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vendredi 23 avril 2021

Jean Messiha : Face à la montée de la violence, la France doit arracher les dents de l’insécurité

Pour Jean Messiha, la France doit remettre la sanction au cœur du processus pénal, et accorder — enfin — plus d'importance aux victimes qu'à leurs agresseurs.

Jean Messiha : Face à la montée de la violence, la France doit arracher les dents de l’insécurité

Par : Jean Messiha / valeursactuelles.com

Le président de la République a livré au Figaro, ce dimanche 18 avril, une interview censée montrer sa détermination à lutter contre l’insécurité et le trafic de drogues dans notre pays. Son déplacement à Montpellier le lendemain enfonçait ce clou un peu rouillé. « Plus de bleus sur le terrain en 2022 qu’en 2017 ». Voilà le remède qu’il propose à la hausse continue de la délinquance et des atteintes à l’ordre public dans un pays en pleine dérive.

Il admet aussi que la consommation de drogue et les trafics qu’elle engendre sont devenus des problèmes explosifs pour notre société. De fait, la France a un sérieux problème. Selon les chiffres les plus récents de l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT), en 2017, les Français, âgés de 15 à 64 ans, étaient les premiers consommateurs de cannabis en Europe, ex-aequo avec l’Espagne. 11% d’entre eux s’étaient drogués de cette manière au moins une fois durant l’année écoulée. Avec un taux de 10%, les Italiens arrivaient juste derrière les Français et les Espagnols.

Cette tendance se retrouve de manière très nette chez les jeunes adultes français. Dans la catégorie des 15 à 34 ans, 58 % ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie, loin devant les deuxièmes, les Estoniens (46 %). Et au cours de l’année 2017, 22 % des Français de 15 à 34 ans ont consommé du cannabis, devant les Italiens (21 %).

le trafic de drogue, moins un problème de laxisme législatif que de molesse dans l’application

Un phénomène qui n’est pas lié à une forme de laxisme législatif. En effet, la France a l’une des législations parmi les plus répressives du continent même si, il est vrai, elle l’est beaucoup moins que celles d’autres pays dans le monde (Asie en particulier). En réalité, ce problème endémique provient d’une loi qui est plus que mollement appliquée. Face à cela, Emmanuel Macron se targue de l’amende forfaitaire délictuelle de 200 euros qu’il a crée pour dissuader la consommation. « 70 000 PV dressés depuis septembre », affirme-t-il crânement. Soit. Mais combien de ces PV ont-ils été effectivement payés ?

Il est difficilement discutable que la multiplication des incidents avec nos forces de l’ordre dans les zone de non-France est liée, au moins en partie, à la question des stupéfiants. Le séparatisme arabo-afro-musulman qui grandit dans ces territoires a certes une base identitaire. Mais pas seulement. Ou plus exactement, ce séparatisme identitaire se nourrit d’un séparatisme économique se définissant par une économie sous-terrain prospère, dont la drogue est la pierre angulaire. L’argent généré par le trafic de stupéfiants se compte en milliards et permet d’irriguer, en sus des minimas sociaux où les populations de ces zones sont surreprésentées, une véritable politique de redistribution dont vivent des centaines de milliers de famille. La drogue participe ainsi d’un éco-système indépendant tournant en quasi vase clos et partant, d’un véritable sécessionnisme territorial. En clair, des peuples vivent désormais leur identité avec leur argent sur des territoires qui ne sont plus les nôtres. Dans cette optique, les « bleus » perturbent le business de la came et c’est aussi à ce titre qu’ils sont combattus.

Mais plus généralement le président se trompe de diagnostic.

Bien sûr que nous avons besoin de davantage de képis dans les rues. Mais est-ce si dissuasif qu’il le prétend ? On peut sérieusement en douter. Quand on voit des groupes de jeunes assaillir policiers et gendarmes avec une audace incroyable, l’ironie du propos présidentiel est si dense qu’on s’en étoufferait. Nous l’entendons d’ailleurs à longueur de journée de la part des agents de la force publique « il n’y a plus aucune peur du gendarme ».

Trois explications à ce grand désordre :

  1. La véritable haine identitaire qui s’est installée dans des territoires contre les gardiens de l’ordre républicain, perçus comme « Blancs ». Et cette pulsion désinhibe et décomplexe particulièrement ;
  2. La déshérence sociale liée au chômage mais également à la monoparentalité pauvre ;
  3. Enfin et surtout une réponse pénale qui n’est pas du tout à la hauteur de la violence qui sévit dans notre société.

« Il est temps d’en finir avec ce mythe : non, la France n’est pas particulièrement répressive. »

Ce dernier point fait débat. Le monde gaucho-progressiste nous explique que la France serait déjà « répressive » contrairement à ce qu’il présente comme une légende urbaine répandue par la droite et la fantasmatique extrême-droite. Il rajoute que la sanction n’est pas la bonne réponse.

Il est temps d’en finir avec ce mythe asséné par la gauche et l’extrême-gauche sur tous les plateaux et à longueur de colonnes. Non, la France n’est pas particulièrement répressive. La meilleure preuve émane de l’Université de Lausanne et du Conseil de l’Europe, deux institutions qui nous livrent un décompte précis du nombre de détenus pour 100.000 habitants sur l’ensemble des 47 pays du Conseil de l’Europe.

En 2019 – donc hors effet COVID – la médiane européenne se situe à environ 105 et la moyenne à 126. La France est à 104. Et nous sommes largement dépassés par l’Espagne et le Royaume-Uni qui sont respectivement à 126 et 137. La Pologne quand à elle atteint 190.

Bref, la France n’est ni répressive ni « généreuse » non plus d’ailleurs, en termes de taux d’incarcération. Mais la question n’est pas là. Tout dépend du niveau de violence prévalant dans les pays étudiés. Le nôtre n’est certes pas connu pour un taux d’homicide élevé. Mais la délinquance et la criminalité non-létale qui mine la société française nous sont devenues insupportables.

« La sanction doit être au cœur de la réponse à la rupture du pacte social qui nous lie tous. Si tu me voles, si tu m’agresses ou si tu me tues, tu dois payer. »

Disons-le clairement : répressive ou humaniste, la réaction d’une société face à la délinquance et à la criminalité doit fondamentalement être un choix de civilisation basé sur la décision souveraine d’un peuple et, en l’occurrence, du nôtre. En effet, la criminologie n’apporte aucune certitude quant au rôle de la politique pénale dans le niveau de violence. Comme la plupart des sciences sociales, elle est éminemment inexacte et la recherche en la matière fourmille d’études qui démontrent tout et son contraire.

Au sein du camp de la France, nous pensons qu’il faut emprisonner délinquants et criminels plus et plus longtemps. A tort ou à raison, nous plaçons la sanction au cœur de la réponse à la rupture du pacte social qui nous lie tous. Si tu me voles, si tu m’agresses ou si tu me tues, tu dois payer. Et d’autant plus cher que ce que tu m’as fait subir est grave. Et encore plus cher si tu es un récidiviste car ta récidive prouves que tu ne veux ni changer ni même t’amender. Ta vie, tes antécédents, tes frustrations ou tes pulsions je m’en moque. Ce qui compte c’est ce que tu m’as fait à moi, individu, ou à moi, collectivité, alors que je ne t’avais rien fait. Le fait que la prison risque de t’abimer davantage m’indiffère. Tu n’avais qu’à y penser avant, puisque le délit ou le crime que tu as commis, tu l’as commis en conscience. Tes regrets et ton repentir tardifs, je les entends. Mais ils ne […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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