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mardi 24 novembre 2020

Paris : Compromise avec les Verts, Hidalgo refuse d'armer sa future police municipale malgré la menace terroriste

La maire de Paris a fait part de son souhait de ne pas armer sa future police municipale malgré les menaces qui pèsent sur les forces de l'ordre. Cette position, décriée par les syndicats de police ainsi que par de nombreux élus, s'explique en partie par la présence des écologistes au sein de sa majorité.

Compromise avec les Verts, Hidalgo refuse d'armer sa future police municipale malgré la menace terroriste

Par : Amaury Bucco | valeursactuelles.com

Elle l’avait promis ! Après avoir longtemps manifesté son opposition à la création d’une police municipale à Paris, puis retourné sa veste à l’approche des élections municipales, fin 2018, Anne Hidalgo va enfin doter sa ville de sa propre police. Une façon pour elle de se réapproprier le terrain sécuritaire largement exploité par ses adversaires politiques, et ainsi conforter son siège à la tête de la capitale. Bloqué pendant un an par la pouvoir macroniste afin de ne pas favoriser la maire sortante vis-à-vis de ses concurrents lors de la précédente campagne, ce projet de police municipale est désormais intégré dans la proposition de loi sur la sécurité présentée par le député LREM et ancien patron du RAID, Jean-Michel Fauvergue, et devrait ainsi voir le jour prochainement. Avec un bémol néanmoins : l’épineuse question de l’armement des futurs policiers municipaux.

Laissé au choix du maire, l’armement de la police est régulièrement sujet à controverse, en particulier chez les élus de gauche, qui y sont pour partie résolument opposés. En France, pourtant, plus de la moitié des policiers municipaux sont armés, en particulier dans les grandes villes comme Marseille, Lyon, Nice ou Toulouse, où la criminalité est plus importante. Certaines villes, comme Lille ou Bordeaux, dirigées par la gauche, résistent à cette tendance croissante malgré la montée effective de l’insécurité et les risques que font peser les attentats terroristes sur les forces de l’ordre. Si les policiers municipaux « doivent pouvoir se défendre, (...) une arme létale ne serait pas conforme à leurs missions », expliquait ainsi Martine Aubry en février dernier, arguant que les policiers ne demandaient pas à être armés. La maire de Lille faisait également valoir les devoirs régaliens de l’Etat, dont celui de prendre en charge « la sécurité publique lourde », via la police nationale. 

Eviter une « confusion des rôles »

Un argument également repris par la maire de Paris pour justifier le non-armement de sa police municipale, qui disposera seulement de matraques et de gaz lacrymogènes, et aura pour mission de lutter contre les « incivilités » (tranquillité de la voie publique, nuisances sonores, dépôts sauvages d’ordures…). « Nos policiers ne seront pas appelés en première intervention sur des actes terroristes ou des braquages qui relèvent de la police nationale et de ses services spécialisés, a assuré au Parisien Nicolas Nordman, adjoint à la sécurité d'Anne Hidalgo. Et les équiper d'armes létales n'est pas utile dans le cadre des missions de présence dans la rue, de médiation de proximité et de verbalisation des incivilités qui seront les leurs. » Ne pas armer la police municipale permettrait donc de respecter une certaine complémentarité entre police nationale et municipale, afin d’éviter toute « confusion des rôles » qui aurait pour conséquence ultime le « désengagement de la police nationale », comme à Nice, a encore expliqué Nicolas Nordman. 

Mais l’autre raison, officieuse, tient au jeu d’alliance d’Anne Hidalgo avec les écologistes, qui sont non seulement opposés à l’armement des policiers municipaux mais également à l’idée même de la création d’une police municipale, avec une position très laxiste sur tous les sujets sécuritaires. Même si, officiellement, ces derniers font valoir des arguments bien plus pragmatiques. « Créer une police municipale revient à confier aux villes une mission qui devrait être gérée par l'Etat. Cela entretient la confusion entre le rôle des collectivités et la mission de l'Etat qui est d'assurer la sécurité partout sur territoire », exposait ainsi sur CNews Raphaëlle Rémy-Leleu, conseillère EELV de Paris et référente des sujets sécurité chez les écologistes. On comprend surtout l’embarras de ce courant politique, si prompt à condamner les « violences policières » et la brutalité de l’Etat, à devoir désormais prendre charge en partie la sécurité des Parisiens, alors que cette fonction essentielle leur était jusqu’ici épargnée grâce aux dispositions prises par Napoléon Bonaparte en 1800.

Ce n’est pas parce qu’un policier municipal est armé que sa mission est différente.

A Paris, pourtant, les problèmes de sécurité se sont accrus ces dernières années, si bien que la police nationale ne consacre plus que 2,5 % de son temps aux patrouilles et aux opérations anti-délinquance, soit quatre fois moins qu’en 2010, selon la Cour des comptes. Outre les camps de migrants, la prostitution ou les agissements des mineurs isolés, la police doit faire face aux trafics de drogue. Or, « la lutte contre la drogue s’est révélée un échec complet, des quartiers entiers sont aux mains de bandes, se désespère en privé auprès du Monde un autre adjoint d'Anne Hidalgo. C’est le problème numéro un à Paris. » Sans compter les risques que font peser les attentats islamistes, dont Paris garde un souvenir meurtri, cinq après les attaques de Charlie Hebdo et du Bataclan. La police municipale reprendra donc à son compte une partie du travail de la police nationale... sans pour autant disposer des mêmes instruments de défense. 

Autant de raisons qui font regretter au député Jean-Michel Fauvergue, rapporteur de la loi « sécurité globale », la très dogmatique position d’Anne Hidalgo. « Les policiers municipaux sont devenus des cibles au même titre que n'importe quel policier », explique à Valeurs actuelles le député de la majorité, rejoint dans son analyse par un commissaire parisien : « Les terroristes ne feront pas la différence entre police nationale ou municipale. » Même incompréhension pour les syndicats de police qui rappellent que l’arme de service n’est pas un outil de travail quotidien mais plutôt un accessoire de légitime défense en cas de danger mortel. « Ce n’est pas parce qu’un policier municipal est armé que sa mission est différente. Il n’y a donc aucun risque de confusions des rôles », souligne Yvan Assioma, secrétaire national Alliance d'Ile-de-France. Le syndicat SGP Police à quant à lui demandé à être reçu par l’équipe d'Hidalgo afin de faire entendre sa voix sur le plan d’installation de la future police municipale. Et, accessoirement, défendre l’armement des futurs agents et leurs formations. « La question qui se pose, c’est la possibilité de former et d’encadrer des gens qui sont généralement des recalés de la police nationale », précise un commissaire parisien. 

Du côté des élus de droite de la capitale, l’indignation gronde. Rachida Dati, maire LR du VIIe arrondissement et ancienne candidate à l'Hôtel de Ville parle d’ « irresponsabilité ». « Anne Hidalgo est dans une position idéologique et électoraliste, otage de ses partenaires Verts », a-t-elle dénoncé dans le Parisien. « Armés, les policiers municipaux peuvent-être primo-intervenants face à des terroristes », comme ce fut le cas lors du dernier attentat de Nice, où six policiers municipaux sont intervenus pour intercepter le terroriste, rappelle aussi Gérard Gachet, adjoint à la sécurité du maire du XVIe arrondissement. Et d’ajouter : « S’ils ont pour mission la lutte contre la délinquance de proximité, les policiers municipaux auront face à eux des individus de plus en plus violents et armés, et qui n’hésitent plus à agresser des policiers, nationaux ou municipaux. »   […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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