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jeudi 12 novembre 2020

Affaire Monguillot : une pétition contre la libération de deux suspects récolte des dizaines de milliers de signature

Quatre mois après la mort de Philippe Monguillot, à Bayonne, deux des quatre suspects mis en examen ont été libérés. Des soutiens de la famille ont lancé une pétition pour demander au gouvernement “une justice exemplaire”.

Affaire Monguillot : une pétition contre la libération de deux suspects récolte des dizaines de milliers de signature

Par : Nicolas Boutin | valeursactuelles.com

L’étape était redoutée par la famille Monguillot, mais était inévitable au cours de la procédure judiciaire. Deux des quatre suspects mis en examen dans le meurtre du chauffeur de bus de Bayonne, Philippe Monguillot, le 5 juillet dernier, ont été remis en liberté, vendredi 6 novembre. S’ils n’ont pas touché le chauffeur de bus durant l’agression, ils sont soupçonnés de « non-assistance à personne en danger » et de « recel de malfaiteurs », pour l’un d’eux, accusé d’avoir abrité la bande d’agresseurs au domicile de sa petite-amie plusieurs heures suivant l’altercation mortelle. Une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et cinq ans pour ce dernier.

30 000 signatures en 48 heures

Une libération qui choque à la fois la famille du défunt et ses soutiens, qui ont lancé une pétition, dimanche 8 novembre, adressée au président de la République et à trois ministres : Jean Castex, le chef du gouvernement, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et le Garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti. Une campagne menée par quatre soutiens de la famille : Pascale Lescoulié-Gollion, Sophie Lupi, Valérie Perez, Jean Marc Roberge, Nathalie Sorondo, qui a recueilli plus de 30.000 signataires en 48 heures. Une mobilisation qui prouve à quel point cette affaire a ému et désolé toute une partie de la population. « Les gens nous soutiennent car ça peut se passer n’importe où et concerner n'importe qui », indique Véronique Monguillot. 

« C’est un soutien tellement important », confie l’épouse de Philippe, qui entend « se faire entendre et lancer un SOS » auprès du gouvernement. « J’ai l’impression que nous sommes laissés de côté, dans l’oubli », déplore-t-elle, espérant que les ministres, Gérald Darmanin et Marlène Schiappa, tiennent leur promesse d’apporter « leur aide ». Engagement annoncé lors de leurs rencontres respectives avec la famille endeuillée, en juillet dernier. « Jusqu’à présent, je n’ai pas eu l’aide escomptée », concède la femme de 52 ans, encore heurtée par la qualification « d’incivilité » de la part du ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari. « Pour moi, une incivilité, c’est quand on ne ramasse pas ses déjections canines », lui répond la Bayonnaise.

Loin de se décourager, l’épouse de Philippe entend rester fidèle à son serment prononcé devant son mari et ses collègues de travail, celui de « se battre jusqu’au bout » et de faire entendre leur voix pour que cesse l’insécurité dans les transports de la côte basque. « Il y a eu beaucoup d’agressions depuis le 5 juillet, le gouvernement doit se pencher dessus, il faut arrêter de faire et de laisser faire n’importe quoi en France », alerte-t-elle. 

« On prend ça en pleine figure »

Si la libération du quatrième homme, qui était accompagné de son chien durant l’agression, était annoncée au préalable par le juge d’instruction, la fin de la détention provisoire du suspect accusé de « recel de malfaiteurs » intervient comme un coup de massue pour les parties civiles. « J’ai été estomaquée, tout le monde a été choqué », rapporte Véronique Monguillot qui s’insurge contre cette disposition du code de procédure pénal qui prévoit que lorsque la personne n'encourt pas plus de cinq ans de prison ferme et si ses antécédents restent en deçà de un an de prison, sans sursis, la détention provisoire ne peut être prolongée. « Nous, on prend ça en pleine figure », témoigne la mère de famille, obligée « de vivre avec ça ». « On a l’impression qu’on devrait se taire, continuer à vivre, comme s’il ne s’était rien passé, sauf qu’il ne s’est pas rien passé », confie-t-elle, soulignant un symbole « impressionnant du laxisme dans notre pays ».

Ce dernier suspect remis en liberté, le 6 novembre dernier, avait déjà été condamné en septembre 2019 à huit mois de prison, dont quatre avec sursis. Mais ce qui choque le plus la famille, c’est la mise à l’épreuve de 18 mois à laquelle était soumise le jeune homme, déjà en situation irrégulière sur le territoire français. « Durant cette période, il est impliqué dans un crime », relève Véronique Monguillot, appelant le gouvernement « à se pencher sur la question ». « Si sa mise à l’épreuve n’est pas respectée, il doit être remis en prison », affirme-t-elle. Même son de cloche du côté de l’avocat des parties civiles, Me Alexandre Novion qui annonce son intention d’écrire un courrier au procureur de la République pour qu’il demande au juge d’application des peines la révocation du sursis. « Un manquement à ces obligations de mise à l’épreuve entraîne en général une révocation du sursis, je regrette d’être obligé de demander à ce que l’on respecte la loi », confie l’avocat bordelais.

Une colère partagée par des milliers de personnes qui se transforme en appui, sur le groupe Facebook « En soutien à Philippe Monguillot ». « Cela nous réconforte et nous donne une force supplémentaire », témoigne Véronique Monguillot qui tient à remercier infiniment toutes les personnes impliquées. « La tristesse et le désarroi sont toujours là, on n’a plus de but le matin quand on se lève, mais on sait qu’on est soutenu », ajoute l’épouse endeuillée. En attendant, l’instruction suit son cours, les deux principaux suspects mis en examen pour « homicide volontaire » et « complicité de meurtre » restent derrière les barreaux, malgré leur demande de remise en liberté. Véronique, Mélanie, Manon et Marie Monguillot et leurs deux avocats attendent désormais le procès et continuent « de faire confiance en la justice ». « Même si ça nous refroidit, on espère se tromper », confie la mère de famille […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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