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dimanche 20 juin 2021

[FAKE OFF] Macron giflé : « Deux poids deux mesures » entre Damien T. et Alexandre Benalla ? Prudence !

Viral sur les réseaux sociaux, un montage photo déplore que Damien T. ait été jugé « trois jours » après avoir giflé Emmanuel Macron, alors qu’Alexandre Benalla, trois ans plus tard, ne l’a toujours pas été. Ces deux affaires sont toutefois difficilement comparables

Image/photo

Par : T.H. / 20minutes.fr

  1. Un montage viral sur Facebook compare les jugements de Damien T., l’homme qui a giflé Emmanuel Macron, à celui d’Alexandre Benalla, ancien collaborateur d'Emmanuel Macron mis en examen pour avoir agressé deux manifestants le 1er mai 2018.
  2. Selon ce post, le premier aurait été « jugé en trois jours », tandis que le second n’aurait « toujours rien » trois ans plus tard, insinuant que la justice serait plus clémente avec ce dernier.
  3. La réalité est plus complexe. 20 Minutes fait le point.

Ces deux affaires sont-elles vraiment similaires ? Un photomontage, republié de nombreuses fois sur Facebook au cours des derniers jours, compare le traitement judiciaire de Damien T., l’homme condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir giflé Emmanuel Macron dans la Drôme, à celui d’ Alexandre Benalla, ancien chargé de mission de l’Elysée filmé en train de frapper des manifestants à Paris, le 1er mai 2018.

On peut ainsi lire, sous le portrait de Damien T., qu’il a été « jugé en trois jours ». Tandis qu’Alexandre Benalla, à droite, n’aurait « toujours rien », et ce plus de trois ans après les faits. En commentaire, de nombreux internautes dénoncent un « deux poids deux mesures » inacceptable. Or, s’il est vrai que l’ancien responsable de la sécurité du président n’a encore jamais été condamné, il serait abusif de dire qu’il n’a eu aucun démêlé avec la justice pour autant.

20 Minutes fait le point

FAKE OFF

Si Damien T. a été jugé aussi rapidement, c’est parce que les faits pour lesquels il a été interpellé ne nécessitaient pas d’enquête approfondie. Pris en flagrant délit et placé en garde à vue directement après avoir giflé le président de la République, ce nostalgique de la France médiévale a, qui plus est, rapidement reconnu les faits. Il a donc été jugé en comparution immédiate.

Cette procédure rapide, qui ne s’applique qu’aux délits, peut être engagée à l’initiative du procureur de la République s’il estime « que les charges sont suffisantes et que l’affaire est en état d’être jugée. » En outre, l’auteur présumé doit, en présence de son avocat, accepter d’être jugé selon cette procédure.

Quid d’Alexandre Benalla ?

L’affaire Benalla est beaucoup plus complexe. Le 1er mai 2018, ce dernier est filmé par le journaliste Taha Bouhafs en train de molester un couple de manifestants place de la Contrescarpe à Paris. Au moment de sa mise en ligne, la scène passe pour une interpellation policière musclée, d’autant qu’Alexandre Benalla est coiffé d’un casque à visière. Ce n’est que deux mois et demi plus tard, le 18 juillet, que le journal Le Monde révèle l’identité du chargé de mission à l’Elysée et fait découvrir au grand public le nom d’Alexandre Benalla.

Une enquête préliminaire est ouverte dans la foulée par le parquet de Paris, pour « violences par personne chargée d’une mission de service public », « usurpation de fonctions » et « usurpation de signes réservés à l’autorité publique ». Deux jours plus tard, il est placé en garde à vue au côté de son acolyte Vincent Crase, ancien chef de la sécurité d’En marche, lui aussi présent le 1er mai. Le 21 juillet au soir, les deux hommes, ainsi que trois policiers, sont mis en examen et placés sous contrôle judiciaire.

Benalla est alors mis en examen pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité temporaire de travail », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique en accomplissant des actes réservés à l’autorité publique », « port et complicité de port prohibé et sans droit d’insignes réglementés par l’autorité publique », « recel de violation du secret professionnel » et « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo protection ». La suite de l’enquête est confiée à un juge d’instruction.

Le 4 juin 2021, le tribunal correctionnel de Paris a annoncé qu’Alexandre Benalla, ainsi que trois autres personnes, seront jugés du 13 septembre au 1er octobre pour les violences du 1er mai, mais aussi pour l’usage que l’ancien chargé de mission aurait fait de quatre passeports diplomatiques après avoir été licencié par l’Elysée. Reconverti dans le privé, Alexandre Benalla sera ainsi jugé pour « violences volontaires », « immixtion sans titre dans l’exercice d’une fonction publique », « port d’arme », et « port public d’insigne » non autorisé. Mais également pour « faux », « usage de faux » et « usage public et sans droit de documents justifiant d’une qualité professionnelle ».

Une troisième affaire, celle dite des contrats russes, porte sur la conclusion d’un contrat par Alexandre Benalla et Vincent Crase avec un oligarque russe alors qu’ils étaient encore employés à l’Elysée et au sein d’En marche. Cette affaire a entraîné l’ouverture d’une enquête par le Parquet national financier, en juin 2019, pour « corruption, corruption passive, blanchiment et entrave à la justice ».

  SOURCE : 20minutes.fr


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