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dimanche 2 mai 2021

Lutte contre le terrorisme : C’est quoi la surveillance par algorithme que souhaite mettre en place le gouvernement ?

Le projet de loi antiterroriste, présenté mercredi en Conseil des ministres, prévoit notamment de renforcer la surveillance d’Internet par des algorithmes, pour traquer les terroristes potentiels

Lutte contre le terrorisme : C’est quoi la surveillance par algorithme que souhaite mettre en place le gouvernement ?

Par : H. B. / 20minutes.fr

L’ESSENTIEL

  1. Pour détecter les menaces, le projet de loi antiterroriste présenté mercredi pérennise la technique de l’algorithme, qui permet le traitement automatisé des données de connexion.
  2. Le dispositif doit servir à repérer des profils suspects inconnus des services de police – comme à Rambouillet – et n’ayant pas « forcément de lien avec des réseaux islamistes ».
  3. « Cette surveillance de masse va analyser potentiellement tous les messages de la population (…) Qui parle à qui, à quelle heure… On craint que le prétexte de l’antiterrorisme soit dévié de son rôle initial », estime la Quadrature du Net.

La lutte contre le terrorisme va-t-elle passer par l’intelligence artificielle ? Quelques jours après l'attentat de Rambouillet, le gouvernement a présenté mercredi un nouveau projet de loi antiterroriste, qui pérennise et étend le recours à la technique décriée des algorithmes pour tenter de détecter les personnes radicalisées, actuellement sous les radars du renseignement. « C’est un texte qui permet de s’adapter aux nouvelles menaces moins faciles à détecter et de prendre appui sur les nouveaux outils liés aux nouvelles technologies », a expliqué le Premier ministre, Jean Castex.

Sur les trente-cinq attentats déjoués depuis 2017, « deux » l’ont été « grâce aux traces numériques » laissées par leurs auteurs, a souligné le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. « Les meurtriers de Samuel Paty et des paroissiens de la Basilique de Nice ne communiquaient avec leurs interlocuteurs que par messageries cryptées, Facebook et Messenger et non par téléphone (…) Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’ils passent totalement par Internet, par les messageries cryptées et les réseaux sociaux », a insisté le ministre de l’Intérieur.

Que prévoit le projet de loi ?

Pour détecter les menaces, le projet de loi antiterroriste présenté mercredi pérennise la technique de l’algorithme, qui permet le traitement automatisé des données de connexion. Cette pratique, qui a été autorisée pour la première fois à titre expérimental par la Loi renseignement de juillet 2015, est opérationnelle chez les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) depuis 2017. L’échéance de l’expérimentation, prévue à l’origine pour 2018, a été repoussée deux fois et doit désormais prendre fin à la fin de l’année 2021.

Le projet de loi souhaite élargir ce dispositif en l’étendant aux adresses web (« URL »). Il porte également à deux mois, contre un seul aujourd’hui, la durée autorisée pour recueillir des données informatiques. Au-delà, ces données sont considérées comme « mortes » mais pourront être conservées pendant cinq ans aux fins de recherche et développement de l’intelligence artificielle des « boîtes noires » des services de renseignement.

Le dispositif doit servir à repérer des profils suspects inconnus des services de police – comme à Rambouillet – et n’ayant pas « forcément de lien avec des réseaux islamistes ». La surveillance par algorithme permet par exemple de « détecter des individus inconnus à partir de leurs échanges sur Internet » ou de repérer « qu’un individu en France a eu un contact avec un individu dans l’ouest syrien », a détaillé sur France Inter Laurent Nuñez, coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme.

Comment fonctionne la surveillance par algorithme ?

Des « boîtes noires » collectent et analysent des métadonnées (date d’envoi d’un message, localisation, appareil utilisé…). Dotées d’algorithmes repérant « des signaux faibles » d’une radicalisation ou d’un passage à l’acte, les « boîtes » sont installées à des endroits clés du réseau chez les hébergeurs et les fournisseurs d’accès à Internet (Google, Orange, Bouygues…). Il s’agit de « traitements automatisés », « sans procéder au recueil d’autres données que celles qui répondent aux critères » prévus.

« L’objectif poursuivi est de pouvoir recueillir, traiter, analyser et recouper un grand nombre d’éléments techniques anonymes pour détecter des signaux de faible intensité sur les données brutes qui témoigneraient d’une menace pesant sur la sécurité nationale », a souligné le rapporteur du projet de loi, Jean-Jacques Urvoas. Il s’agit d’analyser de façon automatique et quasi instantanée les connexions effectuées sur […]   LIRE L'ARTICLE COMPLET



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