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vendredi 28 mai 2021

Un escape-game sur les Alsaciens forcés d'intégrer l'armée nazie fait polémique

Une expérience immersive qui sera proposée tout l'été dans le Haut-Rhin s'inspire de l'histoire des «Malgré-nous», un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale. Des passionnés d'histoire s'insurgent.

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Par : Paul Carcenac / lefigaro.fr

Ils sont surnommés les «Malgré-nous». 103.000 Alsaciens et 31.000 Mosellans ont été incorporés de force dans la Wehrmacht et dans la Waffen-SS à partir de 1942. C'est le thème d'un nouvel escape game, «Forestscape», un jeu immersif, en pleine nature, organisé tout l'été dans la forêt de la station de ski du Schnepfenried (Bas-Rhin). La compagnie théâtrale du Reflet propose aux participants d'incarner de jeunes alsaciens récalcitrants qui doivent s'échapper d'un camp de redressement nazi. Le but: rejoindre la résistance. Pour y parvenir, durant une heure, ils doivent résoudre diverses énigmes, en interaction avec un comédien, et réussir des épreuves physiques.

Tout est basé sur des faits historiques mais cette activité ne fait pas l'unanimité. L'affaire est toujours douloureuse dans nombre de familles de la région. «Les bras m'en tombent, s'insurge Bernard Rodenstein, l'ex-président de l'association des pupilles de la Nation, orphelins de guerre d'Alsace, interrogé par les DNA. [...] 30.000 morts et portés disparus, 30.000 blessés, des dizaines de milliers de veuves et d'orphelins. [...] Si les jeunes générations sont conduites à regarder comme un jeu une telle tragédie aux plaies loin d'être cicatrisées, le négationnisme a de beaux jours devant lui !»


Claude Hérold, responsable de l'association Pèlerinage Tambov qui retrouve les sépultures anonymes des Malgré-nous, n'est pas non plus séduit par cette forme ludique. «Cela va s'ancrer dans l'esprit des jeunes comme tous les autres jeux vidéo mis à leur disposition», explique-t-il dans le journal local alsacien. «Il suffirait de donner un ouvrage concernant le sujet : il y en a assez. Mais lire un livre n'est plus aussi prioritaire que de mon temps...», regrette-t-il.

«Ils ne se focalisent que sur le mot "jeu", mais dans la bouche d'un comédien, c'est tout à fait respectable, se défend Fabien Gaertner, 32 ans, le créateur du concept contacté par Le Figaro. À aucun moment il ne s'agit de jouer à la guerre, de tuer. Un vrai travail de mémoire a été réalisé par l'auteur-comédien et des documents explicatifs seront distribués aux participants. «Mon grand-père a été incorporé de force ; c'est une façon de lui rendre hommage, poursuit-il. Il s'agit d'un autre canal pour faire connaître cet épisode de la Seconde Guerre mondiale. Il y a de la place pour les mémoriaux, les livres, les BD, mais aussi pour les expériences immersives. À vouloir sacraliser cette histoire, on n’en parle pas, et elle reste taboue...»

  SOURCE : lefigaro.fr


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