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dimanche 11 juillet 2021

Pourquoi le nucléaire français inquiète l’Académie des sciences

Alors que la France vise à diminuer sa production d’énergie nucléaire, dont le poids dans le mix hexagonal reste lourd, l’Académie des sciences estime que la politique en ce domaine est mal conçue, alors même que les enjeux en sont essentiels. Ils craignent notamment une future pénurie en électricité.

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Par : Daria Petliaeva / fr.sputniknews.com

Dans un avis, publié le 8 juillet, l’Académie des sciences alerte quant à d’éventuels problèmes liés à l’approvisionnement électrique auxquels la France risque de faire face si elle n’adapte pas sa stratégie en matière de politique énergétique. Alors qu’aujourd’hui le pays reste à plus de 70% dépendant du nucléaire pour sa consommation d’électricité, l’ambition de baisser cette part à 50 % vers 2035 ainsi que le flou quant au développement des alternatives énergétiques inquiètent les scientifiques.

Rappelant l’objectif de 50%, Marc Fontecave, professeur au Collège de France et l’un des auteurs du rapport, interrogé par Le Point, s’indigne: «Mais personne n’explique comment faire, quelle production nous visons, ni ce qu’on fait après! La France n’a tout simplement pas de politique énergétique».

Augmentation de la demande en électricité

Selon le document de l’Académie des sciences, plusieurs options de la transition énergétique sous-estiment un facteur non négligeable pour l’avenir: «une augmentation importante» de la part de l’électricité dans la consommation énergétique. «Cette croissance prévisible de la demande en électricité est le plus souvent sous-estimée et minimisée dans les divers scénarios proposés pour la transition énergétique», est-il indiqué.

Ainsi, la question se pose de savoir si la France sera capable de répondre à cette demande croissante, vu qu’elle envisage de baisser significativement sa première source de production d’électricité.

Marc Fontecave fait comprendre que dans un tel contexte, cela sera particulièrement difficile, vu que les énergies solaire et éolienne dont la France ne maîtrise «ni les technologies ni les infrastructures de stockage» sont intermittentes.

Une position ambiguë?

L’énergie nucléaire occupe la première place dans la consommation d’énergie primaire en France. Un facteur qu’Emmanuel Macron n’a pas manqué de rappeler s’exprimant en décembre 2020 sur le site industriel de Framatome. Selon lui, l’atome doit donc «continuer à être un pilier du mix énergétique français pour les décennies à venir»

Dans le même temps, le chef de l’État a promis en 2018 de fermer d'ici 2035 14 réacteurs nucléaires. En 2020, c’est la mise à l’arrêt de la centrale de Fessenheim, qui s’est notamment attiré les foudres de la part du voisin outre-Rhin, qui a eu lieu. À l’époque la plus vieille centrale française, c’est pourtant l’un des trois sites nucléaires les plus sûrs du pays, selon le rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) portant sur l’année 2019 […]

  SOURCE : fr.sputniknews.com


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