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mercredi 9 juin 2021

Houellebecq : “Il ne s’agit pas vraiment d’un ‘suicide français’ mais d’un suicide occidental ou plutôt de la modernité”

Michel Houellebecq a publié un essai sur le site de la revue britannique UnHerd. L’auteur a répondu à la tribune des généraux et a livré son analyse.

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Par : V.A.

« Ce qui est authentiquement français, c’est la conscience de ce suicide », d’après Michel Houellebecq. Ce mardi 8 juin, le romancier a été invité à réagir à la « désormais fameuse tribune des généraux » – relayée sur notre site Internet en avril dernier – par le média en ligne britannique UnHerd. Michel Houellebecq a donc apporté son analyse, dont Le Point se fait l’écho ce mardi 8 juin. « En me demandant de me prononcer (…) Will Lloyd (de UnHerd, ndlr) écrit avec justesse : ‘Ce qui semble extraordinaire dans le scandale qui a suivi, c’est que si peu de gens aient mis en doute la prémisse de la lettre que la France était en train de s’effondrer.’ » D’après l’auteur de Soumission, ce comportement est « en effet surprenant ». Pourtant, « on n’a en réalité pas affaire à un « suicide français », pour reprendre un titre d’Eric Zemmour, mais au moins à un suicide occidental, et plutôt à un suicide moderne ».

La France, « un peuple de matamores »

Michel Houellebecq a ainsi estimé que la « conscience de ce suicide » était « spécifiquement, authentiquement française ». En s’écartant du cas de la France, il a alors expliqué que « la conséquence inéluctable de ce qu’on appelle le progrès (sur tous les plans : économique, politique, scientifique, technologique) » serait « l’autodestruction ». Il a décrit : « En refusant toute forme d’immigration, les pays asiatiques ont opté pour un suicide simple, sans complications ni troubles. » Selon son analyse, « les pays d’Europe du Sud sont dans le même cas ».

Il est en revanche revenu sur le sondage d’Harris Interactive pour LCI, publié le 29 avril dernier. L’étude stipulait notamment que 45% des Français étaient d’accord avec les militaires pour dire que la France pourrait connaître bientôt une guerre civile. Ils « tendent à montrer (…) que la France reste, quelque part, un peuple de matamores (sauf au sens étymologique du terme, bien entendu) », a jugé Michel Houellebecq. Il a toutefois rappelé que « pour faire une guerre, il faut être deux ». L’écrivain s’est alors interrogé : « Les Français vont-ils prendre les armes pour défendre leur religion ? De religion, ils n’en ont plus depuis longtemps ; et, de toute façon, leur ancienne religion serait plutôt du genre à tendre sa gorge au couteau du boucher. Sera-ce alors pour défendre leur culture, leurs mœurs, leur système de valeurs ? »

Une « régénération » pour la gauche

Toujours dans cet essai relayé par Le Point, l’écrivain n’a pas hésité à mentionner « l’opinion progressiste/humaniste/de gauche » qui ne pense pas à un « suicide » mais plutôt à une « régénération ». « La composition ethnique, certes, se modifie, mais tout le reste, l’essentiel, reste inchangé : notre république (en général en Europe c’est plutôt une monarchie, d’ailleurs), notre culture, nos valeurs, notre « état de droit », et toutes ces choses », a-t-il enfin expliqué, concluant que l’Europe serait « à la croisée des chemins ».

  SOURCE : valeursactuelles.com


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