des hôpitaux et cliniques qui disposent d’installations similaires.

Ils parlent de mauvaises pratiques au crématorium de Cornebarrieu où une centaine d’urnes est entassée dont certaines sont là depuis 2007-2008 alors que la loi prévoit qu’elles ne peuvent être conservées plus d’un an. Est-ce le cas ?

L’année charnière est 2008. Avant cette date, les familles avaient l’obligation de prendre en charge les cendres de leur défunt après la crémation. Depuis 2008, selon la réglementation, le crématorium peut conserver l’urne un certain temps, ceci pour que la famille détermine la destination des cendres : dispersion ou inhumation. Depuis cette date certaines familles négligent de s’occuper des cendres de leurs défunts.

Dans l’attente, par respect pour les défunts le crématorium conserve les urnes. Cela représente environ six urnes par an. Néanmoins une procédure permet la dispersion des cendres dès lors que la famille ne s’est pas manifestée mais cela nécessite l’envoi d’un recommandé à une adresse valide. Des recherches sont entamées pour retrouver les ayants droit afin de ne pas porter atteinte à leur volonté et à celle du défunt. C’est un principe de précaution.

Avez-vous été alertés ? Un courrier aurait été envoyé au cabinet du maire.

Le maire n’a reçu aucun courrier relatant de tels faits. Le service des Pompes funèbres n’a rien reçu non plus. Aucun témoignage écrit n’a été remis à la direction. Les métiers du funéraire sont sujets régulièrement à polémique, alors qu’ils visent à prendre en charge les familles et les défunts avec respect et décence. Les angles d’attaque sont néanmoins toujours possibles pour qui souhaiterait prendre une revanche. Il est également facile de procéder à des montages photo ou vidéo ou à des mises en scène.

Qu’est-il envisagé de faire ? Une enquête interne ? Des sanctions ?

Des procédures et fiches réflexes sont en cours, mises en œuvre notamment suite à la période COVID, un point est fait régulièrement avec les agents pour renforcer la traçabilité des différentes actions. Une enquête interne sera diligentée pour contrôler point par point les allégations qui viennent seulement de nous être rapportées par les journalistes. Elles pourront donner lieu à des sanctions en cas de faits avérés. Sinon la Mairie de Toulouse se réserve le droit de porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

« Présenter un aspect apaisant du défunt »

Les témoins dénoncent à « La Dépêche du Midi » les pratiques d’un thanatopracteur des Pompes funèbres de Toulouse Métropole (lire ci-dessus). Selon eux, il n’hésite pas, par exemple, à « casser un bras pour faire entrer un corps dans un cercueil trop petit, ou à couper une langue par flemme de suturer ». La collectivité nie en bloc.

Elle assure : « Nous n’avons eu aucune information concernant des faits avérés de telle nature. En revanche, les corps dont nous nous occupons peuvent être en mauvais état de sorte que toute manipulation (habillage, mise en bière…) devienne complexe. On peut ainsi rappeler que la Ville prend en charge les défunts sans famille qui peuvent être retrouvés dans les domiciles plusieurs jours après leur décès dans des états de décomposition avancés ».

« Des professionnels formés et diplômés »

Et de poursuivre : « Les thanatopracteurs sont des professionnels formés qui ont obtenu un diplôme spécifique validé par arrêté préfectoral. Ce diplôme national garantit qu’ils puissent effectuer toutes les manipulations du défunt avec décence et respect. Les actes des thanatopracteurs visent à présenter le corps du défunt afin que son aspect soit le plus apaisant pour la famille. Il ne s’agit donc pas de le maltraiter ou le mutiler, toute opération qui serait, de plus, tout à fait visible et décelable […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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