Donald Trump contre Joe Biden : forces et faiblesses des deux candidats à 24h de la présidentielle américaine - docjeanno.fr ® Revue de presse

Breaking

Haut Pub [google]


Les logiciels bloqueurs de pub tuent le Web et les sites indépendants !


lundi 2 novembre 2020

Donald Trump contre Joe Biden : forces et faiblesses des deux candidats à 24h de la présidentielle américaine

En pleine pandémie du Covid-19 et à 24 heures de l’élection, petit tour d’horizon des caractéristiques des deux candidats – que tout oppose – à la Maison-Blanche. Le combat entre l’inertie de Joe Biden, un cacique démocrate de Washington, et le dynamisme, parfois outrancier, du président républicain Donald Trump décidera, dans la nuit de mardi à mercredi, du sort du pays le plus puissant au monde. Analyse de notre envoyé spécial aux Etats-Unis, Alexandre Mendel.

Donald Trump contre Joe Biden : forces et faiblesses des deux candidats à 24h de la présidentielle américaine

Par : Alexandre Mendel | valeursactuelles.com

Des personnalités opposées :

Joe Biden. Non dénué d’un certain charisme, assez tactile (on lui reproche son habitude d’embrasser à tout-va, une habitude vite passée avec le Covid-19), titulaire d’une collection de gaffes impressionnantes au cours de ses 47 dernières années de vie politique, Joe Biden est perçu aux Etats-Unis comme une sorte de Jacques Chirac, toujours au combat même si, par deux fois, il a échoué à la présidentielle. En 1988, il avait menti sur ses diplômes et plagié un discours du leader travailliste de l’époque Neil Kinnock.  En 2008, alors candidat aux primaires démocrates, il avait qualifié son adversaire Barack Obama « d’homme propre, intelligent et présentant bien ». Accusé alors de racisme, il finit pourtant par obtenir la place de vice-président sur le ticket de son rival.

> Son plus gros point fort : il n’est pas Hillary Clinton. Et c’est sans doute son plus gros point fort.

> Son plus gros point faible : voilà 47 ans que les Américains le connaissent. Dans un pays où les battus disparaissent souvent aux oubliettes, Biden s’est accroché comme personne d’autre.

Donald Trump. Bénéficiant encore, et ce après presque quatre années passées à la Maison-Blanche, de l’étiquette de « politicien non-professionnel », Trump est comme ces voitures américaines non-importées en Europe : on adore ou on vomit leur style original. Parti en juin 2015 de 0,5% dans les sondages sur les primaires républicaines et remportant une victoire inattendue en novembre 2016, guéri comme une sorte de miraculé du Covid-19, Donald Trump passe encore pour un battant. Il est le symbole de cette Amérique qui brave toutes les difficultés, une sorte de Rocky Balboa défiant Ivan Drago dans le quatrième opus de la série cinématographique. Il a réussi à se mettre à dos ses plus proches conseillers, dont John Bolton, a viré son stratège Steve Bannon, mais a attiré à lui des personnalités qui le haïssaient jusqu’à son élection, comme le puissant sénateur de Caroline du Nord, Lyndsay Graham, proche de feu John McCain ou encore le sénateur du Kentucky (libertarien, non-interventionniste) Rand Paul.

Son « parler vrai » plaît à cette « middle America » qui se méfie des caciques de Washington. Ses dérapages découragent ses électeurs les plus modérés et les indépendants, ce qui pourrait lui coûter sa réélection. En 2016, quelques heures avant le scrutin, son téléphone lui avait été confisqué. Twitter est sa meilleure arme comme son meilleur ennemi. Que deviendra son téléphone aujourd’hui ?

> Son plus gros point fort : ses meetings sont des shows qui attirent des milliers de personnes. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige. Covid-19 ou pas : il rassemble sa fan-base comme personne d’autre dans le pays.

> Son plus gros point faible : les femmes de banlieues (les suburban wowen, autrement appelées de façon moqueuse « Karen ») ne supportent pas son ton. Ce segment de l’électorat américain lui avait fait défaut lors des élections de mi-mandat au congrès en novembre 2018. Trump avait promis « d’adoucir son ton ». Il a tenu parole pendant 24 heures seulement.

Ce qui peut faire la différence :

Joe Biden. Il a beau être un vieux de la vieille en politique américaine, il n’occupe plus aucun poste depuis huit ans. Son attitude modérée peut séduire les indépendants, allergiques aux provocations de Donald Trump. Il a su aussi, contrairement à Hillary Clinton, s’allier les partisans de la gauche radicale incarnée notamment par l’ex-candidat à la primaire démocrate, et toujours sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders et par la députée à la Chambre des représentants Alexandra Ocasio-Cortez, élue dans le Bronx, à New York. Joe Biden a un programme extrêmement flou. Lui-même se définit comme un futur « président de transition » : en clair, et vu son âge, s’il accède au pouvoir (il aura 78 ans le 20 novembre prochain, soit l’âge qu’avait François Mitterrand quand il a quitté l’Elysée !), il ne fera qu’un mandat de quatre ans. Lié par des accords avec la gauche radicale mais aussi tenu d’incarner une gauche responsable par les modérés du Parti démocrate, il ne fera pas grand-chose de révolutionnaire. Ce sur-place peut lui être favorable. D’autant qu’on l’imagine mal monopoliser la parole sur Twitter.

> Son plus gros point fort : l’invisibilité de son programme rassure tout le monde.

> Son plus gros point faible : l’invisibilité de son programme fait peur à tout le monde. 

Donald Trump. A quelques virgules près parfois dans ses discours, sa campagne a été peu ou prou la même qu’en 2016. Immigration, sécurité, protectionnisme : voilà les trois piliers du trumpisme. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Trump n’a pas engagé les Etats-Unis dans une nouvelle guerre, et a abordé des thèmes jusqu’ici délaissés par le Parti républicain en direction d’un peuple qui doute de son identité. Contrairement à une idée reçue en France, la droite américaine classe l’« inclassable » DonaldTrump plutôt à gauche économiquement : il a arrosé de subventions les agriculteurs de son pays, a privilégié le « Made in America », et n’a pas voulu « exporter la démocratie au Moyen-Orient ». Ce pragmatisme tranquille, centré sur le bon fonctionnement des Etats-Unis et sur sa prospérité a rassuré (du moins jusqu’à la crise du Covid-19) l’électorat américain. Malgré ses dérapages, sa faconde provocatrice, Donald Trump a été le président d’une Amérique qui travaillait pour les Américains. Ce père – un peu foutraque – de la nation continue de séduire un pays qui « ne veut pas payer pour les autres ».

Et ce père de la nation, âgé de 74 ans, paraît bien jeune et plutôt en forme par rapport à son rival démocrate, dont le déclin intellectuel, souvent visible, fait les choux gras des fans de Donald Trump. Avantage Trump indéniable sur l’agilité intellectuelle.

> Son plus gros point fort : il gère les Etats-Unis comme un businessman.

> Son plus gros point faible : il n’a pas de vision politique autre que celle d’un businessman.

Les inconnues du  jour J :

Joe Biden. Malgré une campagne médiatiquement ratée, passée le plus souvent à se carapater dans le sous-sol de sa maison à Wilmigton, dans l’Etat du Delaware (un paradis fiscal aux Etats-Unis), à répondre à des médias de gauche, Biden pourrait marquer des points chez tous ceux que la pandémie du Covid-19 a frappés, parfois mortellement. Ses derniers meetings, souvent en drive-in, n’ont jamais attiré plus de 100 personnes à la fois, et ce malgré le renfort sur place d’un Barack Obama qui n’avait pas l’air lui-même enthousiaste, mais peu importe : Biden veut s’imposer comme un candidat responsable, à l’européenne, ordonnant le port du masque et fermant les commerces du pays pour lutter contre un virus meurtrier. Il n’a toujours pas dévoilé son programme pour la reprise économique d’un pays durement frappé par la pandémie (mais moins qu’en Europe) mais son attitude, à rebours total de celle de Donald Trump, peut convaincre les classes moyennes, inquiètes davantage des conséquences sanitaires du Covid-19 que des effets économiques d’une quarantaine généralisée à l’ensemble d’un pays cinq fois plus peuplé que la France. C’est quasiment exclusivement sur ce sujet que Joe Biden a tout misé.

> Son plus gros point fort : on ne sait pas ce qu’il veut. Et c’est rassurant.

> Son plus gros point faible : on ne sait toujours pas ce qu’il veut. Et c’est inquiétant.

Donald Trump. Il a agi, tout au long de cette campagne à nulle autre pareille, comme si le Covid-19 n’existait pas ou a, du moins, minimisé sa portée. Laissant aux seuls Etats américains la possibilité de suivre la voie qu’ont choisie certains pays européens (dont la France) :  à savoir le confinement généralisé. Privilégiant la reprise économique, au détriment de la sécurité sanitaire, Donald Trump apparaît comme le champion des indépendants économiques : employés cumulant jusqu’à quatre boulots, petits commerçants et travailleurs précaires. Son attitude consistant à tranquilliser sa population sur les effets de la pandémie, spécialement après qu’il en a été victime lui-même, peut plaire à une base inquiète des conséquences économiques provoquées par les décisions de certains Etats, surtout démocrates.

Visé par des accusations de racisme après les émeutes consécutives au meurtre de George Floyd, en mai 2020, à Minneapolis, Donald Trump incarne également, dans l’esprit de beaucoup d’électeurs ruraux de banlieue, le candidat de la loi et de l’ordre face à l’anarchie – réelle ou supposée – des municipalités et Etats gérés par les démocrates. Sa fan-base, évaluée à 35 % de l’électorat, est entièrement mobilisée pour lui. Aura-t-elle le pouvoir de convaincre les indépendants et les modérés ? Réponse, demain.

> Son plus gros point fort : Donald Trump est un pragmatique qui pense que l’effondrement économique est plus grave que l’hécatombe provoquée par le Covid-19.   

> Son plus gros point faible : en niant l’importance du Covid-19, dans un pays « pro-life », il sacrifie des dizaines de milliers de ses compatriotes […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



Bas Pub