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samedi 7 novembre 2020

Gérald Darmanin : On peut craindre d’autres attentats, la menace est forte

En visite en Tunisie et en Algérie ce week-end, Gérald Darmanin a pour mission de trouver un accord avec ses pays hôtes afin que plusieurs individus en situation irrégulière et soupçonnés de radicalisation puissent être expulsés. Avant de décoller pour le Maghreb, le ministre de 38 ans a pris le temps de répondre aux questions du groupe La Dépêche. Attentats, crise sanitaire, violences, depuis quatre mois, l’ambitieux Gérald Darmanin, qui accompagnait Emmanuel Macron jeudi au Perthus, se démultiplie à la tête du ministère de l’Intérieur. Entretien.

Gérald Darmanin : On peut craindre d’autres attentats, la menace est forte

Par : ladepeche.fr

Cela fait quatre mois que vous êtes à Beauvau. Comment vous sentez-vous dans ce ministère très exposé ?

Je me sens concentré, avec la charge très lourde de la sécurité des Français, la lutte contre le terrorisme, les stupéfiants, la crise sanitaire… Ce sont des questions essentielles. De là où je viens, fils d’une femme de ménage, petit-fils d’immigré, je suis extrêmement honoré que la République me permette de la servir.

La France est de nouveau frappée par des attentats. Certains de vos adversaires politiques font le lien entre immigration et terrorisme. C’est un parallèle que vous osez aussi ?

Il peut y avoir des liens, lorsque des filières d’immigration sont vampirisées par des combattants de Daech. Le procureur antiterroriste de Nice aura l’occasion de le préciser, mais c’est le cas manifestement de cet immigré tunisien qui, en quelques heures sur le sol national, a commis un attentat. Notre travail, c’est de lutter contre cette immigration clandestine ou organisée qui peut venir de l’islamisme radical. Mais je voudrais souligner que parmi les trente derniers terroristes qui ont commis la terreur en France, 22 sont Français. Notre combat n’est pas contre une nationalité, mais bien contre une idéologie, qui frappe chacune et chacun.

Clairement, peut-on craindre d’autres attentats, et comment s’organise la lutte contre ce que vous appelez "l’idéologie islamiste" ?

Oui, on peut craindre d’autres attentats, la menace est extrêmement forte pour plein de raisons : la republication des caricatures de Charlie Hebdo, le procès Charlie lui-même, le fait que la France impose avec le courage du président de la République sa conception de la laïcité, les excitations de dirigeants étrangers absolument irresponsables… Autant d’éléments qui nourrissent un terreau-risme islamiste radical depuis trente ans – le premier attentat islamiste en France, je le rappelle, c’était Khaled Kelkal en 1995, j’avais 13 ans. Ce terreau-risme doit être combattu, comme le fait aujourd’hui le président de la République, avec des mesures que nos prédécesseurs auraient dû prendre depuis longtemps. Hier, c’était principalement les lieux de culte qui étaient les lieux de radicalisation, aujourd’hui, c’est internet et ce que j’appelle les officines islamistes, c’est-à-dire des associations militantes qui œuvrent contre les valeurs de la République en incitant les personnes à ne pas les respecter.

La région Occitanie, qui a connu de nombreux départs vers la Syrie, ou a subi les attaques de Merah, est-elle encore très exposée au risque attentat ?

Toutes les régions sont exposées. La menace est diffuse, mais déterminée.

Cette recrudescence du risque terroriste perturbe-t-elle vos troupes à l’heure du nouveau confinement ?

Évidemment, le confinement créé une ambiance particulière pour les policiers et gendarmes mobilisés depuis de longs mois sur de très nombreuses missions. Mais il faut faire respecter ces règles sanitaires pas simples, mais essentielles quand on voit les dizaines de milliers de contaminations et les centaines de morts par jour. Le ministère de l’Intérieur, c’est d’abord celui de la protection : contre le feu, contre les accidents, contre le terrorisme, contre les substances illicites… Mais aussi de la protection sanitaire. Les policiers et les gendarmes sont des soldats de la protection, c’est leur quotidien. Et quand on fait des actions pour faire respecter le confinement, on propose aussi une présence de terrain qui permet parfois d’obtenir des informations dans d’autres domaines, de lutter contre le terrorisme. Je prends l’exemple de l’assassinat de M. Paty : les policiers qui ont arrêté ce terroriste quelques minutes après son acte faisaient ce jour-là un contrôle de stupéfiants. Ils ont pu changer de mission en quelques instants.

Les maires qui ont contesté la fermeture des commerces n’ont-ils pas perturbéle message du gouvernement ?

Ils ont été irresponsables ! Quand on est maire, et je l’ai été, on a le droit d’avoir une opinion politique différente du gouvernement ; j’ai combattu celui de M. Hollande de manière forte, mais j’ai toujours respecté les lois et les décrets de la République, notamment lorsqu’ils étaient pris pour protéger les gens. La démagogie n’est pas un vaccin contre le virus. Cela dit, il y a eu 110 arrêtés pris, en cours d’être cassés par les tribunaux administratifs, notamment celui du maire de Béziers qui a fait beaucoup de publicité démagogique. Sur 36 000 communes, la statistique n’est pas de leur côté. Plus globalement, une très grande majorité de Français approuve et respecte le confinement. Environ 200 000 contrôles ont été réalisés et seulement 15 000 procès-verbaux ont été dressés.

Le projet de loi Fauvergue-Thourot sur la sécurité globale, qui arrive au Parlement, propose de renforcer le pouvoir des polices municipales. Comment ?

Les maires, dans leur immense majorité, connaissent bien le terrain et sont capables avec leur police municipale d’imposer la sécurité. Nous travaillons donc à renforcer ce pouvoir de police du maire par une proposition de loi qui devrait être adoptée le 19 novembre. Les polices municipales pourront par exemple faire des saisies ; regarder directement, en cas d’arrestation lors d’un contrôle routier, à qui appartient le véhicule dans le fichier des voitures volées ; elles pourront mettre des amendes pour les stupéfiants, etc. Tout un tas de choses extrêmement pratiques qui m’énervaient quand j’étais maire. Je suis un élu issu du terrain et je me suis toujours dit que le jour où je serai en responsabilité, je mettrai en place toutes ces choses qui améliorent la vie localement.

Je suis très heureux de pouvoir le faire avec les parlementaires, au bout de quatre mois au ministère de l’Intérieur.

Ce projet de loi impose également de flouter les images de policiers lors d’une manifestation, ce qui est interprété par beaucoup comme une atteinte à la liberté d’informer…

Je suis très heureux que des parlementaires portent cette disposition qui protège la vie privée des policiers. Ceux qui critiquent cette décision oublient un peu trop l’ignoble attentat de Magnanville, où deux policiers qui étaient en couple, dans leur vie civile, dans une maison qui n’avait rien à voir avec leur commissariat, ont été égorgés sous les yeux de leur garçon de 5 ans. Ceux-là, j’aimerais qu’ils disent les yeux dans les yeux à des policiers qu’on ne leur doit pas la protection sur les réseaux sociaux. Mais cela n’empêchera pas qu’il puisse y avoir des enquêtes sur les policiers dans la presse. Je rappelle qu’ils ont toujours sur eux le numéro de reconnaissance RIO et qu’ils sont donc identifiables si besoin. Mais, je ne comprends pas qu’on puisse s’opposer à la protection de femmes et d’hommes qui ne gagnent pas très bien leur vie et qui la risquent tous les jours pour nous.

Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur. […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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