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mardi 15 juin 2021

“L’Europe est l’un de ses terrains d’action” : comment le Hezbollah implante ses activités illégales en France

Les actions du groupe islamiste chiite libanais se multiplieraient dans l'hexagone.

Image/photo

Par : V.A.

Un constat qui inquiète. Une enquête du Point révèle qu’un Libanais installé en France serait suspecté d’être un agent du Hezbollah depuis la fin du mois de mai. Mazen Al-Atat ferait affaire avec la milice chiite libanaise, considéré comme le bras armé de l’Iran au Proche-Orient. L’homme pourrait être partie prenante dans des histoires de blanchiment d’argent, d’activités de propagande ou encore de stockage de nitrate d’ammonium, un produit chimique très dangereux mis en cause dans l’explosion ayant fait plus de 200 morts à Beyrouth (Liban) en août 2020. Des accusations réfutées par le principal intéressé, se présentant comme un homme d’affaires quarantenaire ayant réglé ses comptes avec la justice. En 2018, Mazen Al-Atat avait été condamné à une peine de prison ferme, au même titre que douze autres prévenus, pour association de malfaiteurs dans une activité qui rapportait plusieurs millions d’euros par an au Hezbollah.

En Israël, Sarit Zehavi, présidente et fondatrice du centre de recherches Alma, en a observé les tenants et les aboutissants, et le lien avec l’Europe et la France : « Seuls 70 % des fonds du Hezbollah aujourd’hui proviennent de l’Iran. Depuis une décennie, le groupe terroriste organise son autofinancement. Et l’Europe est l’un de ses terrains d’action. ». Selon elle, les dirigeants de l’Hexagone sous-estimeraient les ambitions de l’organisation chiite : « Le Hezbollah comme le Hamas ne sont pas seulement une affaire israélienne. Ce sont des problèmes entre deux idéologies, et le clash est violent. La première est celle qui défend les valeurs de l’Occident – comme celles de la Révolution française – et la seconde croit dans les valeurs radicales de l’islam chiite », a-t-elle confié.

Balance entre politique et terrorisme

« Des groupes comme le Hezbollah affaiblissent l’ennemi que nous représentons pour eux : ils vendent de la drogue à nos enfants et ils récupèrent notre argent », avait raconté Quentin Mugg, un ancien officier de police chargée de l’enquête impliquant Mazen Al-Atat. Si aucun lien n’avait été établi avec le terrorisme, le juge de l’affaire, Baudoin Thouvenot, a estimé que la piste n’était pas à écarter : « Je ne peux pas dire qu’il y a un lien direct avec le terrorisme et le Hezbollah, mais je ne peux pas dire non plus qu’il n’y en a pas ». Si l’une des ailes du Hezbollah est considérée comme terroriste, la seconde est vue comme politique par la France. Un « en même temps » critiqué par Matthew Levitt, expert du Hezbollah : « La France et la Belgique en particulier ont prouvé ces dernières années qu’elles constituent un centre d’activités impliquant des citoyens riches et souvent binationaux, Franco-libanais ou Belgo-libanais, engagés dans des activités financières illicites » au profit de l’organisation.

Cette dernière pourrait d’ailleurs compter sur des soutiens opérationnels ayant un passeport français : en 2012, par exemple, le kamikaze qui avait tué cinq touristes israéliens et leur chauffeur en Bulgarie en faisant exploser sa charge était un Franco-Libanais. En septembre 2020, le coordinateur de la lutte antiterroriste américain, Nathan Sales déclarait que « le Hezbollah a établi des caches de nitrate d’ammonium à travers l’Europe en transportant des kits de première urgence qui contiennent la substance », assurant même que « des stocks ont été transportés à travers la Belgique, la France, la Grèce, l’Italie, l’Espagne et la Suisse ». De nombreuses affirmations qui viendraient confirmer la thèse que le groupe chiite semblerait de plus en plus s’implanter en Europe, avec les risques et l’insécurité qu’il engendre.

  SOURCE : valeursactuelles.com


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