Guerre en Ukraine : les sirènes d’alerte à bout de souffle en France

Les alarmes qui retentissent le premier mercredi du mois à travers l’Hexagone sont en ruine. En cause, notamment, l’absence de personnel de maintenance et le manque de budget.

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En France, les sirènes d’alerte qui retentissent le premier mercredi de chaque mois sont à bout de souffle, nous apprend Le Point, vendredi 11 mars. Parmi les causes évoquées : l’absence ou le manque de personnel de maintenance, mais également un budget très réduit. L’exercice mensuel est habituel, mais il a récemment pris une tournure particulière avec l’offensive russe menée en Ukraine ainsi que les menaces que fait peser Vladimir Poutine sur la sécurité à travers l’Europe.

« Il n’y a que 50 000 euros de budget »

Le 2 mars, la préfecture de police et la zone de défense et de sécurité de Paris se sont réjouies d’une chose : à l’occasion du dernier test, seules deux sirènes d’alerte n’ont – officiellement – pas fonctionné. C’est en tout cas l’information qui est remontée au niveau du cabinet du préfet. La Direction de l’innovation, de la logistique et des technologies (Dilt) – qui a pris la relève de la Direction opérationnelle des services techniques et logistiques (Dostl) en 2020 –, qui s’occupe de la gestion du système d’alerte et d’information des populations (Saip), est en mesure de constater si les sirènes reçoivent le signal de déclenchement, indiquent nos confrères. Problème, il lui est impossible de vérifier si la sirène a réellement émis un son.

Selon les informations recueillies par Le Point, au sein de la préfecture de police, les effectifs ont conscience qu’il existe une distorsion entre les informations techniques de la Dilt et la réalité du terrain. En effet, plusieurs maires de la banlieue parisienne ont fait remonter au préfet Didier Lallement les dysfonctionnements de leurs sirènes. Dans le détail, parmi les 372 sirènes que comptait la zone de défense de Paris, dirigée par la préfète Marie-Emmanuelle Assidon, il n’en reste désormais plus que 237 qui fonctionnent. « Il n’y a que 50 000 euros de budget et deux fonctionnaires en charge du suivi des sirènes d’alerte », observe un membre de la Dilt dans les colonnes du magazine hebdomadaire.

Un nouveau système : FR-Alerte

Au cours des dernières années, les gouvernements ont hésité : garder l’actuel système des sirènes d’alerte, en le condamnant à l’obsolescence, ou encore en faire émerger un nouveau. Jusqu’au 2 mars, jour où la préfecture a communiqué au sujet du déclenchement des sirènes. Cette fois-ci, sur fond de guerre en Ukraine, l’exercice prenait une tournure différente. « Les sirènes sont certes un des moyens d’alerte, mais, en vérité, les médias plus les réseaux sociaux comme Twitter vont quinze fois plus vite, et c’est plus efficace : on peut dire des choses, préciser les secteurs en danger, dire quand ça commence, quand ça finit, a détaillé un membre de la zone de défense auprès du Point. Toutes choses qu’un dispositif de sirènes datant de la Seconde Guerre mondiale ne saura jamais faire. »

En raison de la vétusté du parc des sirènes, le ministère de l’Intérieur a décidé de déployer dès le mois de juin un nouveau système, du nom de FR-Alerte. L’objectif : obtenir des alertes sectorisées ainsi que des SMS géolocalisés, afin de prévenir d’un éventuel danger, et de donner ensuite les premières consignes de mise à l’abri, nous apprend le site d’actualités. En 2017, le Sénat, auteur d’un rapport sur le Saip, avait alerté les gouvernements au sujet des budgets consacrés à la maintenance d’un système jugé de plus en plus obsolète.



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