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vendredi 30 avril 2021

Hébergement des migrants à Calais : le tribunal administratif freine l’action du Secours catholique

Le tribunal administratif de Lille, saisi en référé, a confirmé, mercredi 28 avril, la fermeture d’un lieu d’accueil pour les jeunes migrants à Calais, géré par le Secours catholique et appartenant au diocèse d’Arras. Les juges ont estimé qu’il n’y avait pas de caractère d’urgence, en raison des places disponibles dans d’autres lieux du Pas-de-Calais.

Hébergement des migrants à Calais : le tribunal administratif freine l’action du Secours catholique

Par : Christophe Henning / la-croix.com

La question est récurrente. Si les collectivités locales multiplient les mesures pour tenter de gérer le flux de migrants qui se retrouvent à Calais, faute de pouvoir joindre l’Angleterre, les associations caritatives et humanitaires sont aussi sur le terrain pour venir en aide aux migrants livrés à eux-mêmes, notamment les plus jeunes.

Plusieurs arrêtés municipaux ont, par exemple, interdit des distributions de nourriture ou de boissons dans certaines rues de Calais. Nouvel exemple de cette confrontation avec la publication d’un arrêté municipal daté du 1er mars qui interdisait l’hébergement de migrants dans la maison du doyenné de Calais, dénommée « La Crèche », dont la fermeture devait intervenir sous 48 heures. Depuis début décembre, une quinzaine de migrants souvent mineurs, pour la plupart Soudanais, étaient hébergés dans cet immeuble appartenant au diocèse et géré par le Secours catholique. Selon la mairie, « la sécurité des personnes n’y était pas assurée en cas d’incendie ».

Mobilisation

« La sécurité, la dignité et la protection des personnes sont évidemment notre priorité, explique Juliette Delaplace, chargée de mission du Secours catholique auprès des personnes exilées. Quand un rescapé de naufrage arrive en pleine nuit, ou qu’un autre sort de l’hôpital, sont-ils plus en sécurité dans la rue ? » Hasard du calendrier, à peine quarante-huit heures après la mesure de fermeture décidée par la municipalité, Véronique Fayet, présidente nationale du Secours catholique, et Mgr Olivier Leborgne, étaient justement à Calais pour alerter les autorités sur les conditions de vie indignes réservées aux exilés. « En France, le droit des animaux de compagnie est mieux respecté que celui des migrants », constatait amèrement l’évêque d’Arras qui se confiait à La Croix.

Alors que la légalité de l’arrêté municipal sera étudiée par le juge dans plusieurs mois, le tribunal administratif rendait donc sa décision mercredi 28 avril, rejetant le référé-suspension. Les magistrats estimaient qu’il n’y avait pas urgence à statuer ni à suspendre l’arrêté municipal. Selon les juges, la fermeture de La Crèche « ne faisait pas obstacle à la mise à l’abri [des migrants] selon d’autres modalités », notamment en raison de l’existence de « deux centres d’accueil et d’examen de situation (CAES), certes situés à distance des côtes mais qui n’ont été saturés à aucun moment de l’hiver 2020-2021. » Des centres installés à Nédonchel et Croisilles, situés respectivement à 75 et 120 km de Calais.

Des associations en complément

Lors des débats, Me Lionel Crusoé, qui intervenait au nom du Secours catholique et de l’Association diocésaine d’Arras, a plaidé l’absence de dangerosité des locaux et le caractère temporaire de cet hébergement d’urgence, tout en invoquant les principes de fraternité et de dignité humaine. « Ce lieu était simplement destiné à l’accueil, mais en décembre, nous avons dû héberger des personnes pour lesquelles il n’y avait pas d’autre solution, explique encore Juliette Delaplace. Cette nuit du 27 avril, la veille de l’audience, il faisait encore 4 °C dehors… Et il faudrait laisser les gens à la rue ? »

Respectant à la lettre l’arrêté municipal du 1er mars, la paroisse et le Secours catholique ont fait appel à des particuliers qui ont pris en charge les migrants sans hébergement. L’aumônier du Secours catholique lui-même, le jésuite Philippe Demeestère, accueille à son domicile personnel une quinzaine de jeunes qu’il prévoit de loger jusqu’à la Pentecôte. « Les dispositifs de l’État ne parviennent pas à répondre à toutes les demandes, c’est alors que nous pouvons être utiles et solidaires », confie le père Demeestère. Pour l’aumônier du Secours catholique, les associations sont plus souples et disponibles et peuvent venir en complément des structures publiques.

Regrettant encore que la juridiction administrative n’ait pas reconnu l’urgence de la situation, Juliette Delaplace dénonce « des mesures d’entrave à la solidarité et à la fraternité », alors même que les personnes à la rue vivent dans des conditions dramatiques : « je voudrais que la mobilisation pour les droits fondamentaux des personnes ne soit pas un vain mot ici, à Calais. »

Quant à la destination de l’immeuble, il est apparu lors des débats que l’arrêté ne portait que sur l’usage nocturne d’hébergement. « Les activités paroissiales pourront donc reprendre sans délais », confie Charles Callens, directeur de la communication du diocèse d’Arras. La paroisse et le Secours catholique réfléchissent à une permanence de jour dans la maison du doyenné qui pourra venir en aide aux migrants, notamment pour leurs démarches administratives […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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