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mardi 17 novembre 2020

L’immigration est-elle (vraiment) une chance pour la France ?

La parution de plusieurs ouvrages, rédigés par des personnalités au-dessus de tout soupçon de populisme, confirme qu’un dogme essentiel de la classe dirigeante française est en train d’être réduit en poudres, relève notre chroniqueur et essayiste Guillaume Bigot.

L’immigration est-elle (vraiment) une chance pour la France ?

Par : Guillaume Bigot | valeursactuelles.com

Au cours des 30 dernières années, il était presque impossible d’aborder la question de l’immigration en France sans prononcer une formule d’exorcisme : l’immigration est une chance pour la France ! C’est ce mantra que Marlène Schiappa vient encore de réciter à l’Assemblée nationale. Et pourtant chacun sent que quelque chose est en train de changer.

Un signe parmi d’autres, le Président Macron propose un projet de loi sur le séparatisme et brise un tabou en établissant un lien entre immigration et terrorisme. Un autre signe est offert par la parution de plusieurs ouvrages passionnants mais aux antipodes de tout militantisme, rédigés par d’anciens serviteurs de l’État.

L’an dernier, le livre de l’ancien Préfet Michel Auboin, « 40 ans dans les cités », démontrait de manière sereine et argumentée que l’immigration avait, depuis les années 80, cessé d’être une chance pour la France. Un autre ouvrage conteste la foi, celui de l’ancien haut-fonctionnaire Patrick Stéphanini qui vient de sortir et s’intitule « Immigration : Les réalités qu’on nous cache ! » Ce credo de l'immigration chance pour la France reposait sur trois idées qui sont désormais battues en brèche.

La première idée, c’est que l’immigration serait forcément bonne pour la démographie. L’ancien haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye a, par exemple, déclaré en novembre 2019 : l’Union européenne doit accueillir 50 millions d’étrangers pour équilibrer sa population active d’ici à 2050. Les Nations unies préconisaient, toujours d’ici à 2050, l’entrée de 674 millions d’immigrés sur le Vieux continent soit 94 millions pour la France. Une bonne idée pour la démographie ? À voir. En tous cas, une folie furieuse politique.

La deuxième idée, c’est que l’immigration serait forcément bonne pour l’économie. Or, on feint de découvrir que le taux de chômage des immigrés et celui de leurs enfants est bien plus élevé que celui des locaux. On feint aussi de découvrir que les immigrés clandestins sont de gros bénéficiaires d’aide sociale. L’aide médicale d’État (AME) coûtera, par exemple, un milliard d’euros à la France en 2020. Les Français et les immigrés légaux financent notre généreux système de santé par leurs cotisations. Les clandestins en bénéficient gratuitement.

La troisième idée, c’est que l’immigration serait nécessairement une source d’enrichissement culturel et humain. Une partie des nouveaux arrivants s’est effectivement et heureusement assimilée et a produit quelques modèles tels que le président du Printemps républicain, Amine El Khatmi, ou l’actrice Rachida Brakni. Cependant, il y a aussi un ressentiment et une hostilité au sein de la jeunesse immigrée que l’État ne peut plus nier.

À force de répéter que l’immigration était une chance pour la France, on a refusé de voir que les enfants de l’immigration étaient de plus en plus nombreux à stigmatiser la République. Sans être, hélas, inexistante, la xénophobie est faible en France. Au sein des quartiers sensibles qui concentre une part importante de cette jeunesse immigrée, l’antisémitisme, la misogynie, l’homophobie et, en définitive, la francophobie sont de plus en plus violentes et assumées.

Oser nommer ces déplaisantes réalités expose encore celui qui s’y risque à être traités d’islamophobe ou de raciste. Cette inversion témoigne d’un blocage psychologique et idéologique. L’emploi d’une curieuse terminologie nous renseignait sur l’existence d’un puissant mécanisme de déni. Le terme de « sans-papiers » laissait, par exemple, penser que l’on avait privé certains de leurs papiers.

Les mots « immigré » ou « émigré » rappelaient que l’on partait d’un pays pour aller dans un autre. Ils ont été remplacés par le terme de « migrants » pour signifier que le nomadisme forme l’état naturel de l’humanité. Ce débat est en train d’être déconfiné.

Le péché originel de l’immigration, c’est de considérer qu’il s’agit d’un phénomène moral. En réalité, l’immigration ne saurait être pensée en utilisant les catégories de bien et de mal. L’immigration peut être un facteur d’enrichissement et représenter une chance pour une nation mais à condition que quatre conditions soient réunies.

La première condition, c’est que le pays d’arrivée ne connaisse pas de chômage. Dans ce cas, les nouveaux arrivants trouvent de l’emploi et s’intègrent économiquement. Dans le cas contraire, les immigrés entrent en concurrence avec les locaux pour se disputer de trop rares emplois et contribuer à la baisse des salaires.

La deuxième condition pour que l’immigration soit un succès, tant pour l’immigré que pour le pays d’immigration, c’est que les femmes du pays d’arrivée fassent suffisamment d’enfants. Ce sont toujours les enfants du pays d’arrivée qui assimilent les nouveaux venus. Lorsque les enfants immigrés ne rencontrent plus que d’autres enfants immigrés, la machine assimilatrice se casse.

La troisième condition pour de l’immigration soit une chance pour un pays, c’est que le peuple d’arrivée soit très patriote et ait une grande confiance en lui et dans sa capacité à se projeter dans l’avenir. Cela reste le cas aux États-Unis. Alors que chez nous, la République n’ose même pas en assumer le mot. Comment, dans ces conditions, les immigrés ou leurs enfants pourraient-ils aimer leur nouvelle patrie qui ne s’aime plus elle-même ?

Une nation, disait Renan, est un plébiscite de tous les jours. Ce qui se passe, chaque soir, dans certains quartiers montrent que ce plébiscite est loin d’être gagné. C’est pour cela que ce sujet doit être démocratiquement débattu, en étant soumis à référendum […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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