«Une autre pandémie»: le Premier ministre belge inquiet après le suicide d’une ado de 14 ans victime d'un viol collectif
Suite au suicide d’une adolescente de 14 ans après un viol collectif à Gand, en Belgique, le Premier ministre Alexander De Croo a qualifié les violences contre les femmes d’«autre pandémie». Près de la moitié des victimes de viol ont des pensées suicidaires, selon un sondage.
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Par : Elena Zegonova / fr.sputniknews.com
Selon les premiers éléments, une adolescente de 14 ans domiciliée à Gavere s’est rendue à Gand (ville belge néerlandophone), pensant avoir rendez-vous avec un seul jeune qu’elle avait connu sur les réseaux sociaux. Ils se sont retrouvés dans un cimetière qui fait office de parc, dans le nord-ouest de la ville, le 15 mai.
Mais soudain, quatre autres individus ont fait irruption. Tous les cinq ont agressé la jeune fille, en prenant soin de tout filmer. Les images du viol ont ensuite été diffusées sur les réseaux sociaux. Quatre jours plus tard, la victime s’est suicidée.
Les faits n’ont été révélés qu’après le suicide, car l’adolescente ne se serait confiée qu’à une amie.
Les cinq suspects ont été identifiés et interpellés. Uniquement deux d’entre eux sont majeurs (18 et 19 ans). Les autres trois sont des mineurs de 14 à 15 ans.
Veille silencieuse, ce soir à Gand.
— Alexander De Croo (@alexanderdecroo) June 2, 2021
Trop de jeunes filles et de femmes sont victimes de violences sexuelles dans notre pays.
Non = non pic.twitter.com/pOAIyjeVp2
Une veillée de soutien
Le drame a suscité l’émoi. Le 2 juin, un rassemblement de soutien à la jeune fille a eu lieu devant la mairie de Gant. Une centaine de personnes étaient présentes, dont le Premier ministre belge Alexander De Croo. Précisant qu’il s’y était aussi rendu en tant que parent, et pas seulement en tant que personnalité politique, le Premier ministre a qualifié ces violences d’«autre pandémie» qui rythme le «quotidien» des adolescentes et des femmes en général.
«Nous ne pouvons pas accepter qu’une jeune fille soit à ce point désemparée, ne trouve aucune aide et pose alors un geste fatal. La violence contre les femmes est une autre pandémie. C’est quotidien et il n’y a pas de place pour cela dans notre pays», a-t-il déclaré, selon RTL. «Je suis ici avant tout en tant que parent. J'ai moi-même des enfants de cette tranche d'âge de la même région, du même type d'école. Je veux apporter mon soutien aux parents et à toutes les personnes concernées», a-t-il ajouté.
Les participants ont écrit des messages sur le sol à la craie: «Croyez-nous», «Ne blâmez pas la victime», «Ne dites pas à vos filles comment s’habiller, dites à vos fils comment agir».
Des restrictions envisagées
Selon les informations de la chaîne belge VRT, une enquête est en cours pour «viol, attentat à la pudeur, prise et diffusion de photographies pouvant mettre en danger l’intégrité personnelle». Les autorités judiciaires pourraient ajouter une circonstance aggravante du fait que les événements ont conduit à la mort de la victime.
Les deux suspects majeurs ont été incarcérés; les trois autres ont été placés dans des établissements pour mineurs.
Dans la foulée, le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne a discuté avec les grands acteurs de l’Internet, dont Facebook, du renforcement des moyens pour empêcher la diffusion de telles images. La ministre flamande de la Justice Zuhal Demir est allée plus loin, déclarant auprès de VRT qu’elle voulait renforcer la loi sur la délinquance juvénile afin que les mineurs puissent également être […]
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