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mardi 6 juillet 2021

Plomb autour de Notre-Dame de Paris : Une plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » déposée

Un peu plus de deux ans après l’incendie de Notre-Dame, une nouvelle plainte contre X a été déposée pour mise en danger de la vie d’autrui liée à la pollution au plomb

Image/photo

Par : Caroline Politi / 20minutes.fr

  1. Lors de l’incendie de Notre-Dame, 460 tonnes de plomb sont parties en fumée.
  2. Ce métal est hautement toxique, notamment pour les enfants et les femmes enceinte.
  3. Une nouvelle plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », après celle déposée en avril a été déposée en raison de la gestion de la pollution au plomb par les autorités.

Le 16 avril 2019, après plus de 15 heures à lutter contre les flammes qui ravagent la cathédrale Notre-Dame, la brigade des sapeurs pompiers de Paris respire enfin : le feu est maîtrisé, l’édifice tient encore debout. Mais plus de 460 tonnes de plomb, un métal hautement toxique, notamment pour les enfants et les femmes enceintes, sont parties en fumée ce jour-là et continuent, deux ans après, de polluer l’Ile de la Cité et ses environs. Une situation qui a poussé l’Union départementale CGT Paris, l’association Henri Pézerat et deux familles de riverains dont les enfants ont été exposés a porté plainte contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui ». La plainte a été déposée ce mardi matin par leur avocat, Me François Lafforgue.

« Nous n’avons eu de cesse d’alerter sur la toxicité du plomb et pourtant il n’y a jamais eu de véritable décontamination sur le chantier », déplore Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm et présidente de l’association Henri Pézerat qui a notamment contribué à l’interdiction de l’amiante en France. Dans les jours qui ont suivi l’incendie, des concentrations dix fois supérieures à la moyenne parisienne avaient été mesurées rue de la Cité, à deux pas de la cathédrale, quatre fois supérieures sur la place Saint-Michel, haut lieu du tourisme parisien qui n’a jamais été fermé. Le 18 mai dernier, le parvis de Notre-Dame a été refermé après la découverte de taux de concentration de plomb largement supérieur à la moyenne.

Manque d’information et de précaution

« Nous avons toujours demandé un confinement total du chantier, c’est-à-dire la création d’un bâtiment temporaire qui permettrait de procéder à une réelle décontamination du bâtiment. Malheureusement, ça n’a jamais été étudié », poursuit la présidente de l’association. Dans la plainte, que 20 Minutes a pu consulter, associations et riverains estiment que « l’existence du risque direct et immédiat de nature à entraîner un péril physique d’une particulière gravité », nombreux rapports à l’appui, ne fait aucun doute. Les plaignants soulignent notamment que le 18 juillet 2019, sur 82 enfants contrôlés, dix présentaient une plombémie supérieure au seuil de vigilance.

Sur le chantier, de nombreux manquements ont également été relevés. Absence de masques de protection, sas de décontamination inadapté, balayage à sec en dépit des poussières de plomb… Ces dysfonctionnements avaient été pointés dès le mois de mai 2019 par l’inspection du travail mais il faudra attendre le 18 juillet 2019 pour que le préfet suspende le chantier pour le remettre aux normes. « Ces travailleurs, que ce soit sur le chantier ou aux abords, ont été exposés à des niveaux de plomb très important sans équipement adapté pendant plus de trois mois. Le risque pour leur santé est réel », insiste Annie Thébaud-Mony.

Dans ce contexte, les plaignants déplorent le choix des autorités de vouloir reconstruire à l’identique la fameuse flèche de Notre-Dame. En utilisant du plomb, donc. « C’est une folie quand on voit la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui », lâche la présidente de l’association Henri Pézerat. Une plainte, également pour « mise en danger de la vie d’autrui », avec constitution de partie civile, avait été déposée en avril par l’association Robin des Bois. Elle doit permettre l’ouverture quasi-automatique d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction.



  SOURCE : 20minutes.fr


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