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jeudi 17 juin 2021

Compromissions, clientélisme, complotisme : comment Jean-Luc Mélenchon hystérise la société française

Compromissions, fourvoiements, crise interne et maintenant complotisme : Jean-Luc Mélenchon a depuis longtemps abandonné ses convictions pour le clientélisme. Il pense encore être le sauveur de la gauche, mais ses folles dérives risquent de lui coûter cher en 2022.

Image/photo

Par : Jules Torres, Nicolas Clément / V.A.

Le conflit est chez lui une seconde nature, presque un art de vivre la politique. Depuis des années, les sorties polémiques de Jean-Luc Mélenchon s’inscrivent dans cette stratégie bien calculée aux objectifs clairs : apparaître aux yeux des catégories populaires et du lumpenprolétariat comme le seul candidat anti-système. Cependant, cette stratégie a ses limites. Et ses coups d’éclat permanents le dépassent souvent au point d’apparaître comme autant de faux pas dans une trajectoire toujours plus incertaine.

Le 6 juin dernier, invité de l’émission Questions politiques , Jean-Luc Mélenchon pense dévoiler les ficelles de la vie politique. Le “système” – une vaste oligarchie dans la phraséologie mélenchonienne – organiserait à chaque élection un « grave incident » dans la dernière semaine de campagne pour « montrer du doigt les musulmans » . Le chef de La France insoumise (LFI) dispose de plusieurs exemples : « Cela a été Merah en 2012. Cela a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs-Élysées. Avant, on avait eu Papy Voise dont plus personne n’a jamais entendu parler après. […] Tout ça, c’était juste avant une élection. » Le “système” a donc favorisé Français Hollande, le candidat qui promettait de mettre le monde de la finance à genoux, lors du scrutin présidentiel de 2012…

La sortie de route est surprenante pour un candidat à l’élection présidentielle. Dire que les attentats de Mohammed Merah, qui a assassiné des militaires et des enfants juifs, ont été fomentés par l’oligarchie pour pointer du doigt une communauté relève au mieux de l’erreur, au pire du complotisme. Cette rhétorique est depuis longtemps utilisée dans les cercles conspirationnistes, où beaucoup affirment sans trembler ni rougir que les attentats du 11 Septembre ou de Charlie Hebdo ont été organisés par les services secrets occidentaux ou le Mossad, dans le seul but de nuire aux musulmans. Très vite, les accusations en complotisme ont donc fusé. Les responsables politiques de tout bord s’en donnent à cœur joie pour fusiller l’insoumis. Mais la réaction de Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad Ibn Ziaten, militaire tué en 2012 à Toulouse par Merah, donne à ses indignations une autre dimension : « Les propos de Jean-Luc Mélenchon sont inadmissibles et ne devraient même pas être tenus. Je suis la mère de Imad, militaire mort debout face à l’obscurantisme en mars 2012. Le respect, c’est un minimum pour l’honneur de mon fils, des autres victimes et des familles endeuillées. »

Face au tollé, des excuses auraient pu être délivrées par le candidat à la présidentielle. Sauf qu’un trotskiste ne s’excuse pas. Mélenchon va donc s’en prendre aux médias – « la deuxième peau du système » -, qui seraient responsables de cette polémique. Une stratégie expliquée par l’insoumis sur son blog en 2013 : « Il faut créer des explosions médiatiques, qui vont créer de la prise de conscience, quitte à provoquer aussi des dégâts collatéraux non négligeables. » Seulement ici, les dégâts collatéraux sont les familles des victimes de Mohammed Merah.

Au lendemain de ses propos, le député des Bouches-du-Rhône convoque une conférence de presse de dernière minute. Derrière son pupitre, Mélenchon a le visage grave. Le ton est solennel. La voix, tremblotante. La mise en scène, léchée. Le chef des insoumis et ses camarades seraient victimes d’un appel au meurtre. Le coupable ? Papacito, un youtubeur qui s’est fait connaître sur la Toile pour son humour noir et ses caricatures acides. Il s’est depuis défendu sur VA Plus, la chaîne YouTube de Valeurs actuelles . Le vidéaste explique que cette « vidéo humoristique, certes énormément provocante » , voulait montrer « ce qui arrive aux gauchistes en cas d’attaque terroriste » et « les résultats de leur politique ». Mélenchon veut une police – c’est le mot qu’il utilise quand il ne qualifie pas les policiers de « barbares » – « aussi désarmée que possible pour qu’elle inspire le respect ». Papacito a simplement voulu dire que le gauchisme et le droit-de-l’hommisme ne préservent pas du terrorisme islamiste. Ce ne sont pas ses vidéos qui sont extrêmes, mais le réel.

Les chaînes d’information en continu décident de diffuser en direct la logorrhée de Mélenchon. Ça ne prend pas. BFM TV finit par couper l’insoumis en pleine tentative de contre-feu : « C’est une manœuvre politique et nous en sommes extrêmement gênés en plateau. C’est une tentative de détourner l’attention », décrypte le journaliste. Pendant plusieurs jours, les équipes très organisées de LFI vont se déployer pour dénoncer cette vidéo de Papacito et le silence des politiques. Ils se montraient pourtant moins sourcilleux quand Raquel Garrido, ancienne porte-parole de LFI, reprenait des slogans de certains “gilets jaunes” appelant à la décapitation d’Emmanuel Macron, sur le modèle de l’exécution de Louis XVI. Ou encore quand le journaliste-militant Taha Bouhafs, candidat mélenchoniste aux législatives de 2017, manifestait dans les rues avec la tête de Marine Le Pen au bout d’une pique. Pour […]

  SOURCE : valeursactuelles.com [La suite est réservée aux abonnés.]


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