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mardi 15 décembre 2020

L’énergie nucléaire : le “oui mais” de Macron

Le Chef de l’Etat vient de déclarer sa foi en l’énergie nucléaire en des termes trop mesurés pour qu’un réel espoir de redémarrage de cette filière à l’abandon soit envisageable. La France en paiera le prix fort, alerte Alain Desgranges, Ingénieur en génie atomique, ancien directeur de la centrale du Blayais.

Nucléaire : le “oui mais” de Macron

Par : valeursactuelles.com

On ne peut qu’apprécier la venue d’un président dans les terres du Creusot, haut-lieu de l’industrie nucléaire. On ne peut que s’interroger cependant sur le contenu de son discours, dans lequel il confirme son obstination à réduire la part du cette source d’énergie, une énergie qui a pourtant fait la preuve de sa capacité à répondre aux besoins des français, en plus de 40 années de fonctionnement sans incidents de ses réacteurs. Dans le « même temps », cher au langage élyséen, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a ouvert jusqu’au 15 janvier 2021 une consultation du public sur son projet de décision relatif à la prolongation au-delà de 40 années du fonctionnent des réacteurs 900 MWe du parc nucléaire français.

Voilà donc une situation paradoxale qui voit un Président de la république décider de l’arrêt anticipé de réacteurs et un opérateur (EDF) qui propose à l’ASN de prolonger le fonctionnement de ses premiers réacteurs au-delà de 40 années. Cela demande explication. La politique de l’énergie de la France manquerait-elle de cohérence ? Ce moment charnière est en effet l’occasion de s’interroger sur la politique énergétique de notre pays. Un domaine sensible qui concerne la lutte contre le réchauffement climatique, l’indépendance énergétique de la France et la fourniture d’électricité.

Mais une énergie qui doit aussi rester compétitive dans l’intérêt des entreprises comme des particuliers. Ce qui conduit à limiter le développement des énergies renouvelables intermittentes qui doivent compter sur des subventions exorbitantes au regard du service rendu, en l’absence d’installations de stockage de masse de l’électricité indispensables pour pallier leur intermittence.

La limitation à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique nécessitera l’arrêt de 12 autres réacteurs après les deux de Fessenheim

Trois points sont à examiner pour tenter d’y voir clair. Premièrement : la limitation à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique de notre pays est-elle raisonnable ? Estimée au « doigt mouillé » par le législatif (pourquoi 50 % et pas 40 % ou 60 % ?) cette limitation n’a jamais été véritablement justifiée. Sa mise en œuvre nécessitera l’arrêt de 12 autres réacteurs après les deux de Fessenheim. Elle aura pour conséquence la diminution des marges de production malgré le lancement (espéré) d’un programme de construction de six EPR 2.

Elle a été confirmée par le Chef de l’Etat dans son discours du Creusot du 7 décembre 2020 sans plus de justifications hormis l’intérêt d’un mix plus équilibré. Ainsi, la « vieillesse » de la centrale de Fessenheim et le risque de sismicité du site ne faisant plus recette, c’est la notion de prépondérance du nucléaire qui est aujourd’hui condamnée pour justifier cette limite, la diversité des moyens de production étant jugée insuffisante par le Président de la République et sa ministre. Or, cette appréciation est contestable, cette diversité devant être mesurée à l’aune du continent européen en raison de l’interconnexion des réseaux de chaque nation ou, plus simplement, au regard de la seule plaque « Allemagne/Bénélux/France » qui voit alors une mixité des moyens de production parfaitement équilibrée.

Par ailleurs, après 40 années de fonctionnement sans incidents graves, « mettre tous ses œufs dans le même panier » comme le déplore la ministre n’a jamais été une faiblesse pour le parc nucléaire qui a fait la preuve de son aptitude à conserver le niveau de sûreté requis sans altérer la production de ses installations. Il serait donc opportun de revenir sur cette limitation qui affaiblira notre capacité à produire une électricité bas carbone, d’un coût raisonnable et capable de contribuer à la stabilité du réseau européen et aux besoins de ses voisins, source de revenus pour le plus grand bénéfice de notre balance commerciale.

Faudra-t-il attendre des délestages ou, pire encore un blackout aux effets dévastateurs, pour que le gouvernement tienne compte de ces alertes répétées ?

Deuxième point : celle des marges de production devenues insuffisantes. Comme on le sait, la production de l’électricité doit s’adapter à chaque instant aux besoins du réseau. Des marges sont donc nécessaires pour garantir à tout moment la continuité de fourniture sans avoir à choisir entre un niveau de sûreté dégradé et un risque de coupure d’une énergie devenue aussi vitale qu’elle était stratégique. Depuis André-Claude Lacoste, cette recommandation est portée par les différents présidents de l’ASN. Elle n’a jamais été entendue par les dirigeants politiques en responsabilité sur ce dossier. Or, la diminution des moyens de production utilisant des combustibles fossiles et la limitation à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique à l’horizon 2035, c'est-à-dire demain, ne fera qu’aggraver ce manque de marge avec un risque de délestages, reconnu et assumé par la ministre de la transition écologique et solidaire, voire de coupures de courant cet hiver, faisant déjà regretter l’arrêt anticipé de la centrale de Fessenheim. Un tourment pour les français qui n’avaient vraiment pas besoin de ce souci supplémentaire en cette période où les crises s’accumulent. Faudra-t-il attendre des délestages ou, pire encore un blackout aux effets dévastateurs, pour que le gouvernement tienne compte de ces alertes répétées ?

Troisième point : un mix à 100 % de renouvelables est-il vraiment possible ? Le niveau de contribution des énergies renouvelables dans le mix énergétique fait l’objet de positions irrationnelles formulées par certains organismes sensés éclairer le pouvoir politique. Il en va ainsi de l’étude de l’ADEME qui fait état de la possibilité d’une production à 100 % de renouvelables. Cette position étant reprise récemment par la ministre de la transition écologique et solidaire qui attend les résultats d’une nouvelle étude sur ce sujet. On rappellera que la précédente étude avait été vivement contestée par d’autres spécialistes qui recommandent une limite entre 15 %, fondée sur des considérations économiques et 30 %, considérant les contraintes d’exploitation du réseau de transport de l’électricité mais aussi celles associées aux suivis de charge imposés aux moyens pilotables dont le nucléaire fait partie. Des limites très éloignées de celles affichées par les spécialistes de l'ADEME…

Il est avéré que la production d’une électricité bas carbone fait de la France l’un des pays les plus « vertueux » au monde grâce à ses deux piliers que sont l’énergie nucléaire et la production hydraulique. Mais cela ne sera pas suffisant pour atteindre ses objectifs de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre si l’on en croit le HCC (Haut Conseil pour le Climat) qui n’en fini pas d’alerter les pouvoirs publics sur une situation devenue inacceptable. Dès lors, arrêter des centrales nucléaires pour les remplacer par des centrales au gaz ou par des importations d’électricité produites par des centrales au charbon d’Outre-Rhin n’a aucun sens. Comme le réclame le HCC ou l’Académie des Sciences, mieux vaut affecter les maigres ressources financières de notre pays aux domaines de la mobilité électrique et à celui de l’isolation des maisons. Il n’est que temps de réorienter notre politique de l’énergie en convenant que les besoins en électricité vont croître fatalement en raison de l’évolution de notre démographie et de ses nouveaux usages (véhicules électriques, numérique, chauffage des habitations…) et en oubliant le concept de décroissance, seul argument des écologistes pour justifier la sortie à terme du nucléaire. Mais aussi en arrêtant de détruire nos paysages avec le développement effréné des éoliennes et des réseaux de transport de l’électricité qui lui est associé et que rien ne justifie […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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