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lundi 21 juin 2021

Général François Lecointre, clap de fin

Le chef d'état-major des armées a annoncé son départ anticipé et sera remplacé par le très respecté général Thierry Burkhard, actuel Cemat. Cette décision n'est pas une surprise pour les familiers de l'institution militaire.

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Par : Jacques Hogard / V.A.

L e grand soldat, le chef militaire et le serviteur de l’État : l’Élysée salue le départ anticipé du Cema, le général Lecointre, après que l’intéressé en a fait l’annonce au Grand Jury RTL-LCI- le Figaro ce dimanche 13 juin 2021. Cette décision n’est pas une surprise pour les familiers de l’institution militaire. Les rumeurs en ce sens allaient bon train depuis quelques semaines et, même, le nom du successeur présumé du général Lecointre circulait de plus en plus, de manière insistante, celui du très respecté général Thierry Burkhard, actuel Cemat.

Que s’est-il donc passé pour que le général Lecointre en vienne à annoncer ainsi subitement son prochain départ, quasiment quatre ans jour pour jour après sa nomination surprise, dans la foulée de la démission fracassante de son prédécesseur, le général de Villiers ?

Le prétexte invoqué, “ne pas politiser la fonction de Cema” et faire en sorte que le mandat de ce dernier ne coïncide pas avec celui du président de la République, ne convainc pas vraiment.

Il est évident que les tribunes de militaires rendues publiques par Valeurs actuelles le 21 avril (militaires en retraite et généraux en 2e section) puis le 9 mai dernier (militaires d’active, sous anonymat) l’avaient profondément affecté, tout comme la lettre rendue publique d’un ex-aumônier parachutiste, très connu et estimé dans l’armée, tout comme aussi, semble-t-il, cette interview sous anonymat d’un “capitaine commandant d’une compagnie d’infanterie” publiée début juin par le média américain Gallia Daily.

Les réactions successives du général Lecointre, très sévères tout d’abord, après la parution de la première tribune (ce qui avait alors certainement incité les militaires d’active à réagir à ses propos par la rédaction de la seconde tribune), puis un peu moins par la suite, afin d’éviter la surenchère et le développement de la polémique, avaient en retour, à l’évidence, affecté les armées.

De fait, le général Lecointre souffrait d’un certain isolement au sein de la famille militaire, tempéré toutefois par son témoignage courageux et sans ambiguïté en juin 2019 sur les pseudo-“responsabilités accablantes de la France” dans le génocide rwandais de 1994, défendant le comportement impeccable des soldats de l’opération Turquoise, objet pourtant depuis vingt-sept ans de mises en cause indignes et mensongères.

Certes, il semble que les modalités de l’annonce soudaine et pas très claire d’Emmanuel Macron sur le désengagement de l’opération Barkhane, après huit ans d’engagement intensif, n’aient pas nécessairement été du goût de ce Cema qui, il y a peu encore, plaidait pour des renforts et pour une opération “dans le temps long”.

Mais il y a surtout dans ce départ, consciemment ou inconsciemment de la part de François Lecointre, le désir d’améliorer l’image qu’il laissera dans l’armée française et dans l’opinion publique. Son souci de ne pas rester comme “le Cema de Macron” en est en quelque sorte l’aveu.

* Jacques Hogard est colonel (ER) et président de la société d’intelligence stratégique EPEE.

  SOURCE : valeursactuelles.com


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