La modernité en croisade contre la France éternelle - docjeanno.fr ® Revue de presse

Breaking

Haut Pub [google]


Les logiciels bloqueurs de pub tuent le Web et les sites indépendants !


vendredi 16 avril 2021

La modernité en croisade contre la France éternelle

Le drame principal de la France, c'est qu'elle est, depuis 250 ans, divisée contre elle-même. Deux conceptions du pays s'affrontent, deux forces politiques se déchirent. L'islamo-gauchisme est en train d'en tuer une, estime François Martin, membre fondateur du Fonds de Recherche Amitié Politique.

La modernité en croisade contre la France éternelle

Par : François Martin / valeursactuelles.com

Le drame de la France est simple. Depuis près de 250 ans, depuis la Révolution, en réalité, deux conceptions du pays ont cours. L’une est la « France éternelle », celle du Général de Gaulle. Elle englobe la nation dans toutes ses dimensions : historique, culturelle, sociale, géopolitique, charnelle et spirituelle, et même esthétique. Elle considère que la France est née en 496, au baptême de Clovis, que les Rois ont été, par-delà les circonstances, les premiers bâtisseurs et les pères de la nation, ancienne et moderne, et qu’on leur doit, pour cette raison, hommage, respect et admiration. Elle considère que la République est, ou devrait être, une fille reconnaissante des royaumes de l’Ancien Régime, construite « à la suite de » et non « à la place de ». Elle considère enfin avec amitié, sinon avec affection, l’immense travail qu’a fait l’Église, surtout au creuset de l’extraordinaire Moyen Âge, notre véritable Âge d’or, pour co-construire cette civilisation dont, malgré les erreurs et les vicissitudes qui sont celles de tous les peuples, nous pouvons à juste titre être fiers. Cette conception est d’essence conservatrice et populaire.

Du passé faisons table rase

Une autre conception provient de la « modernité ». Elle considère que la France est née avec la République. Elle se considère comme l’ennemie, et non le successeur, de l’Ancien Régime. Elle l’a vaincu et écrasé dans le sang, elle a humilié et assassiné son roi et sa famille, guillotiné, massacré et déporté des Français dans des conditions innommables. Elle voue à la religion, à qui elle reproche d’avoir soutenu la royauté, une haine inextinguible. Alors qu’elle dit tenir sa légitimité révolutionnaire du peuple, elle ne reconnaît pas à l’Église le mérite d’avoir été aussi la protectrice et l’éducatrice, tout au long des siècles, de ce même peuple. Elle a épousé sans scrupule aucun l’infâme injonction de Voltaire « Écrasez l’Infâme ». Si fière de sa victoire, en guerre permanente contre l’Histoire, elle a voulu faire table rase du passé, éradiquer la civilisation-mère, pour reconstruire, sur les ruines de la tradition, une société « rationaliste » (matérialiste) idéale. Cette conception est d’essence bourgeoise, et non pas populaire. Les philosophes des Lumières, s’ils édictaient des principes universels, ne les concevaient que pour eux-mêmes et leurs semblables. Ils en excluaient le peuple, qu’ils appelaient avec mépris « le sot peuple ». Cette vision des choses est encore aujourd’hui celle des intellectuels et des puissants, celle des dominants, ceux qui parlent de « l’hyper-classe » comme Attali ou des « sans dents » comme Hollande.

Cette « querelle », ou plutôt cette guerre idéologique, n’est toujours pas résolue. Les « modernes » veulent, aujourd’hui encore, faire disparaître les « anciens », et ceux-ci ne veulent pas mourir. Notre pays est donc, dans sa construction même, une entité profondément déchirée et divisée.

Cette société matérialiste idéale, la modernité française a bien cru qu’elle parviendrait à la mettre en œuvre. Aidée par des circonstances historiques particulièrement favorables, et d’abord par le développement rapide des techniques et de l’industrie, elle a crû d’une façon extraordinaire. Elle s’en est attribuée seule le mérite, ne comprenant pas que sa réussite insolente venait de l’accumulation des fruits de sa culture tout au long des très riches siècles passés, et de son avance acquise ainsi sur les autres peuples, et non pas de son génie propre. Elle n’a pas compris que ses pêches miraculeuses du 19ème siècle venaient de la richesse de sa réserve halieutique, plus que de la modernité de son filet.

« La modernité française, matérialiste et républicaine, n’est pas capable de porter les rêves du peuple »

Toute à son rêve de puissance, elle n’a pas vu grandir ensuite les enfants monstrueux du 20ème siècle, le nazisme et le communisme, issus de la vision athée qu’elle avait imposée. Ces idéologies ont failli la détruire (il s’en est fallu de bien peu), et l’ont profondément affaiblie. Elle n’a pas vu non plus naître à l’ouest, au début des années 60, le « totalitarisme libéral », la contre-culture américaine, l’alliance de la « libération » sexuelle et du marché, un cancer qui ronge aujourd’hui nos sociétés jusqu’à l’os. Enfin, elle n’a pas vu naître à l’est, au limes de ses territoires, les nouvelles et graves menaces que sont l’islam politique et l’impérialisme chinois.

Aujourd’hui, les résultats sont là : la modernité française, matérialiste et républicaine, n’est pas capable de porter les rêves du peuple, parce qu’elle est d’abord un projet de domination politique et un concept, un contrat social, et non pas une incarnation et une alliance. On rêve d’une alliance, d’un amour de Dieu, de la France ou des Français, on ne donne pas sa vie pour un projet de domination politique et un contrat social. Si la France est de l’ordre de l’Être, la République n’est qu’un Avoir, une construction juridique, un régime politique comme un autre. Sur l’arbre de la France, la greffe républicaine en réalité n’a pas vraiment pris, parce que le greffon déteste l’arbre.

Un séparatisme construit par nos dirigeants

Dans ce désert spirituel, au début des années 60, l’islam est entré. Religion orthopraxe, interdisant le libre arbitre et exigeant la soumission, code juridique pointilleux et contraignant, communautarisme, doctrine politique conquérante et totalitaire, l’islam est tout cela à la fois. Ses adeptes pacifiques, les plus nombreux, auraient été facilement attirés, fascinés même, par ce mélange de riche culture et de spiritualité enracinée et pratique, ce legs si caractéristique de notre civilisation chrétienne, où ils auraient trouvé une place. Malheureusement, on n’a donné aux musulmans que la « laïcité à la française », les « valeurs républicaines », les « Lumières », les « droits de l’homme », le « droit au blasphème » et la « démocratie ». Était-ce suffisant pour les enchanter ? Quelle alliance, quel « amour pour toujours », quel trésor à partager dans tout cela ? Qu’avons-nous proposé pour nous faire aimer ? Nous ne croyons même plus à nos propres enfants…

Deux graves conséquences en ont résulté chez les populations immigrées. Pour ce qui est des peuples, après la première vague, les suivantes ne se sont pas intégrées. Entre notre proposition culturelle, sèche, squelettique et dogmatique, et leur culture d’origine, ils ont choisi la plus vivace, la deuxième. Il n’y a donc pas eu de tentation séparatiste, mais un séparatisme de fait, que nos dirigeants ont eux-même organisé, en voulant leur offrir la République, mais pas la France.

« Les gauchistes et les islamistes s’entendent comme Hitler et Staline avant la dénonciation du pacte germano-soviétique »

Pour ce qui est des élites, les adeptes de l’islam conquérant, ils ont très vite compris la faiblesse de leur adversaire : une société profondément divisée, modernes contre anciens et bourgeois contre peuple, un pouvoir qui a consciemment déconstruit son Histoire, son passé et sa culture, donc son unité, des oligarchies faibles, avides, corrompues et désabusées, prêtes à toutes les compromissions pour conserver leurs privilèges. Ils savent, comme le dit l’Évangile, qu’ « un royaume divisé contre lui-même ne peut pas tenir ». Ils se sont dit que la France était à prendre. Ils ont vite appris à utiliser les « droits de l’homme » pour habiller le « droit à la conquête ». Ils ont eu raison, puisque personne ne leur résiste. Peu à peu, leur mentalité gagne aussi l’autre groupe, en particulier les jeunes. Et dans cette brèche sont venus se joindre, depuis peu, les « décoloniaux » et autres « indigénistes », trop heureux de participer au festin.

Du côté des Français de souche, certains, à gauche, ont compris aussi le parti qu’ils pouvaient en tirer. Le ver était déjà dans le fruit, depuis Mitterrand. Comme le dit Didier Maïsto dans son livre Passager clandestin (Au Diable Vauvert), avec la main jaune de « Touche pas à mon pote », « on est ainsi passé du droit à l’indifférence au droit à la différence, première fiole de poison concentré à laquelle se sont abreuvés tous les communautarismes ». Il était si facile, en effet, d’organiser le « deux poids, deux mesures », d’exacerber la guerre entre « anciens » et « modernes », d’humilier la France traditionnelle conservatrice, de se servir de ses protestations pour la qualifier « d’extrême-droite », de raciste et de « nazie », et pour la repousser, elle et ses électeurs populaires, dans le ghetto de la « fachosphère ». Le boulevard pour les islamistes a été préparé par leurs […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



Bas Pub