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mardi 4 mai 2021

Extension des violences urbaines: donnent-elles raison aux généraux et aux alarmistes?

Tirs de mortiers, commissariats assiégés, embuscades: les scènes de guérilla urbaine se multiplient en Île-de-France comme en province. Pendant ce temps-là, le gouvernement condamne la tribune de généraux alertant sur les risques de guerre civile… L’ancien préfet Michel Aubouin accuse l’administration de sous-estimer l’ampleur des violences.

Extension des violences urbaines: donnent-elles raison aux généraux et aux alarmistes?

Par : Adrien Peltier / fr.sputniknews.com

Après la métropole lyonnaise le mois dernier, puis la Nièvre ou encore Évreux, c’est la Drôme et le quartier Stalingrad à Paris qui connaissent leur lot de violences ces derniers jours. Fait inédit, dans ce quartier à cheval sur les Xe et XIXe arrondissements et gangrené par le trafic de drogue, les riverains excédés prenaient, cette fois, le parti de tirer au mortier sur les dealers. Des images partagées sur les réseaux sociaux et qui montrent deux nuits d'affrontements rythmées par les feux d’artifices. Samedi et dimanche, le compte Twitter Stalincrack, suivi par plus de 3.000 personnes, interpellait directement le maire du XIXe arrondissement, François Dagnaud, ses adjoints, ainsi que la préfecture de police. Le collectif de «riverains abandonnés» dénonce l’impassibilité des pouvoirs publics malgré les appels au secours.

Impuissance d’État?

Interrogé par Sputnik, Michel Aubouin l’assure: «La police n’est plus en mesure d’attaquer partout en même temps». Pour l’ancien préfet, la généralisation des violences est le marqueur d’un débordement des autorités.

Le phénomène frappe désormais tout le territoire. Même des zones plus rurales, comme en témoignent les récents actes de vandalisme à Aubenas et Largentière, communes ardéchoises qui ont connu, fin avril, des nuits de violences opposant des jeunes aux forces de l’ordre.

«Aujourd'hui, je lance un cri d’alerte»: dimanche dernier, le maire de Valence Nicolas Daragon cachait lui aussi difficilement son inquiétude sur LCI. Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, la préfecture de la Drôme était le théâtre d’affrontements, également filmés. Des coups de feu étaient tirés: «Ce que l’on a pu constater dans certaines banlieues de villes un peu plus importantes est en train de se produire dans les villes moyennes. […] On est dans une situation d’urgence absolue dans nos quartiers populaires», rapportait le maire LR de la ville.


«Les trafiquants qui tiennent ces quartiers sont beaucoup plus nombreux que les représentants des institutions. Vouloir mettre un terme à ces trafics de manière simultanée provoque ce genre de réactions incontrôlables», analyse Michel Aubouin, qui a notamment été confronté aux embrasements des cités en 2005 en tant que secrétaire général de la préfecture de l’Essonne.

Depuis, notre interlocuteur voit la guerre des quartiers s’étendre à tout le territoire, «à mesure que la loi SRU a imposé des quotas de HLM à toutes les villes». Un climat de tensions durable et croissant sur lequel l’attention n’a pourtant jamais cessé d’être attirée. Dernièrement, une tribune rédigée par 20 généraux à la retraite avertissait le gouvernement du «danger de guerre civile». En 10 jours, celle-ci approchait les 20.000 signatures, mais se voyait condamnée comme un manquement grave à la déontologie militaire et comme un appel à «l’insurrection» par la quasi-totalité de la classe politique.

Des sanctions pour les militaires d’active figurant parmi les signataires étaient même réclamées par le ministre des Armées, Florence Parly. De son côté, le chef d’état-major des armées annonçait la tenue d’un conseil supérieur visant à radier, après décision présidentielle, les militaires en question.

La majorité des Français semble pourtant rejoindre le constat des officiers, et les soutenir, à en croire une enquête Louis Harris. 84% des sondés constataient également un délitement du pays et 74% l’absence d’application des lois de la République dans certaines villes et […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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