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samedi 1 mai 2021

Gilles-William Goldnadel : Pourquoi je défends les militaires signataires de l’appel à la résistance

Choisi par les militaires signataires de la tribune adressée aux gouvernants pour les représenter, notre chroniqueur et avocat Gilles-William Goldnadel explique les raisons de son engagement à leurs côtés contre la doxa politico-médiatique.

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Par : Gilles-William Goldnadel / valeursactuelles.com/

L’auteur de cette chronique est fier à double titre. D’abord, comme avocat, pour avoir été choisi par Jean-Pierre Fabre-Bernadac et quelques autres de ses frères d’armes, signataires d’une tribune qui a déchaîné les passions les plus malhonnêtes ou névrotiques. Ensuite, comme chroniqueur, d’appartenir à l’équipe d’un journal qui a publié cet appel à la résistance. Car je mets au défi qui que ce soit de me mettre sous les yeux une seule phrase, un seul mot, la moindre ponctuation qui puisse laisser à penser que le texte incriminé fut un appel au putsch ou à la délation.

Dans la réalité, et non dans la fiction, dans le réel et non dans le fantasme ou encore l’arrière-pensée politicienne médiocre, la tribune se résumait à la déploration de la situation d’un pays tellement fracturé ou envahi qu’il peut basculer demain dans le terrorisme de masse ou la guerre civile. Une étrange alliance incongrue et même obscène réunit contre cette tribune le chef du parti islamogauchiste implorant la libération des Brigades rouges au chef d’état-major qui réclame, après dénaturation consternante du texte, des sanctions contre ses signataires. J’en ai honte pour lui.

D’une certaine manière, Monsieur Mélenchon est plus cohérent dans sa démarche idéologique que le général Lecointre. Sauf que c’est le lider maximo de l’extrême gauche qui, tout en voyant dans la tribune un appel à un putsch qui n’existe que dans son imagination débridée, réclamait il y a peu « une insurrection »… Certains esprits plus déliés et plus onctueux croient devoir se réfugier derrière le juridisme étroit pour reprocher à cette tribune un manquement au devoir de réserve. Ils feraient mieux de regarder la jurisprudence en la matière, car quand bien même les militaires en activité et signataires font-ils partie de la « Grande Muette » qu’il ne leur est pas interdit de prendre parti dans le débat national, dès l’instant où ils n’utilisent pas le langage de l’injure ou de la violence.

Détail piquant : c’est même le général Lecointre en personne qui les invitait il n’y a pas si longtemps à s’exprimer. Ainsi, en 2018, il dénonçait le « mutisme militaire » dans lequel les armées s’étaient « enfermées ». Convaincu que « les armées ont disparu du bruit de fond de la société », il souhaitait lors d’une rencontre à l’Ecole militaire, que les militaires actifs prennent la plume, sans se cantonner aux aspects « techniques » de leur métier (Opinions Politiques, 29 avril 2021). Il est donc, avec sa ministre des armées, fort mal venu de chercher mauvaise querelle politique ou juridique à ceux qui ont suivi ses conseils à la lettre. Et si, par hypothèse absurde, ils avaient tutoyé leur devoir de réserve, serait-il vraiment équitable de les en blâmer ?

Si nous vivions dans une France où les serviteurs de l’État mesurent au trébuchet leur moindre sortie publique, on pourrait effectivement accepter la question. En ce qui me concerne, je m’y refuse absolument. Car je vis dans le pays du double standard, celui des deux poids et des trois mesures. Celui où des magistrats en activité peuvent se permettre, en toute impunité, d’injurier sur leurs « mur des cons » leurs adversaires politiques ou des parents de victimes assassinées sans que leur ministre de la Justice ou le conseil supérieur de la magistrature ne leur inflige la moindre sanction. Il faudra que, contre l’avis du parquet aux ordres, j’aille ferrailler en justice pour obtenir enfin une condamnation.

Mais les Français ne sont plus les dupes qu’ils étaient : 58 %, selon un sondage pour la chaîne LCI, approuvent la démarche de ces militaires que l’on voudrait exécuter pour avoir dit la vérité. Vous verrez que bientôt le chef de l’armée française se mordra les doigts d’avoir commis non seulement une faute morale mais encore une erreur stratégique […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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