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lundi 21 juin 2021

[PROCES] Emeutes de Beaumont : Quatre hommes, dont Bagui Traoré, jugés pour tentative de meurtre sur les gendarmes

Plusieurs nuits d’émeutes ont suivi la mort d’Adama Traoré en juillet 2016. Les forces de l’ordre ont essuyé des tirs de mortiers, de projectiles mais également d’armes longues chargées de plomb

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Par : Caroline Politi / 20minutes.fr

L’ESSENTIEL

  1. Cinq personnes sont jugées devant la cour d'assises du Val-d'Oise à partir de ce lundi, près de cinq ans après la mort d'Adama Traoré et les émeutes qui ont suivi.
  2. Quatre d'entre elles, dont Bagui Traoré, comparaissent pour tentative de meurtre sur les forces de l'ordre, la cinquième pour complicité.
  3. A l'issue de l'instruction, pourtant, le caractère criminel des faits n'avait pas été retenu.

Les tensions ont éclaté quelques heures, à peine, après l’annonce du décès d’Adama Traoré, le 19 juillet 2016, dans la cour de la gendarmerie de Persan. Pendant trois nuits, cette commune d’ordinaire tranquille au nord du Val-d’Oise et la ville de Beaumont-sur-Oise qui la jouxte ont vécu au rythme des tirs de mortiers, des feux de poubelles et des incendies volontaires, notamment dans une école maternelle et à la mairie. Trois nuits au cours desquelles les gendarmes, rapidement épaulés par les policiers, ont essuyé des jets de projectiles et – fait rare dans ce type d'émeutes urbaines – des tirs d’armes à feu.

Si les munitions se sont finalement révélées être en plomb, quatre hommes dont Bagui Traoré, frère d'Adama, âgés de 29 à 39 ans, comparaissent à partir de ce lundi et pour trois semaines devant la cour d’assises pour tentative de meurtre en bande organisée sur personne dépositaire de l’autorité publique et une femme, l’ancienne compagne de Bagui Traoré, pour complicité. A l’issue de l’instruction, pourtant, le caractère criminel des faits n’avait pas été retenu, les magistrats préférant les renvoyer devant le tribunal correctionnel pour des violences aggravées. La chambre de l’instruction de la cour d’appel en a finalement décidé autrement, estimant que les gendarmes et les policiers ne devaient leur intégrité physique qu’à leur équipement.

Violences ou tentative d’homicides ?

« Nous n’étions pas dans un cadre d’émeutes classiques, insiste Me Caty Richard, qui défend 15 gendarmes parmi la centaine qui s’est constituée partie civile. On ne parle pas seulement de tirs de mortiers mais de gens qui ont été pris pour cible avec des armes létales. Ils ne pouvaient pas savoir avec quoi elles étaient chargées. » Au cours de ces trois soirées de violences, plusieurs tireurs munis d’armes longues ont tiré, depuis le toit d’un immeuble ou dissimulé dans des bosquets, sur les forces de l’ordre. La situation est si tendue que les familles de gendarmes qui logent dans la caserne sont évacuées. Et si les blessures ne sont que superficielles, le stress post-traumatique, lui, est fortement ancré. Difficultés à dormir, hypervigilance, angoisses… L’un d’eux a même quitté la gendarmerie.

« Ces accusations sont totalement farfelues, déplore de son côté Me Frank Berton, l’un des avocats de Bagui Traoré. Mon client est en détention provisoire depuis 4 ans et demi, accusé d’avoir voulu tuer près de 70 gendarmes alors même qu’il n’y a aucun blessé dans ce dossier. » Le frère d’Adama Traoré n’a eu de cesse de nier son implication, affirmant être resté en famille après la mort de son cadet. Contrairement aux trois autres accusés renvoyés pour tentative de meurtre, aucune trace ADN n’a été relevée sur les armes découvertes et aucune image ne le montre les manier. Mais l’homme a été mis en cause par un de ses co-accusés, le désignant comme le « donneur d’ordre », et différentes écoutes téléphoniques font référence à sa participation aux émeutes.

L'ombre d'Adama Traoré

« Bagui Traoré attend avec impatience de pouvoir enfin s’expliquer parce qu’il a le sentiment d’un acharnement sur lui comme sur sa famille depuis la mort de son frère », poursuit Frank Berton. Preuve en est, à ses yeux, le nombre important de gendarmes sur le banc des parties civiles alors même que trois d'entre eux sont mis en cause dans la mort d’Adama Traoré. « Il ne faut pas oublier que dans cette affaire, les gendarmes ont été pris pour cible, ils ont eu peur pour leur vie et celle de leurs collègues », insiste quant à elle Caty Richard. C’est bien toute la difficulté de ce dossier : si ce procès n’est pas celui de la mort du jeune homme, devenu le symbole de la lutte contre les violences policières, ce drame risque de s’inscrire en filigrane de ces audiences.



  SOURCE : 20minutes.fr


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